• Ostéoporose

    L’ostéoporose : qu’est-ce que c’est?

    L’ostéoporose est caractérisée par une perte de la résistance des os qui prédispose aux fractures. Dans la plupart des cas, les os se fragilisent en raison d’un manque de calcium, de phosphore et d’autres minéraux. L’ostéoporose rend les os plus poreux et plus susceptibles de se fracturer lors d’une chute banale qui, en temps normal, aurait été sans conséquence.

    Précisons qu’il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un processus naturel lié le plus souvent auvieillissement.

    Qui est touché?

    La plupart du temps, l’ostéoporose apparaît chez les personnes âgées de 65 ans et plus, mais elle peut survenir plus tôt.

    On estime qu’au Canada, 1 femme sur 4 et 1 homme sur 8 en seront atteints au cours de leur vie. De l’âge de 50 ans à la fin de leur vie, 4 femmes caucasiennes sur 10 subiront une fractureen raison de l'ostéoporose.

    Les os de la hanche, des poignets et de la colonne vertébrale sont ceux qui subissent le plus souvent une fracture attribuable à l’ostéoporose.

    Objectif : prévenir les fractures

    Selon les nouvelles directives émises en 2010 par Ostéoporose Canada, les médecins doivent avant tout viser à prévenir les fractures plutôt qu’à traiter l’ostéoporose à tout prix. Cette nouvelle orientation repose sur les plus récentes données scientifiques. En effet, il s’avère que l’ostéoporose n’est que l’un des nombreux facteurs de risque de fracture. Cela signifie qu’il est possible d’avoir de l’ostéoporose, mais un faible risque de fracture. Inversement, il est possible d’avoir un risque de fracture élevé sans ostéoporose.

    Le médecin doit donc procéder à une évaluation globale de l’état de santé du patient, des médicaments qu’il consomme, de ses antécédents familiaux, de ses habitudes de vie, etc. C’est seulement s’il le juge nécessaire qu’il proposera un test d’ostéodensitométrie, qui mesure la densité minérale osseuse. Auparavant, la décision de traiter ou non reposait essentiellement sur les résultats de ce test.

    Toutes les données récoltées servent à établir la probabilité qu’une fracture survienne au cours des 10 prochaines années. Plusieurs questionnaires ont été élaborés afin de permettre au médecin d’évaluer ce risque. Ceux-ci varient légèrement d’un pays à l’autre et ont été testés auprès de larges échantillons de populations.

    Précisons qu’un diagnostic d’ostéoporose peut être émis à la suite d’une des deux situations suivantes : 
    - un examen radiologique, ou test d’ostéodensitométrie, révèle de l’ostéoporose;
    - une fracture survenue à cause de la fragilité osseuse.

    Lorsque l’ostéoporose est diagnostiquée et traitée, il est possible de stabiliser ou d’améliorer l’état des os au point de réduire de 50 % les risques de subir une fracture.

     

    Le test d’ostéodensitométrie

    Le test d’ostéodensitométrie permet de connaître la densité minérale osseuse (DMO) c’est-à-dire la teneur de divers minéraux (calcium, phosphore, etc.) dans les os.

    Il existe plusieurs techniques pour mesurer la densité minérale des os. La plus couramment utilisée est l’absorptiométrie biphotonique par rayons X. Cet examen indolore expose à très peu de radiations. Le résultat de ce test (le score T) est comparé à la densité minérale osseuse moyenne des jeunes adultes.

    Précisons cependant que ce test ne permet pas de connaître la qualité de la structure de l’os. La solidité de l’os ne dépend pas seulement de sa densité, mais aussi de la qualité de sa structure.

    Évolution de la masse osseuse avec l’âge

    Tous les individus n’ont pas le même « capital » osseux. Les trois quarts de celui-ci sont déterminés par l’hérédité. Les bonnes habitudes de vie (exercice physique, consommation de calcium, etc.) permettent de préserver ce capital et de le faire fructifier.

