• Causes du toc

    Quelles sont les causes des TOC ?

    Les troubles obsessionnels compulsifs ont apparemment une triple origine génétique, biologique, et psychologique. Une vulnérabilité génétique a pu être mise en évidence, en particulier à travers des études menées sur des patients ayant un vrai jumeau : 60 % d’entre eux présentaient également un trouble obsessionnel compulsif. Des études sur le fonctionnement du cerveau ont montré que les personnes souffrant de TOC présentaient des modifications de l’activité nerveuse dans certaines zones du cerveau.

    La théorie psychanalytique considère que les TOC constituent l’expression d’un mécanisme de défense du psychisme contre les manifestations d’une agressivité inconsciente. Cette défense prend alors la forme d’une grande rigidité psychique et de nombreux interdits.

    Description

    Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) est un trouble anxieux chronique, potentiellement invalidant. Il est caractérisé par des pensées indésirables et récurrentes (obsessions) et par des comportements répétitifs et dénués de sens, mais extrêmement difficiles à maîtriser (compulsions). Les personnes atteintes ont souvent un sentiment d'impuissance, souffrent psychologiquement et sont anxieuses à cause de leur état.

    Généralement les rituels obsessifs sont accomplis en secret, loin des regards, parce que les sujets atteints croient que personne ne comprendrait leur comportement, ni ce qu'ils ressentent. Ils se rendent compte que leurs actions n'ont pas vraiment de sens, mais ils se sentent incapables de les contrôler.

    Le TOC affecte jusqu'à 3 % de la population, sans distinction quant à l'origine ethnique ou au sexe. On le confond parfois avec d'autres troubles anxieux. En fait il s'agit d'une maladie qui doit être traitée afin de soulager les personnes qui en souffrent.


    Causes

    Le TOC a une évolution lente. Il commence par quelques obsessions qui deviennent petit à petit des rituels. Les personnes atteintes de TOC ont habituellement un grand souci de propreté et craignent la contamination. Leurs comportements répétitifs, par exemple se laver les mains, prendre des douches quotidiennes, faire le ménage, commencent d'abord lentement, mais deviennent difficiles à contrôler à mesure qu'ils se transforment en occupations de plus en plus fréquentes, méticuleuses et prolongées.

     Parmi les autres compulsions courantes, on peut mentionner :

    • la peur du feu : les appareils électriques sont constamment vérifiés pour s'assurer qu'ils sont éteints ;
    • la peur d'être attaqué : les portes sont vérifiées plusieurs fois avant de sortir ou d'aller se coucher ;
    • le besoin de perfection : un temps énorme est consacré à perfectionner l'organisation et le contenu des armoires ;
    • un besoin compulsif de constance : suivre chaque jour le même chemin pour se rendre au travail, ou traverser la rue exactement au même endroit chaque jour ;
    • compter : se brosser les cheveux selon un nombre établi de coups de brosse, ou toucher la table un certain nombre de fois avant de la contourner ;
    • la peur de perdre le contrôle de soi ou de se mettre en colère ;
    • des pensées sexuelles intrusives

    Certains rituels peuvent avoir leur place dans la vie de tous les jours, mais les problèmes commencent lorsqu'ils interfèrent avec la qualité de vie. Les personnes atteintes de TOC sont incapables de sauter une étape de leurs comportements rituels, sinon des pensées compulsives les hanteront tant que le rituel ne sera pas accompli exactement comme elles pensent qu'il doit l'être. Elles se sentent alors soulagées, mais le soulagement est de courte durée, car l'obligation de tout recommencer revient très vite.

    Diagnostic

    Généralement le trouble est diagnostiqué lorsque des pensées ou des comportements répétitifs interfèrent avec les activités quotidiennes, prennent beaucoup de temps et causent de la détresse psychologique.Il est parfois difficile de poser un diagnostic, car la personne atteinte accomplit ses rituels ou ses gestes compulsifs en cachette. Il arrive aussi qu'elle soit consciente que quelque chose ne va pas, mais n'ose pas demander d'aide.

    Si le trouble obsessionnel-compulsif est soupçonné, le médecin peut commencer par faire un examen physique, puis se renseigner sur les antécédents médicaux pour tenter d'arriver à un diagnostic.


     

    Traitement et Prévention

    On peut traiter le TOC par des mesures psychologiques ou médicamenteuses ou par une combinaison des deux.

    L'intervention psychologique principale est la thérapie cognitive comportementale - exposition, ou prévention des réponses - dont le taux de réussite peut être élevé chez les personnes motivées, avec peu de cas de rechutes. Le traitement consiste à exposer délibérément la personne à ses obsessions pour l'obliger à confronter les comportements qu'elles déclenchent. Mais le thérapeute empêche la personne d'accomplir son rituel (prévention des réponses). Par exemple si le rituel consiste à frapper à la porte cinq fois avant de l'ouvrir, le thérapeute accompagnant la personne l'empêche de frapper à la porte, l'obligeant à ouvrir sans avoir frappé.

    La thérapie doit être répétée fréquemment, sur une période de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, jusqu'à ce que vous soyez capable de repousser les pensées obsessives qui commandent le comportement. À mesure que les pensées obsessives perdent de leur fréquence, les comportements rituels devraient commencer à s'espacer. À ce stade il est important de s'assurer que de nouveaux comportements rituels ne viennent pas remplacer ceux que l'on a fait disparaître. Les nouveaux comportements rituels doivent être activement combattus s'ils apparaissent.

    La thérapie comportementale ne sera efficace que si vous êtes fortement motivé et si vous voulez véritablement gérer votre situation. Il est utile d'apprendre différentes façons de réfléchir au sujet des situations qui vous rendent anxieux et d'apprendre différentes façons d'y réagir. Comme il s'agit d'un défi pour vous et pour votre famille, il est essentiel que vous ayez le soutien des vôtres pour vous aider à venir à bout de tous les obstacles.

    Un traitement médicamenteux peut également être efficace dans le cas du TOC. Les antidépresseurs qui affectent le cheminement de la sérotonine dans le cerveau sont très utiles pour contrôler les symptômes du TOC. Ces médicaments incluent les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) tels que la fluoxétine*, la paroxétine, la fluvoxamine, la sertraline, l'escitalopram et l'antidépresseur tricyclique clomipramine. L'effet de ces médicaments peut prendre de 4 à 6 semaines avant de se faire sentir, il faut donc se montrer patient et continuer à prendre les médicaments tel que recommandé par le médecin ou le pharmacien.

    Les médicaments peuvent agir différemment selon les individus, et il peut être nécessaire de changer le médicament ou le dosage avant que la bonne combinaison soit trouvée. La thérapie médicamenteuse n'offre pas de solution éclair : les personnes atteintes de TOC ne doivent pas cesser de prendre leurs médicaments et doivent adhérer activement à leur traitement pour ne pas risquer une rechute. Avec le temps et des efforts soutenus, un fort désir de changer vos comportements et le soutien de la famille et du médecin, vous pouvez réussir à vaincre le TOC.

     


    *Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (le nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre pharmathèque. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.