• Crise ou complot ?

    Crise ou complot ?

    Les experts économiques sont d’accord que la cause principale qui a déclenché l’actuelle crise financière est le fait que plusieurs banques US ont vendu des produits d’emprunt obligataire garantis par les hypothèques des crédits immobiliers et des polices d’assurance, pour des centaines de millions de dollars, à différentes banques partout dans le monde, avant qu’on se rende compte que ces produits étaient sans valeur, ce qui a provoqué la crise des crédits hypothécaires.




    Mais quelques hommes politiques arabes pensent qu’il se pourrait que la crise vise les investissements de quelques États, ce qu’on appelle les fonds souverains, dans les institutions financières US qui viennent de s’effondrer.

    Ce groupe croit que la crise financière aux USA, et qui a entrainé la chute des bourses internationales, serait organisée dans le cadre d’un plan occidental pour frapper les fortunes arabes pétrolières, et pour mettre la main sur les profits réalisés par les Arabes aux dépens de l’Occident sous forme des recettes pétrolières, suite à la hausse importante des cours du pétrole récemment.

    Les partisans de cet avis avancent pour preuve deux rapports stratégiques US publiés en juin 2008, soit avant la crise, qui mettent en garde contre l’influence des fonds souverains arabes, contrôlés principalement par l’argent du Golfe, le fruit du pétrole, sur l’économie US et occidentale.

    Ces deux rapports mettent aussi en garde contre une future réorientation du cap de la politique internationale sous l’effet de cette influence économique au service des intérêts arabes, si ces États pétroliers le voulaient.

    Le premier des deux rapports est celui de Richard Haass, l’ex directeur de la planification au Département d’État US, et qui a été publié dans le numéro de mai/juin du magazine Foreign Affairs (« The Age of Nonpolarity », NdT). Dans cet article, il parle de l’importance croissante de ces fonds et de leurs possessions, ce qui leur permet de contrôler le système financier US et de devenir des moyens de pression politique.

    L’autre rapport signé Daniel Drezner, professeur assistant des politique internationale à l’école Fletcher de l’Université Tufts aux USA, a été publié dans le numéro de mai/juin du magazine The American sous le titre The Sovereigns Are Coming. Il y souligne que le temps de la domination de ces fonds souverains s’approche (un tableau fourni dans l’article donne un total de 1425 milliards de dollars rien que les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et le Koweït. D’autres avancent un chiffre entre 3000 et 4000 milliards de dollars pour les pays arabes du Moyen Orient, (voir Le nouvel âge d’or des fonds souverains au Moyen Orient, NdT).

    Un article publié le 15 septembre 2008 par le journal International Herald Tribune (The rising danger of high oil prices, NdT), met en garde contre l’accumulation des milliards de pétrodollars dans le Golfe et contre les fonds souverains de ses pays, et il appelle à développer une « nouvelle stratégie » pour affronter ces fonds arabes fruits du pétrole.

    L’article est signé Henri Kissinger, l’ex-secrétaire d’État US, et Martin Feldstein, professeur d’économie à l’université de Harvard et ex-conseiller économique en chef du président Ronald Reagan (voir à propos de leur article l’intéressante analyse : Henri Kissinger, l’ « israélisation » de la raison, les Fonds souverains, le Fond de Zakat et l’épouvantail « islamiste », NdT).

    Mise en faillite « volontaire »

    Après le déclenchement de la crise, différents rapports circulaient sur les sites web arabes à propos de l’existence d’un plan US bien organisé dont l’objectif est de mettre en « faillite volontaire » quelques banques et entreprises US, notamment celles avec beaucoup d’investissements d’argent arabe et asiatique, afin d’avaler ces fortunes.


    Faillite " VOLONTAIRE "


    Les partisans de cette thèse affirment que ce plan a été organisé pour mettre la main sur les fonds souverains arabes que les gouvernements investissent dans les banques, les institutions et autres entreprises industrielles US.

    Ces rapports ajoutent que ces effondrements « provoquées » de quelques banques et entreprises, visent non seulement plus d’un trillion (mille milliards, NdT) de dollars - selon des estimations non officielles - des fonds souverains arabes, mais aussi environ deux trillions et demi supplémentaires des fonds souverains asiatique ou d’Amérique latine, pour des États comme la Chine, le Japon, la Singapour, la Corée du Sud et le Brésil.

    Ces fonds sont investis dans les institutions financières US et représentent des dettes sur l’économie US. Les États investisseurs comptaient sur le retour de ces fonds et de leurs bénéfices astronomiques, mais les décideurs US ne le voyaient pas ainsi selon ces rapports.

    Ces rapports expliquent le recours par les USA à ce plan en affirmant que « l’économie US ne pourrait pas supporter les risques du retrait de ces fonds, et ne pourrait pas payer les profits gigantesques pour l’étranger. Il y aurait aussi d’autres objectifs politiques visant à sauver l’empire capitaliste US de la faillite et de l’implosion économique et politique ».

    Ces analystes soutiennent leur thèse en affirmant que les investisseurs étrangers ne pourront pas obtenir le moindre dédommagement des institutions US en faillite, en vertu du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux USA. Ce chapitre protège les institutions en faillite contre leurs investisseurs, et n’accorde à ces investisseurs aucun droit sur ceux qui achètent ces institutions en faillite.

    Il n’y a pas de rapports fiables sur les pertes des fonds souverains du Golfe dans cette crise financière EU, mais on les estime à plusieurs milliards de dollars.
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