• La polysémie

    La polysémie

    La polysémie

    Introduction

    En règle générale, les mots ont plusieurs sens, autrement dit ils sont polysémiques.

    Ainsi, le Petit Robert identifie pour le nom café cinq significations ou acceptions principales :

    1° « graines du fruit du caféier », dans récolte du café ;

    2° « ces graines torréfiées », dans paquet de café ;

    3°« caféiers », dans une plantation de café ;

    4°« boisson obtenue par infusion de grains torréfiés et moulus », dans tasse de café ;

    5° « lieu public où l’on consomme des boissons », dans garçon de café.

    Ces acceptions sont mises en relation par différents procédés parmi lesquels on distingue les figures de rhétorique – comme la métaphore ou la métonymie – et les procédés sémantiques d’extension et de restriction de sens. Pour les acceptions de cafénotées, on observe les passages suivants :

    de 1° à 2°, par restriction de sens (des graines dans leur ensemble aux graines torréfiés) ;

    de 1° à 3°, par synecdoque (la partie pour le tout) ;

    de 2° à 4°, par métonymie (la matière pour le produit) ;

    de 4° à 5°, par métonymie (le lieu pour la chose), avec extension de sens (du seul café à toutes sortes de boissons).

    Avec RÉMI-GIRAUD, nous distinguons donc « deux étapes dans l’étude du mot polysémique :

    — l’identification des différentes significations ;

    — la mise en relation de ces différentes significations. »

    1- Identification des différentes significations : critères

    1.1- Critère extralinguistique

    Les différentes significations représentent des objets ou des réalités différentes au plan de l’expérience ; par ex. les graines de café torréfiées (café 2°) se présentent différemment que la boisson obtenue à partir de ces graines (café 4°). Le plus souvent, c’est cet aspect-là qui se manifeste par les définitions d’un mot.

    1.2 -Critère paradigmatique

    On fait entrer le mot dans une grille lexicale (dans un paradigme) faite de synonymes et/ou d’antonymes : ce mot aura alors autant de significations différentes qu’il y a de systèmes différents. – Exemple : aigu, uë (adj).

     

    synonyme

    antonyme

    signification

    une flèche aiguë

    pointu(e)

    émoussé(e)

    « terminé(e) en pointe »

    une voix aiguë

    perçant(e)

    grave

    « d'une fréquence élevée, en haut de l'échelle des sons »

    une douleur aiguë

    vive (vif)

    sourd(e)

    « intense et pénétrant(e) »

    un esprit aigu

    subtil

    lourd, lent

    « particulièrement vif et pénétrant dans le domaine de l'esprit »

    1.3-Critère syntaxique ou syntagmatique

    À partir des constructions du verbe penser par ex., on peut distinguer trois significations :

     

    construction

    signification

    Les animaux pensent-ils ?

    v. itr.

    « être capable d'une pensée abstraite »

    À quoi (à qui) pensez-vous ?

    v. tr. ind.

    « appliquer son esprit à (un objet concret ou abstrait, actuel ou non) »

    « Je ne pus m'empêcher de lui dire tout ce que je pensais » (Lesage)

    v. tr. dir.

    « avoir pour opinion, pour conviction »

    1.4- Critère sémantique

    À partir du sens des noms qui jouent le rôle de support de l’adjectif impossible par ex., on peut distinguer deux significations :

     

    support

    signification

    un amour impossible

    amour : chose

    « qui ne peut se produire, être atteint ou réalisé »

    Ces enfants 
    sont impossibles.

    enfants : personne

    « insupportable »

    ·Interdépendance des critères

    Selon la classe grammaticale du mot en question, il faudra privilégier tel ou tel critère. Toutefois, cela ne signifie pas l’exclusion totale des autres : non seulement, les critères peuvent être ajoutés les uns aux autres (cf. l’exemple a. ci-dessous), mais ils peuvent également être imbriqués les uns dans les autres (cf. b.).

    a. tourner (la page) vs. tourner (le dos)

    1° Critère extralinguistique

    Les deux emplois expriment deux comportements différents : « mettre à l’envers, sur une face opposée » vs. « se présenter de dos ».

    2° Critère syntaxique

    — l’un des emplois admet un complément indirect, l’autre non : tourner le dos à qqn vs. *tourner la page à qqn ;

    — l’un des emplois admet la transformation passive, cf. la page a été tournée, l’autre non : *le dos a été tourné.