    Le pic maximal de masse osseuse est atteint vers l’âge de 35 ans (voir le schéma ci-dessous). Celui-ci se maintient généralement jusqu’à 40 ans. Par la suite, la masse osseuse tend à décliner de 1 % à 2 % par année.

    Durant les 10 années qui suivent l’apparition de la ménopause, la perte osseuse s’accélère de 2 % à 3 % par année, en raison du déclin de la production d’oestrogènes. La perte se stabilise ensuite à environ 1 % par année.

    Dans le cas des hommes, la perte est plus graduelle. À compter de 65 ans, cependant, leur risque de souffrir d’ostéoporose augmente et ils sont plus susceptibles d’avoir des fractures.

    Le graphique suivant donne une idée de l’évolution de la masse osseuse avec l’âge. Il s’agit d’une courbe moyenne. Ainsi, la courbe relative à un individu en particulier peut être différente, car elle dépend de son hérédité et de son mode de vie. Pour connaître les facteurs qui contribuent à l’apparition de l’ostéoporose, voir les sections Personnes à risque et Facteurs de risque.

    Complications possibles

    En tentant de limiter ou de prévenir les fractures osseuses, on souhaite essentiellement en éviter les conséquences : douleurs, perte d’autonomie, réduction de la qualité de vie (surtout pour la fracture de la hanche), etc. De 20 % à 25 % des personnes qui subissent une fracture de la hanche décéderont au cours de l’année suivante.

    Les conséquences sont souvent plus graves pour l’homme qui, à âge égal, est généralement en moins bonne santé que la femme.

    Symptômes de l’ostéoporose

    • L’ostéoporose n’engendre généralement aucun symptôme, d’où ses surnoms de « voleur silencieux » ou de « mal silencieux ». Souvent, la perte osseuse n’est constatée qu’à la suite d’une fracture survenue au cours d’une chute.
    • L’un de ses premiers symptômes est parfois une réduction de la taille (de 4 cm ou plus). Cette diminution est liée à une courbature du dos causée par un affaissement des vertèbres. Cet affaissement peut entraîner des douleurs intenses au dos.

    Personnes à risque

    • Les personnes âgées de plus de 65 ans.
    • Les personnes ayant déjà subi un écrasement des vertèbres ou une fracture vertébrale.
    • Les personnes ayant des antécédents familiaux de fractures causées par l’ostéoporose.
    • Les femmes ayant eu une ménopause précoce (avant l’âge de 45 ans), pour des raisons naturelles ou après l’ablation de leurs ovaires. La production d’oestrogènes, qui contribuent au maintien de la masse osseuse, diminue beaucoup à la ménopause. Plus le temps d’exposition du corps aux oestrogènes est long, plus le risque d’ostéoporose diminue. De plus, les femmes qui manquent d’oestrogènes en raison d’une maladie appelée hypogonadisme sont aussi à risque accru.
    • Les personnes atteintes d’une maladie qui interfère avec l’absorption du calcium dans l’intestin (par exemple, la maladie de Crohn).
    • Les femmes qui ont eu des périodes d’aménorrhée de plus de 6 mois (hormis la grossesse).
    • Les personnes qui ont déjà suivi un traitement aux corticostéroïdes par voie orale durant plus de 3 mois. Aussi, celles qui ont pris ou prennent des médicaments anticonvulsivantsou de l’héparine.
    • Dans une moindre mesure, les personnes atteintes d’arthrite rhumatoïde ou ayant déjà fait de l’hyperthyroïdie. Ces 2 facteurs sont considérés comme mineurs.

