• Biographie d' Alexandre Volta

     

    Biographie d'Alexandre Volta

     


    Alexandre VOLTA

    Alexandre VOLTA
    né à Côme (Italie) en 1745
    décédé à Côme (Italie) le 5 mars 1827 

     

     

    Au nom de Volta se rattache une de ces grandes découvertes qui font révolutions dans les sciences, comme dans l'industrie. C'est en 1800 que Volta fit connaître le merveilleux instrument connu sous le nom de pile de Volta. La pile de Volta n'est autre chose qu'une source continue d'électricité, c'est en même temps le foyer le plus intense de chaleur et de lumière dont nous puissions disposer; c'est un agent chimique des plus puissants au moyen duquel Humphry Davy a pu séparer en plusieurs substances nouvelles, des corps que les chimistes n'avaient pu réussir jusqu'alors à décomposer. C'est au moyen de la pile qu'on peut mettre en œuvre les métaux, dorer ou argenter solidement, obtenir avec du cuivre les moulages les plus délicats sur des objets naturels ou artificiels; c'est l'électricité de la pile, transmise par un fil métallique, qu'on aimante à volonté un morceau de fer placé à des distances de plusieurs centaines de lieues, et que l'on peut transmettre des dépêches d'un lieu à un autre. Ainsi, les plus beaux travaux de la chimie moderne, les admirables produits de la galvanoplastie, de la dorure et de l'argenture électrique : les prodiges de l'électricité médicale, de la télégraphie et de l'éclairage par la pile, toutes ces merveilles, dont notre siècle (XIXème) s'enorgueillit à si juste titre, ont la conséquence de la découverte de Volta. Mais cette mine si riche est loin d'être épuisée, et tout annonce que l'avenir qui est réservé à la pile ne sera pas moins brillant que son passé. 

    Si les effets de la pile de Volta excite à bon endroit l'admiration, rien n'est plus simple rien n'est plus simple et même plus naïf que la construction de cet appareil. Sur une plaque de zinc, on met un morceau de drap mouillé avec de l'eau salée ou acidulée par l'acide sulfurique, puis une plaque de cuivre, une de zinc, un drap mouillé, et ainsi de suite en ayant soin de terminer par un cuivre, et de ne pas intervertir l'ordre de superposition. On forme ainsi une espèce de colonne qui n'est autre que la pile primitivede Voltal'extrémité inférieure se nomme le pôle négatif, et l'extrémité supérieure le pôle positif. Quand on attache à chacun des pôles un fil métallique, et qu'on rapproche les extrémités de ces deux fils, on voit se produire une étincelle chaque fois que ces deux extrémités se touchent; si on réuni par un fil très fin, on le voit s'échauffer jusqu'au rouge et même entrer en fusion; avec une pile énergique on peut ainsi fondre et réduire en vapeurs les corps réfractaires, le platine, par exemple, et même le charbon, comme l'a faitM. Despretz dans ces derniers temps. L'argent soumis à cette expérience disparaît promptement en produisant une vapeur d'un vert émeraude. Si l'on opère de la même manière sur deux morceaux de charbon taillés en pointes, on obtient une lumière très vive dont l'éclat ne peut-être comparé qu'a celui du soleil; c'est la lumière électrique dont on s'est servi pour éclairer les travaux du pont Notre-Dame, de l'hôtel du Louvre, etc.…., et que les théâtres emploient pour produire les plus heureux effets. Cette même lumière, appliquée à l'éclairage du microscope solaire, permet de montrer aisément, à un public nombreux, des images extrêmement agrandies des plus petits objets, par exemple des myriades d'animaux invisibles à l'œil nu qui habitent le vinaigre ordinaire. Si l'on plonge dans un vase plein d'eau acidulée les deux fils qui partent des pôles d'une pile, ce liquide est immédiatement décomposé en ses deux éléments : l'oxygène et l'hydrogène; ce sont deux corps semblables à l'air au premier aspect, mais on peut les distinguer très facilement : le premier rallume vivement une allumette qui ne présente plus qu'un point rouge; le second s'enflamme au contact d'une bougie allumée etc. 

    On a souvent répété que le hasard fut la seule cause de l'immortelle découverte de la pile; cette assertion est complètement fausse. Expérimentateur ingénieux et infatigable, plutôt que théoricien profond, Volta fut amené à la construction de sa pile en suivant la pente naturelle de son génie, éminemment investigateur, qui le portait à chercher un moyen d'augmenter la quantité d'électricité produite par le contact de deux métaux différents. Cette nouvelle source d'électricité avait été découverte par Volta lui-même dès l'année1790, à l'aide d'une série d'expériences extrêmement délicates, et de perfectionnements très ingénieux apportés à la construction des instruments ordinairement employés à la recherche de petite quantités d'électricité. Ces travaux furent entrepris par Volta à propos d'une découverte inattendue faite par Galvani, médecin et professeur d'anatomie àBologne; et cette fois ce fut un hasard des plus singuliers qui servit la science de la manière la plus heureuse. 

