• La rhétorique

    La rhétorique et les figures de style

    La rhétorique, l'art de bien parler, est aussi l'art de persuader (voir le Petit Robert). Partie intégrale de l'éducation classique, elle sert toujours dans tout discours qui vise à provoquer un effet sur son public (pensez à la politique et à la publicité en particulier). Les figures (selon les critiques, on dit aussi figures de style ou figures de rhétorique) sont des procédés stylistiques destinés à faire passer le message de façon éloquente et persuasive. Olivier Reboul distingue les figures de mots (portant sur la forme ou le son, e.g. rime, allitération, calembours, jeux de mots), les figures de sens (tropes), les figures de construction (inversion) et les figures de pensée (e.g. allégorie, ironie).  (1996, 35-37). 
    "Les figures de sens, ou tropes, consistent donc à employer un terme avec une signification qu'il n'a pas habituellement, (...)." (Reboul, 1996, 42) 
    La plupart des critiques distingue trois tropes fondamentaux, la métaphore, la métonymie et la synecdoque. Les définitions suivantes sont adaptées surtout de Reboul. Les autres ressources fournies ont parfois une interprétation un peu différente.

    •  La métonymie consiste à désigner un objet par le nom d'un autre objet, les deux ayant entre eux un lien habituel qui permet donc à l'un d'évoquer l'autre et qui donne ainsi un sens au message. Parmi les rapports, l'on cite souvent:
    •     le contenant pour le contenu (boire un verre pour boire ce qu'il y a dans ce verre),
    •     l'objet pour la personne (le trombone pour joueur de trombone, le deuxième violon),
    •     le lieu pour l'objet fait dans ce lieu (un bordeaux pour un vin de Bordeaux),
    •     la matière pour l'objet (le fer pour l'épée, un jean pour un pantalon fait de ce tissu),
    •     le nom propre pour un objet créé par la personne (lire un Camus pour un livre de Camus, acheter un Renoir pour un tableau de Renoir, voir le dernier (film de) Truffaut, Spielberg)
    •     et la cause pour l'effet (les lauriers pour la gloire).

    La synecdoque est si proche de la métonymie que certains critiques en font un sous-classement. Elle s'en distingue du fait que les objets ont entre eux un rapport de nécessité:

    • la partie pour le tout -cent voiles pour cent bateaux, 20 têtes (ou bien âmes) pour vingtpersonnes, le bras pour le guerrier,
    • le genre pour l'espèce -la saison des lilas pour la saison des fleurs,
    • le nom propre représentant du type pour le nom commun -un judas pour un traître, untartuffe pour un hypocrite, un harpagon pour un avare (cf. l'anglais Scrooge).

    La métaphore est fondée sur une ressemblance entre les termes. Elle constitue une comparaison implicite. Le lien entre les deux termes est beaucoup moins étroit que dans la métonymie ou la synecdoque. Le vocabulaire amoureux classique emploie des métaphores associées à la chaleur telles Ma flamme, brûler, mes feux. On peut souvent insérer une expression telle que "semblable à", "pareil à" ou "comme" sans changer le sens (Ce guerrier est un lion. Cette chanteuse est un rossignol) ou on peut employer seulement le terme figuré - Ce lion, ce rossignol. Lorsqu'une métaphore se prolonge sur plusieurs termes, on parle d'unemétaphore filée. Notez la prolongation de la métaphore maritime dans les vers suivants:

    Un orage si prompt qui trouble une bonace 
    D'un naufrage certain nous porte la menace 
    Je n'en saurais douter, je péris dans le port
    (Chimène, le Cid vv.449-451).

    Des autres figures de style  (personnification, antithèse, oxymore, répétition, hyperbole, litote, euphémisme), certaines sont définies dans les petits lexiques à la fin de vos éditions des pièces. On peut aussi consulter un des textes ci-dessous, le Petit Robert ou une des ressources en-ligne.

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