    Facteurs de risque

    Les facteurs suivants accroissent le risque d’ostéoporose. Leur effet est cumulatif. Cependant, leur influence est moins importante que celle des facteurs décrits dans la section Personnes à risque.
    • Le manque d’exercice physique.
    • Une alimentation pauvre en calcium tout au long de la vie.
    • Un manque de vitamine D causé par une exposition limitée à la lumière du soleil ou par une alimentation pauvre en vitamine D. Cette vitamine est essentielle au métabolisme du calcium.
    • Le tabagisme.
    • Une perte de poids importante (plus de 10 % du poids corporel) avant l’âge de 25 ans, ou un poids inférieur à 60 kg (132 livres).
    • La consommation excessive d’alcool.
    • Une grande consommation de caféine (café, chocolat, colas, boissons énergisantes). La caféine augmenterait les pertes de calcium en augmentant le débit urinaire. Les experts recommandent habituellement aux personnes âgées, en plus de s’assurer d’un apport adéquat en calcium et en vitamine D, de ne pas boire plus de 3 tasses de café par jour1.

    Prévention de l’ostéoporose

    • L’objectif principal est d’empêcher les fractures. La prévention permet de réduire de moitié le risque de fractures associées à l’ostéoporose.
    • Il faudrait se préoccuper de prévenir l’ostéoporose et les fractures dès le plus jeune âge. Tel que le mentionne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus tôt on adopte un mode de vie sain, meilleurs seront les gains.

     

    Mesures de dépistage

    La majorité des groupes d’experts, y compris Ostéoporose Canada, recommandent aux personnes suivantes de subir une évaluation poussée du risque de fractures par un médecin, tel que mentionné en début de fiche :

    • Les femmes et les hommes de  ans et plus.
    • Les femmes ménopausées potentiellement à risque, selon le médecin.
    • Les hommes de 50 ans et plus potentiellement à risque, selon le médecin.

    Dans certains cas particuliers, par exemple en cas d’arthrite rhumatoïde, un dépistage pourrait être proposé avant la cinquantaine.

     

    Mesures préventives de base

    Les 3 mesures suivantes sont les plus importantes. Il est bon, aussi, d’éviter le plus possible les facteurs de risque décrits plus haut.

    Faire de l’exercice physique. Les études montrent que l’exercice physique est bon pour les os, tout au long de la vie4-6. Être actif durant l’enfance et l’adolescence est particulièrement important, car cela permet de se constituer un squelette plus résistant, donc de faire des réserves de masse osseuse qui serviront à l’âge adulte. Les personnes en forme physiquement développent un meilleur équilibre et une meilleure coordination, ce qui réduit leur risque de chute.

    Il est recommandé de pratiquer un minimum de 30 minutes d’activité physique au moins3 fois par semaine. Ce qui importe le plus n’est pas la durée des séances, mais leur fréquence7.

    Voici les divers types d’exercices recommandés.

    • Les exercices des articulations portantes - ou de mise en charge - ont un effet de gravité sur le squelette. Ils forcent le corps à soutenir le poids de l’ensemble de tout le corps. Entrent dans cette catégorie : la course à pied, des sauts, le tennis et les sports d’équipe, tels que le soccer. 
      Ainsi, les activités au cours desquelles le poids corporel est supporté (vélo, kayak, natation), bien qu’excellentes pour la santé cardiorespiratoire et le maintien de la masse musculaire, n’ont pas d’effet réel sur la masse osseuse.
    • Les exercices contre résistance consistent à déplacer des objets ou son propre corps de sorte à produire une résistance. Ils s’effectuent avec des poids et haltères ou avec les appareils de musculation qu’on trouve dans les centres de conditionnement physique. 
      On obtient, cependant, les mêmes résultats en exécutant certains travaux quotidiens qui exigent de manipuler ou de pousser des charges lourdes. Par exemple, pratiquer le jardinage au moins 1 heure par semaine serait le deuxième meilleur exercice, après les poids et haltères8.
    • Les exercices visant à améliorer l’équilibre, comme le tai-chi ou un entraînement qui rétablit une posture adéquate durant la marche devrait être considéré afin de prévenir le risque de chute, lorsque nécessaire.

