• Cours sur les compléments circonstanciels

     

    Le complément circonstanciel

    Le complément circonstanciel est un mot (ou groupe de mots) quifleche"complète" l'action exprimée par le verbe du point de vue des circonstances (flechele lieu,flechele temps,
    flechela mesure,flechela matière, etc.).

    Le complément circonstanciel est la plupart du temps introduit par une prépositionIl faut prendre garde à ne pas le confondre avec le complément d'objet indirect. (Certains grammairiens appellent ces compléments "compléments adverbiaux" d'autres "compléments adverbiaux non essentiels". Il existe de nombreuses nuances dans lesquelles il est impossible d'entrer ici et qui forment, au demeurant, un vaste sujet dont les spécialistes débattent encore.
    Les compléments circonstanciels selon les circonstances qu'ils précisent sont habituellement divisés en :

    lieu : Il viendra dans cette maison.cause : Ils ont agi par jalousie.
    moyen : Il voyage en avion.
    comparaison : Il vit comme un ours.
    but : Ils travaillent pour s'enrichir.
    conséquence : Il a réussi pour notre plus grande joie.
    concession : Il avance malgré sa douleur.
    condition : Si tu te prépares bien tu réussiras; Voir conditionnelle.
    matière : Il construit en terre.
    quantité : Ce buffet pèse cent kilos.
    prix : Il coûte trois cents francs.
    poids : Il pèse cent kilos.
    - distance : Il avance de deux mètres.

    Le complément circonstanciel peut être :

    - un nom : Il viendra enflechetrain; 

    un pronom : C'est pourflecheelle qu'il est venu; 

    un infinitif : Ils travaillent pour
    fleche s'enrichir; 

    - un adverbe : Il viendraflechedemain; 

    un gérondif : Il avanceflecheen reculant; 

    une proposition : Il partiraflechequand vous arriverez.

     La proposition circonstancielle

    La circonstancielle joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel, dans la proposition. On les appelle parfois adverbiales.

    Il partira quand la nuit viendra. 
    Il partira au soir.

    Elles sont introduites par des conjonctions de subordination diverses.

    Il reviendra quand tu lui auras pardonné. 
    Il reviendra si tu lui pardonnes. 
    Il reviendra bien que tu ne l'aies pas pardonné.

     D'après leur sens, on classe les circonstancielles en sept catégories :

    1-temporelle 
    2-consécutive 
    3-causale 
    4-concessive 
    5-finale 
    6-comparative 
    7-conditionnelle

    La proposition temporelle

     La temporelle joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de temps, dans la proposition. Elle répond à la question "quand?".

     Il s'est éloigné pendant que je ne le surveillais pas.

    Mais au lieu d'exprimer une date ou une durée, la temporelle précise que l'action exprimée par le verbe dont elle dépend à lieu avant, pendant ou aprèsl'action exprimée par son propre verbe.

    - le fait exprimé par le verbe principal est antérieur à celui exprimé par le verbe de la subordonnée : "avant que, jusqu'à ce que, d'ici que, d'ici à ce que". Le verbe de la subordonnée est au subjonctif.

     Je le verrai avant qu'il parte. 

    Tu l'entendras jusqu'à ce que tu sois revenu à de meilleurs sentiments. 
    Tu ne bougeras pas d'ici que tu n'aies demandé pardon.

    Notez : "jusqu'à ce que" introduit parfois l'indicatif, lorsqu'on veut marquer la réalité du fait (Le train s'arrêtait à chaque gare jusqu'à ce qu'apparut la Loire). On peut utiliser, avec moins d'effet "jusqu'au moment où".

    - les deux faits sont simultanés : "comme, pendant que, tandis que, en même temps que, quand, lorsque, alors que, au moment où, à l'heure où, à présent que, maintenant que", etc. Le verbe de la subordonnée est à l' indicatif. 

    Il s'écroula pendant qu'il me parlait. 
    Je lisais au moment où il arriva.

    - le verbe principal exprime un fait postérieur à celui exprimé par le verbe de la subordonnée : "après que, dès que, depuis que, une fois que, sitôt que, quand, lorsque", etc. Le verbe de la subordonnée est à indicatif.