    3°Critère sémantique

    Dans L’homme tourna le dos, le complément signifie une partie du sujet (« partie du corps de l’homme », alors que dans L’homme tourna la page, le complément signifie un objet distinct du sujet (« feuille, feuillet »).

    b. penser

    À l’aide du critère syntaxique trois significations ont été distinguées ; le critère sémantique permettra en outre de distinguer, pour  penser, v. tr. ind. :

    penser à quelque chose : « appliquer sa réflexion, son attention à » ;

    penser à quelqu’un : « évoquer par la mémoire ou l’imagination ».

    D’autre part, les deux acceptions entrent dans des grilles lexicales différentes (critère paradigmatique) :

    penser à quelque chose : syn. réfléchir ;

    penser à quelqu’un : syn. imaginer, se rappeler, se souvenir.

    2- Mise en relation des différentes significations

    Les différentes significations d’un mot établies, il importe de les mettre en relation les unes avec les autres ; car ce n’est que dans la mesure où il y relation entre elles qu’on se trouvera en présence d’un mot polysémique (voir plus loin, « Polysémie et homonymie »).

    Les différentes significations peuvent être reliées par des procédés sémantiques (variation d’une même signification de base) ou par des procédés rhétoriques (figures de sens).

    2.1-Procédés sémantiques

    On distingue, comme procédés sémantiques de mise en relation des différentes significations d’un mot, la spécialisation de sens et l’extension de sens. Ces deux procédés peuvent être interprétés comme des variations d’une même signification de base, par addition, par suppression ou par différenciation d’un trait de sens.

    2.1.1- Extension de sens

    Le passage d’une signification à l’autre d’un mot peut avoir pour résultat un élargissement de son sens, ou un emploi plus étendu, le mot s’appliquant alors à de plus nombreux objets. – Exemple :

    curé
    1. « prêtre catholique placé à la tête d’une paroisse »
    2. « prêtre catholique »

    Il y a extension de sens puisque de toute évidence, les prêtres catholiques sont plus nombreux que les prêtres catholiques placés à la tête d’une paroisse. – Autres exemples :

    « Dans un panier on ne met pas que du pain. Dans une boucherie on n’achète pas que (et même on achète rarement) de la viande de bouc. Arriver ne garde que le sens de « parvenir au terme du voyage » et le sens de navigation « s’approcher de la rive » n’est pas perçu. Frugivore connaît une extension de sens quand ce mot dénomme des humains se nourrissant non exclusivement de légumes. » (Sablayrolles, La Néologie, p. 227)

    Dans le Petit Robert, les extensions de sens sont éventuellement marquées par l’abréviation « par ext. », ainsi pouraborder:

    :aborder
    1. « atteindre, toucher (le rivage) »
    2. par ext. « arriver à (un lieu inconnu ou qui présente des difficultés) »

    ·Extension de sens et analyse sémique

    Dans la mesure où la définition du mot satisfait à la définition par genre prochain et différence spécifique, l’extension de sens correspond à une variation d’une même signification de base par suppression d’un trait définitoire spécifique, ou bien par différenciation d’un trait spécifique.

    Ainsi, pour curé, le trait de sens générique « prêtre catholique » exprime la signification de base commune aux deux acceptions du mot, l’extension de sens étant le résultat de la suppression du trait de sens spécifique « placé à la tête d’une paroisse ».

    Dans l’exemple suivant (panier), l’extension de sens provient d’un changement du trait spécifique :

    panier
    1. « réceptacle servant à contenir du pain.» (sens étymologique, cf. lat. panarium)
    2. « réceptacle servant à contenir des marchandises »

    La signification de base commune est donnée par le trait générique « réceptacle (servant à contenir qqch.) » ; le trait spécifique remplaçant (« marchandises ») a une extension plus large, désigne plus d’objets que le trait remplacé (« pain »), étant donné que le pain n’est qu’une marchandise parmi d’autres.