    Manger des aliments riches en calcium. Presque toutes les cellules du corps ont besoin de calcium pour bien fonctionner. Avoir une alimentation qui contient suffisamment de calcium permet de combler les besoins du corps sans qu’il ait à puiser dans ses réserves, c’est-à-dire les os. On peut obtenir un apport suffisant en calcium en mangeant régulièrement des produits laitiers, du saumon (avec les os), de la sardine, des légumes vert foncé (brocoli, etc.), des produits à base de soya (tofu, lait de soya enrichi de calcium). 
    Pour savoir si vous consommez suffisamment de calcium, utilisez notre calculatrice interactive.
    Pour en savoir plus, consulter notre fiche Calcium.

    Avoir un apport suffisant en vitamine D. Cette vitamine est vitale pour la santé des os et des dents. Elle améliore l’absorption du calcium dans l’intestin et participe à la fixation de ce minéral dans les os. Sa forme active est synthétisée dans la peau lorsque celle-ci est exposée aux rayons ultraviolets du soleil. On trouve peu de vitamine D dans les aliments sous sa forme active, hormis dans les poissons (sardine, maquereau, hareng, saumon, etc.). C’est pourquoi, en Amérique du Nord, le lait et la margarine sont enrichis en vitamine D. Certaines céréales et certaines boissons de riz ou de soya le sont aussi. 
    Consulter la fiche Vitamine D pour en savoir plus.

     

    Autres mesures préventives

    Suppléments de calcium et de vitamine D

    Voici les recommandations émises par Ostéoporose Canada :

    • Pour les personnes de moins de 50 ans en bonne santé : un supplément de400 UI à 1 000 UI (10 à 25 µg) de vitamine D par jour,
      et un apport alimentaire en calcium de 1 200 mg, à compléter par un supplément, au besoin.
    • Pour les personnes de 50 ans et plus : un supplément de 800 UI à 2 000 UI(20 à 50 µg) de vitamine D par jour,
      et un apport alimentaire en calcium de 1 200 mg, à compléter par un supplément, au besoin.

     

    Traitements médicaux de l’ostéoporose

    Le traitement de base combine la prise de suppléments et une médication adéquate avec un programme d’exercice adapté. Par contre, la perte osseuse peut réapparaître lorsqu’on cesse le traitement.

    Si l’ostéoporose découle de l’usage prolongé d’un médicament (thérapie aux corticostéroïdes, etc.), il faut voir à éliminer rapidement sa cause.

    Médicaments

    Il existe plusieurs médicaments capables de freiner la dégénérescence osseuse, tout en réduisant de manière significative les risques de fractures. De plus, il est souvent possible de retrouver une partie de la masse osseuse perdue. (Notez que le risque de fracture peut être réduit même dans les situations où la masse osseuse demeure stable.) Les médicaments sont utilisés uniquement lorsque le risque de fracture est jugé élevé.

    Voici les principaux :

    • Les bisphosphonates. Ces médicaments ralentissent la perte de masse osseuse. Les plus employés sont l’alendronate (Fosamax®) et le risédronate (Actonel®), en doses hebdomadaires ou quotidiennes sous forme de comprimés. Une nouvelle formulation d’Actonel® permet de prendre ce médicament 1 seule fois par mois. On utilise aussi l’étidronate (Didrocal®) en doses quotidiennes ainsi que l’acide zolédronique administré par injection intraveineuse 1 fois par année. 
      Effets indésirables
      . La prise prolongée de bisphosphanates, durant plus de 5 ans, accroît le risque de fracture atypique du fémur2,3. Les fractures atypiques sont localisées à un autre endroit sur l’os que celles causées par l’ostéoporose. Le risque d’ostéonécrose de la mâchoire s’accroît aussi, surtout chez les femmes dont le système immunitaire est affaibli. Ces effets secondaires sont rares, mais sérieux. Selon une étude parue en 2011, la fracture atypique touche 0,4 % des femmes après 5 ans de traitement par bisphosphanates2

