• Pourquoi le perroquet répète-t-il ce qu'on dit ?

    Pourquoi le perroquet répète ce que l’on dit ?

    Très social, particulièrement bavard, le perroquet a d’étonnantes capacités d’imitation. Ce phénomène n’est pas unique dans le monde des volatiles. Ainsi, l’oiseau-lyre ou le mainate présentent les mêmes facultés.

     

    Perroquet (PURESTOCK/SIPA)

    Perroquet (PURESTOCK/SIPA)

    En forêt tropicale, son habitat naturel, il vit dans un  brouhaha ambiant. Il doit apprendre à dissocier les cris de ses congénères, tout aussi volubiles que lui, et trouver un(e) partenaire avec qui il restera quasiment à vie. Pour cela, il développe une écoute formidable.

    Par ailleurs, son langage s’assimile à un véritable moyen de défense. Sa capacité d’imitation lui permet ainsi de leurrer certains prédateurs. Très attentifs, les perroquets s’avertissent en cas de danger. De ce fait, on dispose de très peu d’études sur le langage naturel  de ces oiseaux qui vivent au faîte des arbres : quand les humains s’approchent, ils se donnent l’alerte en criaillant.

    Du fait de leurs dons d’imitateur, leur appétence sociale et leur fidélité à l’"être élu", on peut apprendre aux perroquets à reproduire la parole humaine. En règle générale, il est préférable (mais pas nécessaire) que le perroquet soit jeune. Mais certaines espèces et surtout certains individus sont plus ou moins doués :

     

    - Les grands aras, par exemple, communiquent dans une gamme d’audition différente de la nôtre : ils ne peuvent donc que répéter certains cris ;

     

    - Le perroquet amazone d’Amérique du Sud ou le jacquot africain sont considérés comme plus compétents.

    Mais tous ne sont pas aussi "intelligents" que le défunt Alex, qui avait appris à compter et possédait un large panel de mots, grâce à l’éthologue Irene Pepperberg.

    Perroquet, habitat protégé dans la forêt classée d'El Yunque, Luquillo, Puerto Rico, le 23 juin 2011 (R.Arduengo/SIPA)

    Perroquet, habitat protégé de la forêt d'El Yunque, Luquillo, Puerto Rico, le 23 juin 2011 (R.Arduengo/SIPA)

    Pour apprendre à parler à un perroquet, il faut être doté d’une patience infinie et le faire répéter maintes fois, tout en veillant à ce que l’oiseau ne se lasse pas trop. L’histoire drôle de l’humoriste Fernand Raynaud n’est pas si éloignée de la vérité et illustre bien la persévérance dont il faut faire preuve :

    Une vieille dame oublie un rendez-vous avec le plombier et laisse seul chez elle son perroquet. Le plombier arrive et sonne. Derrière la porte, le perroquet, coutumier de cette situation, imite sa maîtresse et interroge : "Qui c’est ?" Réponse : "C’est le plombier." La scène se répète de très nombreuses fois, jusqu’à ce que le plombier n’en puisse plus... et s’évanouisse. À ce moment, la vieille dame revient et demande qui est cet homme à terre. "C’est le plombier", rétorque aussitôt le perroquet.

    Attention, même si le perroquet atteint une intelligence du niveau de celle des grands singes, il reste dans le concret et ne manie pas la grammaire. Il associe des mots aux objets ou personnes. On dit qu’il parle "en situation", tel un acteur sur une scène.

    De même, un perroquet qui a appris l’anglais, s’il se retrouve avec un perroquet initié à l’espagnol, n’arrive pas à le comprendre et les deux volatiles finissent immanquablement par se voler dans les plumes. Ils ne peuvent plus retrouver un langage commun de perroquet, mélange d’inné et surtout d’acquis au sein d’une troupe.

    Ce n’est pas pour rien que le perroquet vit une cinquantaine d’années. Sa longévité lui permettra peut-être, si vous en avez la patience, d’apprendre votre langue et de s’attacher à vous. Si tant est que vous ne le faites pas vivre dans le silence ! Il en a horreur.

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Image qui suit la souris