    Je fermerais la porte une fois que vous serez sorti. 
    Nous partirons quand nous aurons fini.

    Notez : "après que" exige, d'après la règle, l'indicatif (Ils sortirent après qu'il eurent parlé et non ...qu'ils eussent).

    La proposition consécutive

     La consécutive joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de conséquence, dans la proposition. La consécutive indique le résultat de l'action exprimée par le verbe dont elle dépend.

     Les mots qui l'introduisent sont variés et ne sont pas spécifiques à la consécutive.

    "De façon que, de sorte que, de manière que, en sorte que" qui, originellement, impliquent la manière, peuvent exprimer la conséquence (la manière étant alors, la plupart du temps, exprimée par un adverbe).

    Il a combattu vaillamment de sorte qu'il a triomphé.

    "Que" annoncé, de près ou de loin, par "tant, tellement, si, si bien, à tel point", et par l'adjectif "tel" pouvant se combiner avec divers mots "de telle façonde telle manière, de telle sorte, à tel point".

    Il est si violent qu'il nous fait peur. 
    Le bruit est tellement fort que les voisins ont protesté.

    "Pour que" et "sans que" (Tu es trop farfelu pour qu'on te prenne au sérieux. Il a fait cela sans que je m'en aperçoive).

    Notez : elle commence régulièrement par la seuleconjonction "que" pour éviter une reprise (Il fut surpris au point qu'il se tut et qu'il s'en alla).

    La consécutive suit toujours le verbe dont elle dépend, sauf avec "pour que" 

    Le mode de la consécutive est l' indicatif. Mais on peut trouver le subjonctif lorsque la conséquence se réaliserait si le fait principal lui-même n'avait pas lieu.

    Il faisait trop froid pour qu'il se baignât.

     Cette construction peut se trouver avec : "pour que", "sans que"; après une principale négative ou interrogative; après "faire, faire en sorte que".

    Faites en sorte qu'il n'en sache rien

    Es-tu si égoïste qu'il faille t'éviter.

     La proposition causale

    La causale joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de cause, dans la proposition. Elle répond à la question "pourquoi?", "à cause de quoi?".

     Elle indique pourquoi, pour quelle raison, se fait l'action exprimée par le verbe de la proposition dont elle dépend.

    Il mange parce qu'il a faim.

    La causale est introduite par : "parce que, puisque, comme" on y ajoute parfois "vu que, étant donné que, attendu que, sous prétexte que.

     La position de la causale est libre : elle précède, coupe, ou suit, la proposition dont elle dépend.

     Il a eu une récompense, parce qu'il a bien fait son travail. 

    Parce qu'il a bien fait son travail, il a eu une récompense. 
    Il a eu, parce qu'il a bien fait son travail, une récompense.

    Elle peut être elliptique et même se réduire au seul "parce que" dans les réponses rapides.

     

    Pourquoi tu ne veux pas? - Parce que!

    Notez : elle commence régulièrement par la seuleconjonction "que" : pour éviter une reprise (Puisque je suis de sortie, et qu'il fait beau, j'irais au bois); après une principale interrogative (A quoi rêve-t-il, qu'il pleure et geint dans son sommeil?); avec "c'est", "ce n'est pas", "non" (S'il ne veut pas venir, c'est qu'il a été déçu par la dernière réunion).

    Le mode, dans la causale, est l' indicatif. On trouve parfois le subjonctif, lorsque la cause est présentée comme fausse ou douteuse. Les mots de liaison sont alors : "non que, non pas que, ce n'est pas que".

    Ce n'est pas qu'il craigne ton jugement, mais il préfère te présenter un projet achevé.

    Notez : si les mots de liaison sont suivis de "parce que", le verbe retrouve indicatif (Ce n'est pas parce qu'il craint ton jugement, mais il préfère te présenter un projet achevé.).

    La proposition concessive

    La concessive indique qu'il n'y a pas eu la relation logique attendue, entre le fait qu'exprime son verbe et le fait exprimé par le verbe principal.

    Il sort sans parapluie bien qu'il pleuve. 
    Il souriait, bien qu'il souffrît.