      Selon les spécialistes, il faut réserver l’usage de ces médicaments aux femmes dont le risque de fracture liée à l’ostéoporose est élevé (d’après l’évaluation médicale globale et non seulement le test d’ostéodensitométrie). Chez ces femmes, les bénéfices des bisphosphanates surpassent clairement les risques d’effets indésirables. Certains recommandent de faire une pause de 1 an ou 2 après un traitement de 5 ans, puis de le reprendre par la suite.
    • La calcitonine (Miacalcin®). Cette hormone produite par la glande thyroïde ralentit la perte osseuse. Elle procure aussi un effet analgésique. Elle s’utilise par voie nasale ou sous forme d’injection.
    • Le raloxifène (Evista®). Ce médicament mime les effets des oestrogènes en agissant sur les récepteurs de ces hormones (mais sans accroître les risques de souffrir d’uncancer hormonodépendant).
    • Le tamoxifène. Cette hormone synthétique, employée pour traiter le cancer du sein, a également un effet semblable à celui des oestrogènes sur les os.
    • La parathormone synthétique (PTH). Cette hormone sécrétée par les glandes parathyroïdes est réservée aux cas d’ostéoporose importante. Elle s’administre sous forme d’injection. Elle joue un rôle dans les échanges corporels de calcium et de phosphore, et ralentit la perte osseuse.

    En cas de douleurs aiguës ou chroniques, on utilisera des analgésiques. Le port d’un corset peut s’imposer si la douleur s’intensifie.

    Remarque. L'hormonothérapie substitutive à la ménopause peut contribuer à ralentir la perte de masse osseuse et ainsi réduire le risque de fracture. Par contre, elle est rarement employée dans ce but unique étant donné les risques qu’elle comporte. Notons que, au moment de l’arrêt du traitement hormonal, une phase accélérée de perte de masse osseuse s’amorce, telle qu’on l’observe naturellement chez les femmes au cours des années qui précèdent la ménopause. Pour en savoir plus, consulter notre fiche Ménopause. Par ailleurs, dans le cas des hommes dont l’ostéoporose découle d’une déficience en testostérone (hypogonadisme), on recourt parfois à une hormonothérapie aux androgènes. Ce type d’hormonothérapie comporte également des risques, comme un accroissement du risque de cancer de la prostate.

    Chirurgie

    En cas de fracture de la hanche, une intervention chirurgicale est souvent nécessaire pour reconstruire la hanche.

    En cas d’hyperparathyroïdie, l’ablation des glandes parathyroïdes permet d’améliorer la densité minérale des os.

    Suppléments de calcium et de vitamine D

    Le médecin propose parfois la prise de suppléments de calcium et de vitamine D. L’apport encalcium tiré de l’alimentation et au besoin d’un supplément devrait atteindre 1 200 mg par jour. La dose de vitamine D proposée varie entre 800 UI et 2 000 UI (20 à 50 µg) par jour, selon le cas.

    La mesure du taux sanguin de vitamine D (le 25-hydroxycholecalciférol) est habituellement suggérée aux personnes qui reçoivent un traitement pharmacologique contre l’ostéoporose. Le médecin peut ainsi connaître la posologie optimale des suppléments de vitamine D.

    Alimentation

    Tel que décrit en prévention, il est bon d’augmenter son apport en aliments riches en calcium et en vitamine D. Il faut aussi veiller à avoir un apport adéquat en protéines, et privilégier une diète alcaline (riche en fruits et légumes).

    Pour des conseils pratiques, consulter notre diète spéciale: Ostéoporose.

    Exercice physique

    Les bienfaits de l’exercice physique sont nombreux :

    • préserver la mobilité et l’équilibre;
    • prévenir les chutes;
    • ralentir la perte de masse osseuse;
    • réduire les douleurs causées par une fracture.