    Pendant l'hiver de 1790Mme Galvani fut atteinte d'un léger rhume, et son mari, qui l'aimait avec passion et craignait beaucoup pour sa santé, lui fit prendre comme remèdedu bouillon de grenouilles. Un soir, Galvani travaillait dans son laboratoire avec plusieurs amis; des grenouilles écorchées étaient placées sur une table dans le voisinage d'une machine électrique. Un des aides de Galvani approcha, par hasard, la pointe d'un scalpel de l'une des grenouilles pendant qu'il tirait une étincelle du conducteur de la machine; aussitôt la grenouille fut agitée de vives contractions

    Mme Galvani remarqua ce phénomène qui lui parut fort extraordinaire; elle constata qu'il coïncidait avec le dégagement de l'étincelle électrique et elle en avertit aussitôt son mari qui répéta plusieurs fois l'expérience avec succès. La grande sensibilité que possèdent les grenouilles pour les actions électriques fit espérer Galvani que ces animaux pourraient être employés utilement pour constater la présence de petites quantités d'électricité dans l'atmosphère. Il réussit, en effet, par des expériences extrêmement délicates, à démontrer que le zinc et le cuivre mis en contact dégagent de l'électricité; et huit ou dix années de travaux sur ce sujet le conduisirent à la découverte de la pile

    Il n'est pas sans intérêt pour l'histoire de la science de rappeler que, vers 1760Sulzeravait publier, dans un ouvrage intitulé Théorie générale du plaisir, cette expérience remarquable qui consiste à placer sous la langue une pièce d'argent, et sur la langue une lame de plomb ou de zinc; tant que les deux métaux ne se touchent pas on n'éprouve aucune sensation, mais aussitôt qu'on établit le contact entre les deux métaux on perçoit une saveur très marquée qui rappelle jusqu'à un certain point la saveur astringente de l'encre. Ce fait peut être regardé comme le premier exemple connu d'une action physiologique produit par le contact de deux métaux différents

    La vie de Volta fut entièrement absorbée dans des travaux scientifiques; elle ne présente aucune de ces péripéties dont l'ignorance et la jalousie des contemporains remplissent trop souvent la vie des hommes de génie. Les grandes découvertes de Volta valurent à son auteur les plu brillantes récompenses. Alexandre Volta naquit à Côme 1745. Il se livra de très bonne heure à l'étude des sciences physiques et surtout de l'électricité; à dix huit ans il était déjà en correspondance avec l'abbé Nollet, habile physicien de cette époque, sur des expériences d'électricité. En 1769 et 1771, parurent deux mémoires deVolta qui attirèrent sur lui l'attention des physiciens Italiens et le firent nommés Régent puis Professeur de physique à l'école royale de Côme

    En 1775, il fit la découverte de l’électrophore, espèce de machine électrique de la construction la plus simple, et capable de donner un très grand nombre de fortes étincelles L’électromètre condensateur, instrument destiné à révéler la présence des plus faibles traces d’électricité, suivit de près l’électrophore Volta s’occupa ensuite avec succès de l’étude de l’électricité atmosphérique, il eut une grande part à la découverte de l’électricité produite par l’évaporation de l’eau, sur laquelle Lavoisier etLaplace publièrent un mémoire en 1780. Il fut nommé en 1779 Professeur àl’Université de Pavie et conserva cette chaire pendant plus de trente ans. 

    En 1794la Société royale de Londres décerna une médaille d'or à Volta pour ses travaux sur le dégagement de l'électricité par le contact des métaux

    C'est en <strong1800 et par conséquent à l'âge de cinquante cinq ans, que Volta publia la description de la pile, cette découverte ne fut connue qu'en France qu'en 1801. Sur l'invitation du premier consul, qui venait de conquérir l'ItalieVolta vint à Paris et répéta ses expériences devant l'Académie des Sciences qui lui décerna une médaille d'or, puis un peu plus tard en 1802le titre d'associé étranger

    Bonaparte conçut pour le professeur de Pavie une vive admiration qui se traduisit par des décorations et des honneurs de tous genre; Volta reçut les croix de la légion d'honneur et de la couronne de fer, les titres de comte et sénateur du royaume lombard, de membre de la consulta italienne, etc.….. Il est impossible d'indiquer à quelle nuance politique appartenait Volta; dans tous les cours de sa longue carrière, il témoigna toujours la plus grande aversion pour toutes les discussions politiques de quelque nature qu'elles fussent; et il ne prit jamais la parole dans les assemblées politiques dont il fut membre. 

    En 1806Volta publia une théorie ingénieuse de la formation de la grêle; en 1817, un mémoire sur les orages. Ce fut son dernier travail, il mourut à Côme le 5 mars 1827, à l'âge de quatre vingt deux ans. Il avait épousé , 1794Teresa Perseigne qui lui donna trois fils; l'un d'eux mourut à dix huit ans; on assure qu'il avait hérité du génie de son père.  


    Alexandre Volta 
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