    On parle aussi pour les concessives de propositions d'opposition (oppositives) ou de propositions adversatives.

    Elle est introduite par : "quoique, bien que, encore que, malgré que (dont l'emploi est discuté). Mais elle peut avoir bien d'autres mots de liaison : les relatifs indéfinis "qui que, quoi que, où que, quel(le)(s)que" (Il viendra quoi que tu fasses); la locution "sans que" au sens de "bien que... ne... pas" (Il a bon cœur sans que cela se voie); les locutions "tandis que, alors que, au lieu que, loin que, quand bien même".

    La position de la finale est libre, elle suit, coupe, ou précède, la proposition dont elle dépend.

    Notez : elle commence régulièrement par la seuleconjonction "que" pour éviter une reprise (Il sort sans parapluie, bien qu'il pleuve et que je l'ai averti).

    La concessive se met au subjonctif avec : "bien que, quoique, encore que, sans que" (Il en est très amoureux sans qu'il y paraisse. Il est sorti bien qu'il soit malade).

    Elle se met à l' indicatif ou au conditionnel avec : "alors que, tandis que, au lieu que, alors même que" (Tu es sorti alors que tu devrais te soigner).

    Notez : "tout...que" hésite entre le subjonctif et l'indicatif (Tout grand qu'il est. Tout grand qu'il soit).

    La proposition circonstancielle finale

    La finale joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de but, dans la proposition. Elle répond aux questions "pour quoi?", "en vue de quoi?".

    Elle indique dans quelle intention, dans quel dessein, se fait l'action exprimée par le verbe dont elle dépend.

     

    Elle est introduite par les locutions : "afin que, pour queà seule fin quede peur que, de crainte que, dans la crainte que".

    Il crie de plus en plus fort, afin que tout le monde l'entende. 
    Il insiste, de crainte que tu ne viennes pas.

     La position de la finale est libre, elle suit, coupe, ou précède, la proposition dont elle dépend.

    Notez : elle commence régulièrement par la seule conjonction "que" pour éviter une reprise (Je te téléphone pour que tu viennes et que tu manges avec nous); après un verbe à l 'impératif, ou interrogatif (Viens ici que je te fasse réciter ta leçon).

    Le mode de la finale est le subjonctif, le but relève en effet du souhait.

    Il parle doucement pour qu'on ne l'entende pas. 
    Il parlait doucement pour qu'on ne l'entendît pas.

    La proposition comparative

    La comparative joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de comparaison, dans la proposition. Elle répond aux questions "comment?, comme qui?, comme quoi?".

    Tu as parlé comme je l'aurais fait à ta place.

    Elle exprime plusieurs nuances par rapport au verbe principal.

    1. Un rapport de proportion : elle est introduite par "que", annoncé par : "suivant, selon, au fur et à mesure, à mesure, d'autant plus, d'autant moins".

    Vous avancerez d'autant plus vite que vous serez moins chargé.

    2. Un rapport d'égalité : elle est introduite par "que", annoncé par : "tel, de même, si, tant, aussi, autant".

    Il est aussi grand que tu l'étais à son âge.

    3. Un rapport de ressemblance : elle est introduite par "ainsi que, de même que, comme".

    Tu me regardes comme me regardait ta mère.

    La comparative est très souvent elliptique (Il s'est battu comme un lion). Elle se confond alors avec le complément circonstanciel de comparaison. Elliptique (réduite à un seul mot "comme, que"), elle peut fusionner avec une conditionnelle (Il me parle comme s'il était menacé), ou avec une temporelle (Il était habillé comme quand nous nous sommes rencontrés).

    Son verbe se met :

    - à l' indicatif lorsqu'il exprime un fait considéré dans sa réalité (Tu le feras comme je l'ai fait). 
    - au conditionnel lorsqu'il exprime une simple éventualité (Tu l'as fait comme je l'aurais fait à ta place). 
    - au subjonctif parfois, avec : "autant que" et le verbe "pouvoir" (Tu l'as fait? autant que je sache).

    La proposition conditionnelle

    La conditionnelle joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de condition, dans la proposition. Elle indique à quelle condition se fait l'action exprimée par le verbe de la proposition dont elle dépend.