    Si l’on souffre d’ostéoporose, on doit consulter un médecin ou un kinésiologue avant de pratiquer toute forme d’activité physique. Le programme d’activité physique doit être progressif et bien adapté aux capacités. Les exercices des articulations portantes et les exercices contre résistance sont les plus bénéfiques. Pour plus de détails, voir la section Prévention.

    Prévention des chutes

    Divers facteurs augmentent le risque de chute chez les personnes âgées, tels :

    • la perte de force musculaire;
    • les problèmes d’équilibre;
    • les troubles visuels;
    • la prise de certains médicaments (par exemple, les somnifères, les anxiolytiques, certains antidépresseurs et certains médicaments contre les allergies).

    Maintenir une bonne masse musculaire et améliorer la souplesse et l’équilibre sont les meilleures façons d’éviter les chutes. La consultation d’un ergothérapeute permet d’aménager le lieu de vie de façon à réduire ce risque.

     

    À appliquer au quotidien

    Avoir une bonne posture : redresser la tête et garder le haut du dos bien droit, tout en maintenant les épaules en arrière et le bas du dos cambré.

     - Soutenir le cou à l’aide d’un petit coussin lorsqu’on est assis dans un fauteuil ou que l’on conduit.

     

    Manipuler correctement les charges lourdes : éviter de pencher le haut du corps pour saisir et soulever une charge; plier plutôt les genoux et garder le dos droit pendant qu’on la déplace.

    Pour éviter les chutes, mettre un tapis antidérapant dans la baignoire; porter des souliers à talons plats et à semelles antidérapantes; se méfier des carpettes, des surfaces glissantes et des fils électriques qui traînent, etc.

    Faire attention aux chiens et aux chats, car leur comportement parfois imprévisible peut occasionner des chutes.

    L’opinion de notre médecin

    La lutte contre l’ostéoporose doit s’inscrire dans un plan global de prévention des fractures. Selon des études japonaises menées auprès de personnes âgées qui vivent en institution, porter des coussins aux hanches peut être aussi efficace pour prévenir des fractures que les médicaments contre l'ostéoporose! Tous les moyens de prévenir les fractures doivent être envisagés, selon les possibilités de chacun.

    Selon plusieurs études récentes, les gens qui ont fait une dépression sont plus à risque d’ostéoporose. Pour l’instant, nous ne savons pas de quelle façon ces 2 situations sont reliées. Mais des recherches sont en cours. Les résultats devraient nous permettre de mieux comprendre, puis d’empêcher ce phénomène.

    Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

    Révision médicale (novembre 2010) : Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

    Approches complémentaires

    En prévention des fractures

    Efficace

    Tai-chi (réduire le risque de chute et améliorer l’équilibre des personnes âgées)

    Voir la légende des symboles

    Efficacité probable

    Ipriflavone

    Efficacité possible

    Vitamine K

    Efficacité incertaine

    Bore, collagène, DHEA, graines de lin, magnésium, soya (isoflavones), trèfle rouge

    Usage traditionnel

    Prêle des champs

    Efficace Tai-chi. Une revue systématique regroupant 7 études cliniques avec répartition aléatoire, et comprenant 1 972 personnes, a été publiée en 200827. Les auteurs concluent que le tai-chipeut réduire les chutes ou les risques de chute chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Cependant, pour être efficace, le tai-chi doit être pratiqué avec régularité. L’effet préventif est moins marqué chez les personnes très âgées ou frêles.