    La différenciation du trait spécifique produit donc un relation d’appartenance (d’inclusion), tout comme sa suppression dans l’exemple précédent. Par contre, les passages sémantiques signalés dans le Petit Robert sous forme de « par ext. », renvoient plutôt à une différenciation de trait spécifique produisant une relation d’analogie‑Exemple :

    allumer v. tr. 
    I¨ (Feu)  1¨ Mettre le feu à.  Allumer du bois sec, la mèche d'un explosif.
    à Par ext. Allumer le feu, le faire.  
    II¨ (Lumière) Rendre lumineux en enflammant, ou par l'électricité (courant, pile).  Allumer les bougies. Allumer un lampadaire, une lampe de poche.
    à Par ext. Allumer la lumière.

    Dans ces deux cas, le mot ne s’applique pas, par « extension » de sens, à un plus grand nombre d’objets, mais il s’applique à d'autres objets par une « ressemblance établie par l'imagination entre deux objets de pensée essentiellement différents ».

    2.1.2- Restriction (ou spécialisation) de sens

    Le passage d’une signification à l’autre résultera en une signification plus étroite, ou un emploi moins étendu du mot. ‑ Exemple :

    homme
    1. « être humain »
    2. « être humain de sexe masculin »

    Évidemment, les êtres humains mâles ne constituent qu’un sous-ensemble par rapport à l’ensemble des êtres humains, il y a donc une restriction de l’emploi du mot. – Autres exemples :

    « traire s’est spécialisé dans le fait de tirer (c’était sans restriction son sens primitif, cf. son étymon trahere) le lait. De mêmepondre (de ponere « poser ») a été réduit à la seule action des poules qui posent leur œuf. » (Sablayrolles, La Néologie, p. 227)

    ·Restriction de sens et analyse sémique

    La restriction de sens correspond à une variation d’une même signification de base par addition ou bien par différenciationd’un trait définitoire spécifique :

    Ainsi, pour homme, le trait de sens générique « être humain »exprime la signification de base commune aux deux acceptions du mot, la restriction de sens étant le résultat de l’addition du trait de sens spécifique « de sexe masculin ».

    De même que l’extension de sens, la spécialisation de sens peut être le résultat d’une différenciation de traits spécifiques, comme dans l’exemple suivant (d’après le PR, cf. Rémi-Giraud) :

    ruban 
    1. « étroite bande de tissu, servant d’ornement, d’attache » : ruban de soie; fleurs attachées par un ruban
    2. « cette bande servant d’insigne à une décoration » : ruban de la Légion d’honneur

    La signification de base commune est donnée par le trait générique « étroite bande de tissu » ; le trait spécifique remplaçant « (servant) d’insigne à une décoration ») produit une relation d’analogie.

    Signification de base commune : « étroite bande de tissu » ; trait différencié : servant « d’ornement, d’attache » vs. servant « d’insigne à une décoration ».

    Dans le Petit Robert, certaines spécialisations de sens sont signalées par « spécialt » :

    plaque n. f. 
    […]
    2¨ Objet rigide, plat, peu épais, généralement rectangulaire.  
    3¨ Spécialt Plaque portant une inscription.  

    Restriction de sens par addition d’un trait spécifique : « portant une inscription ».

    couturière n. f. 
     1¨ Celle qui coud, qui exécute, à son propre compte, des travaux de couture.  
    à Spécialt Ouvrière d'une maison de couture.  

    Restriction de sens par différenciation du trait spécifique : « à son propre compte » vs. « comme ouvrière ».

    2.2- Procédés rhétoriques (figures de sens)

    Les procédés rhétoriques effectuent le passage d’une signification (dite sens propre) à une autre (dite sens figuré) par une « figure de sens », dont les plus importantes sont la métaphore et métonymie.

    2.2.1-Métaphore

    « Substitution ou accolement, dans le cours d’une phrase, d’un mot à un autre mot situé sur le même axe paradigmatique – ces deux mots recouvrant des réalités qui présentent une certaine similitude ou qui sont données comme telles.

    […] une mélancolie secrète et profonde régnait dans cette volière striée de rires. (A. Cohen)

    S’envoler, sous le bec du vautour aquilon … (V. Hugo)

    (Bacry, Les figures de style, 288 ; voir aussi p. 40)

    « Une lexie est utilisée pour dénommer un nouveau référent qui présente des similitudes avec celui qu’elle dénommait primitivement. 

    * souris en informatique : forme, taille, couleur, queue, mouvement sont similaires à ceux de l’animal.