    Je lui parlerais si c'était nécessaire (en cas de nécessité).

    La conjonction de condition par excellence est "si". Le mode du verbe de la conditionnelle par "si" est l'indicatif.

    Il mange, s'il a faim 
    Il mangera, s'il a faim 
    Il mangerait, s'il avait faim.

    Il convient de distinguer deux cas selon le mode du verbe de la principale : indicatif, subjonctif, impératif, d'une part, conditionnel de l'autre.

    1. le verbe de la principale est à l'indicatif : il s'agit d'une simple hypothèse et les temps des propositions se correspondent directement (Si tu pars tout de suite, tu arriveras à temps. S'il a dit cela, il a eu tort).

    Notez : le futur et le conditionnel sont exclus. On emploie le présent (ou une périphrase) à la place du futur, et lepassé composé à la place du futur antérieur. (Si tu admets cette opinion, tu as tort. Si tu as admis cette opinion, tu as eu tort. Si cela vient à se reproduire, nous prendrons des mesures).

    Si le verbe de la principale est au subjonctif ou à l' impératif, rien ne change pour le verbe de la conditionnelle (Qu'il se mette au travail, s'il est prêt).

    2. le verbe de la principale est au conditionnel : la condition est seulement imaginée ou même présentée comme irréelle.

    On emploie l' imparfait ou le plus-que-parfait dans la subordonnée (Tu aurais tort, si tu admettais cette opinion. Tu aurais eu tort, si tu avais admis cette opinion).

    Selon que les faits concernent le présent, le futur ou le passé, on parle "d'irréel du présent" (Je serais satisfait, si j'avais un bon outil = maintenant), de "potentiel" (Je serais satisfait, si j'avais de ses nouvelles avant la fin de la semaine), "d'irréel du passé" (J'aurais été satisfait, si j'avais eu de ses nouvelles avant qu'il revienne).

    Lorsque les faits concernent le passé, on trouve parfois le plus-que-parfait du subjonctif, soit pour les deux verbes, soit pour l'un des deux seulement. (Je fusse parti, s'il ne m'eût parlé. Je l'aurais remercié, s'il fût venu. Je l'eusse remercié, s'il avait été présent). 

    Notez : Il faut prendre garde de ne pas confondre, "si" conjonction, et "si" adverbe introduisant une complétive interrogative. Après "si" marquant une condition, le mode conditionnel est interdit (Si j'aurais su??).

    La conditionnelle peut être introduite par diverses conjonctions ou locutions.

    Son verbe se met au subjonctif après : "à condition que, à supposer que, à moins que, pour peu que, pourvu que, en admettant que, supposé que, soit que...soit que, soit que...ou que,

    Son verbe se met à l' indicatif après : "selon que...ou que, suivant que...ou que, dans la mesure où".

    Son verbe se met au conditionnel après : "quand, quand bien même, alors même que".

    "Au cas où" admet le conditionnel ou le subjonctif.

    Le complément circonstanciel de temps répond à la question : quand

    Le complément circonstanciel de lieu répond à la question : où

    Le complément circonstanciel de manière répond à la question : comment

    Exercice

    Indiquez de quel complément

    circonstanciel est chaque groupe

    de mots souligné :

    Elle fait du jogging dans la forêt
    Elle fait du jogging pour maigrir
    Il viendra vers 17h
    Il mange avec des couverts en plastique
    Pierre joue tous les matins
    Il mange lentement
    Elle va à Paris
    Anne marche d'un pas vif
    Elle fait du jogging lentement
    Pierre joue dans la salle du fond

    Corrigé:

     

    Elle fait du jogging dans la forêtCC lieu
    Elle fait du jogging pour maigrirCC but
    Il viendra vers 17hCC temps

    Il mange avec des couverts en plastique

    CC moyen

    Pierre joue tous les matinsCC temps

    Il mange lentement

    CC manière

    Elle va à ParisCC lieu
    Anne marche d'un pas vifCC manière
    Elle fait du jogging lentementCC manière
    Pierre joue dans la salle du fondCC lieu