    Efficacité probable Ipriflavone. Des données provenant de très nombreux essais cliniques montrent que l’ipriflavone, prise avec un supplément de calcium de 1 000 mg, peut prévenir l’ostéoporose chez les femmes ménopausées. Il semble également qu’elle puisse ralentir ou contrer la perte osseuse des personnes atteintes d’ostéoporose, y compris lorsque celle-ci est causée par certaines maladies.
    Dosage

    Prendre 600 mg par jour, en 2 ou 3 prises, en association avec un supplément de 1 000 mg de calcium.
    Mise en garde

    Bien que l’ipriflavone soit en vente libre en Amérique du Nord, son usage nécessite le suivi d’un professionnel de la santé en raison de ses effets possiblement immunodépresseurs chez certaines personnes. Voir la fiche Ipriflavone.

    Efficacité possible Vitamine K. Des études épidémiologiques ont permis d’observer un lien entre un faible apport alimentaire en vitamine K et une densité osseuse réduite, ainsi qu’un risque plus élevé de fractures14-16. La plupart de ces études ont été réalisées au Japon. Les résultats sont prometteurs, mais doivent être confirmés par des essais effectués auprès des Occidentales. 
    Dosage

    Les données sont insuffisantes pour suggérer un dosage thérapeutique. Au cours de quelques études menées auprès de sujets occidentaux, on a utilisé de 200 µg à 1 000 ug (1 mg) de vitamine K1 par jour. Au cours d’essais menés au Japon, on a fréquemment employé 45 mg de vitamine K2 par jour (une dose très élevée).

    Efficacité incertaine Bore. Les résultats de 3 études préliminaires menées auprès de femmes ménopausées (30 sujets en tout) indiquent que la prise de suppléments de bore peut améliorer l’absorption du calcium et ainsi réduire la perte de densité osseuse17-19.

    Efficacité incertaine Collagène. La prise de collagène pourrait augmenter et prolonger l’effet bénéfique sur la masse osseuse de la calcitonine, une hormone couramment prescrite pour contrer la perte osseuse20. Cette hypothèse se base sur un essai clinique mené auprès de 108 femmes ménopausées souffrant d’ostéoporose.

    Efficacité incertaine DHEA. La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone stéroïdienne anabolisante que les glandes surrénales des humains et de quelques primates supérieurs synthétisent à partir du cholestérol. Avec l’âge, le corps en produit de moins en moins. Les quelques études réalisées jusqu’à présent laissent croire que la prise de DHEA sous forme de supplément peut contribuer à conserver la masse osseuse. Voir la fiche DHEA.

    Efficacité incertaine Graines de lin. On s’est intéressé à l’utilité des graines de lin pour contrer la perte osseuse qui survient à la ménopause, mais les résultats ne sont, dans l’ensemble, pas concluants21-24.

    Efficacité incertaine Magnésium. Des recherches ont établi une association entre l’apport en magnésium(aliments et suppléments) et la densité osseuse25. Elles suggèrent que la carence en magnésium contribue à l’ostéoporose26. Les études cliniques portant sur les effets de la prise de suppléments sont toutefois rares.

    Efficacité incertaine Soya (isoflavones). Le rôle des isoflavones dans la prévention de l’ostéoporose est encore très controversé. Si les données épidémiologiques montrent une corrélation entre l’apport alimentaire en isoflavones et la densité osseuse, l’effet bénéfique s’exercerait surtout au moment de la préménopause et peu après la ménopause. La variabilité des protocoles de recherche, du nombre de sujets et de la durée des études rend difficile l’interprétation des résultats.

    Efficacité incertaine Trèfle rouge (Trifolium pratense). Il semble que les isoflavones du trèfle rouge soient capables de réduire la perte de densité minérale osseuse des femmes en périménopause ou en postménopause28-30. Ces résultats prometteurs devront être confirmés par d’autres études.

    Usage traditionnel Prêle des champs (Equisetum arvense). Traditionnellement, les parties aériennes de cette plante étaient utilisées pour prévenir la perte osseuse, ou aider à la guérison des foulures ou des fractures. En Italie, le supplément Osteosil® Calcium, qui contient du calcium et de la prêle des champs, est utilisé pour traiter l’ostéoporose et les fractures.

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Image qui suit la souris