    * l’Haussmanisation de Prague, * taupe (« engin de travaux publics pour faire des tunnels »). »

    (Sablayrolles, La néologie, 228)

    « Figure de rhétorique, et par ext. Procédé de langage qui consiste à employer un terme concret dans un contexte abstrait par substitution analogique, sans qu'il y ait d'élément introduisant formellement une comparaison. Þ comparaison, image.

    « Une source de chagrin », « un monument de bêtise » sont des métaphores. »

    (Petit Robert)

    Dans le Petit Robert, certaines emplois métaphoriques sont signalés comme tels : « Par métaph. par métaphore, comparaison implicite intermédiaire entre le propre et le figuré. ‑ Ne pas confondre avec Par compar. « par comparaison avec ce qui précède, lorsque cette comparaison est explicite [emploi de comme, tel] ». — Exemples :

    cœur
    1. « Organe central de l'appareil circulatoire »

    2. « Par métaph. Le siège des sensations et émotions » : avoir la rage au cœur

    aigle
    Par compar. Des yeux d'aigle, particulièrement perçants.

    bête
    Par compar. ou métaph. (Idée de force, de violence) Être malade, souffrir comme une bête

    Les emplois métaphoriques peuvent être signalés par d’autres marques encore, comme

    « Fig. figuré : sens issu d'une image (valeur abstraite correspondant à un sens concret » ou

    « Par anal. par analogie : qualifie le sens d'un mot issu du sens précédent par une comparaison implicite (ex. analogie de forme, de couleur) ou plus généralement une valeur impliquant le sentiment d'un rapport ». – Exemples :

    poupée 
     Fig. Se dit d'une femme jolie et futile.

    fourmi  
    Par compar. ou fig. (symbole de petitesse)  (allus. au travail anonyme et obstiné des fourmis) Un travail de fourmi.

    gorge
    1. « Région située au fond de la bouche […] » : avoir la gorge sèche
    2. Par anal. « Passage étroit, défilé entre deux montagnes […] » : les gorges du Tarn

    cœur
    1. Organe central de l'appareil circulatoire

    2. Par anal. Ce qui a ou évoque la forme du cœur : Cœur suspendu à un collier.

    2.2.2- Métonymie

     « Remplacement, dans le cours d’une phrase, d’un substantif par un autre substantif, ou par un élément substantivé, qui lui peut être ordinairement associé sur l’axe syntagmatique du discours.

    [Elle] le tint longtemps serré contre sa mollesse. (A. Cohen) »

    (Bacry, Les figures de style, 288 ; voir aussi p. 80)

    « Il y a un rapport de contiguïté entre le signifié originellement dénommé et le second. Il peut y avoir plusieurs étapes métonymiques. Les grands types de rapport sont constitués par le lieu d’origine, la matière pour l’objet, le contenant pour le contenu, etc.

    * picardine (nouveau label de pommes de terre d’origine picarde).

    * socialisme-cassoulet, couscous-connection : des régions (le Sud-Ouest français, le Maghreb) sont dénommées par leur production culinaire typique.

    * verre (double métonymie : le contenant pour le contenu dans boire un verre et la dénomination de l’objet par sa matière).

    * un Cahors (nouveau type de verre pour boire du vin de Cahors).

    * la Destivelle (dénomme un lieu par le nom d’une personne : nouvelle voie ouverte dans les Drus par l’alpiniste C. Destivelle)

    * notre après Saint-Germain-des-Prés (dénomme une classe sociale par un des lieux qu’elle fréquente), etc. »

    (Sablayrolles, La néologie, 228)

    « Figure de rhétorique, procédé de langage par lequel on exprime un concept au moyen d'un terme désignant un autre concept qui lui est uni par une relation nécessaire (la cause pour l'effet, le contenant pour le contenu, le signe pour la chose signifiée). Ex.

    boire un verre (le contenu), ameuter la ville (les habitants). »

    (Petit Robert)

    Dans le Petit Robert, les emplois métonymiques sont signalés occasionnellement : « Par méton. par métonymie, introduit un emploi issu d'un autre emploi par cette figure. » Ainsi pour les exemples cités :

    verre
    Par méton. (1636) Contenu d'un verre. Boire un verre d'eau.

    ville
    Par méton. Les habitants de la ville. La maladie « risque de tuer la moitié de la ville » (Camus).

    2.2.3-Synecdoque

     « Métonymie dans laquelle le terme propre et le terme figuré se trouvent dans un rapport d’inclusion (partie pour le tout, genre pour l’espèce, etc.)

    Le Buste (surnom de l’actrice Jayne Mansfield)

    Et l’astre qui tombait de nuage en nuage (A. de Lamartine) »

    (Bacry, Les figures de style, 293 ; voir aussi p. 89)

    « C’est un procédé qui relève de la métonymie, mais qui dénomme essentiellement l’emploi du tout pour la partie ou inversement.

    •*voile : 
    « un bateau à voile ».

    *Réparer la voiture 
    pour « le moteur de la voiture ». »

    (Sablayrolles, La néologie, 229)

     « Figure de rhétorique qui consiste à prendre le plus pour le moins, la matière pour l'objet, l'espèce pour le genre, la partie pour le tout, le singulier pour le pluriel ou inversement (ex.

    les mortels pour les hommes; un fer pour une épée; une voile pour un navire). »

    (Petit Robert)

    Dans le Petit Robert, les passages d’un sens propre à un sens figuré par synecdoque sont mêlés aux passages métonymiques. – Exemples (de la partie pour le tout) :

    toit
    Par méton. (XIVe)  Maison, abri où l'on peut vivre

    café
    1. « Graines du fruit du caféier, contenant un alcaloïde aux propriétés stimulantes »
    2. Par méton. « caféiers »

    2.2.4- Antonomase

    « Synecdoque par laquelle un individu est désigné par son espèce, une espèce par l’un de ses individus, ou un individu par un individu de la même espèce.

    L’Argentin se précipite au filet…

    […] jamais cette image apocalyptique ne fut mieux réalisée que par ce Lazare sans cesse rappelé du sépilcre à la vie par la voix de la jeune fille. (H. de Balzac)

    (Bacry, Les figures de style, 280 ; voir aussi p. 90)

    « L’antonomase consiste en l’utilisation d’un nom propre au lieu d’un nom commun, ou inversement, pour les qualités qu’il possède à un haut degré.

    * un harpagon= un avare ou le divin marquis pour Sade sont des exemples anciens et connus. Le procédé est assez productif comme le montrent les exemples qui suivent : C’est le Fangio des temps modernes, C’est laRolls des attachés-cases […] »

    (Sablayrolles, La néologie, 229)

    « Trope qui consiste à désigner un personnage par un nom commun ou une périphrase qui le caractérise, ou, inversement, à désigner un individu par le personnage dont il rappelle le caractère typique

    (ex. un harpagon pour un avare, la Dame de fer pour Mme Thatcher. »

    (Petit Robert)

    Les antonomases ne sont pas signalés comme telles dans le Petit Robert.

    3-Polysémie et homonymie

    Lorsque aucune mise en relation entre les significations n’est possible, lorsque « les domaines d’emploi sont éloignés à l’extrême » (H. Mittérand), on n’a pas à faire à un mot polysémique mais à autant de mots homonymes qu’il y a de significations différentes.

    Ainsi, on aura pour voler deux entrées dans les dictionnaires (traitement homonymique) :

    1. voler 
    « se soutenir et se déplacer dans l’air au moyen d’ailes » : voler en rasant le sol ;

    2. voler 
    « prendre ce qui appartient à quelqu’un contre son gré ou à son insu » : se faire voler sa montre.

    – plutôt qu’une seule entrée (traitement polysémique) :

    voler 
    1. « se soutenir et se déplacer dans l’air au moyen d’ailes » : voler en rasant le sol ;
    2. « prendre ce qui appartient à quelqu’un contre son gré ou à son insu » : se faire voler sa montre.

    Qui plus est, « les formes d’orthographe identique, ou homographes, [sont] relevées séparément,

     lorsqu’elles répondent à des étymons distincts : pointer (de pointe) et pointer (de point), aval (sens descendant du courant, du français a et val) et aval (garantie donnée par un tiers sur un effet de commerce, de l’italien avallo),

     lorsqu’elles appartiennent à des classes grammaticales différentes : enceinte (substantif) et enceinte (adjectif),

     lorsqu’elles sont de nombre ou de genre différents : gueule et gueules (signe de blason) ; platine (masculin) etplatine (féminin) […] »

    H. Mittérand, Les mots français, p. 8
    Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 1963.

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