• Qui est François Hollande ?


    François Hollande est né le 12 août 1954 à Rouen (Seine-Maritime) dans une famille de la bonne bourgeoisie de province.
    Son père, Georges Hollande, est médecin ORL. Futur candidat sur une liste Algérie Française, il est plutôt conservateur et vote à droite. Sa mère, née Nicole Tribert, est assistante sociale, catholique de gauche. Il a un frère, Philippe, de deux ans son aîné.
    Il passe une enfance sans problèmes à Bois-Guillaume, ville résidentielle située près de Rouen. Il est élève au Pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle de Rouen et joue ailier droit au Footbal Club de la même ville. En 1968, ses parents s’installent à Neuilly-sur-Seine, la banlieue huppée de Paris. Il se retrouve au Lycée Pasteur, joue toujours au foot et a entre autres pour copains Christian Clavier et Thierry Lhermitte.
    Côté études supérieures, François Hollande suit un parcours sans faute: licence de droit à la Fac de droit de Paris, diplôme de l’Institut d’Études Politiques (IEP) et de l’École des Hautes Études Commerciales (HEC). Après un service militaire où il se lie notamment avec Michel Sapin, fan de foot comme lui, il intègre l’École Nationale d’Administration (ENA), d’où il sort 7e de la promotion Voltaire (1978-80). Partout où il passe, il est délégué de classe ou représentant syndical de l’UNEF.
    Il adhère au Parti Socialiste en 1979. À l’ENA, il rencontre Dominique de Villepin, Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Pierre Jouyet, qui deviendra son meilleur ami, et surtout Ségolène Royal, qui deviendra elle sa compagne et la future mère de ses quatre enfants. En 1980, alors qu’il entame sa carrière comme Auditeur à la Cour des comptes, il persuade cette dernière de se mettre au service du candidat de gauche dont il préside le comité de soutien, François Mitterrand, qui est élu Président de la République le 10 mai 1981.
    Soutenu par Jacques Attali et Jacques Delors, François Hollande est propulsé chargé de mission à l’Elysée pour les questions économiques. Son nom est également proposé pour défier Jacques Chirac aux élections législatives de juin 1981 dans la circonscription d’Ussel, en Corrèze. Le jeune militant socialiste de 26 ans est battu au premier tour (il recueille 26% des suffrages contre 51% pour le président du RPR), mais sa première campagne électorale lui fait connaître et aimer cette région du plateau de Millevaches.
    En 1983, il devient chef de cabinet de Max Gallo, à l’époque secrétaire d’Etat et porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy, puis de Roland Dumas. La même année, il est élu Conseiller municipal d’Ussel. En 1984, il devient Conseiller référendaire à la Cour des comptes. Parallèlement, il seconde Julien Dray à SOS-Racisme.
    Après la réélection de François Mitterrand, en 1988, François Hollande devient Secrétaire de la Commission des Finances et du Plan et Rapporteur du Budget de la Défense. Intronisé à Tulle (Première circonscription de Corrèze), il y est élu député avec près de 53 % des suffrages exprimés. Il lance, avec d’autres pourfendeurs des divisions du PS comme Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Mignard et Jean-Michel Gaillard, les « transcourants », qui deviendront plus tard l’association « Démocratie 2000″. Il commence également à donner de brillants cours d’économie aux troisièmes années de l’IEP de Paris, où il enseignera jusqu’en 1991.
    Lors du Congrès de Rennes de 1990, où il soutient la motion Mauroy-Mermaz-Jospin, cet homme de compromis tout en rondeur, généralement considéré comme un « gentil organisateur » technocrate, surprend par ses vives critiques contre les barons du Parti Socialiste. En décembre 1992, il est nommé Président du Conseil Consultatif des Personnes Handicapées. Il perd son mandat de député socialiste de Corrèze lors des législatives de 1993. Magistrat de la Cour des comptes, il dispose d’une équivalence qui lui permet de travailler quelques mois comme avocat dans le cabinet de son ami Jean-Pierre Mignard.
    L’année suivante, il devient Secrétaire national du PS, chargé notamment des questions économiques. Il tente de recoller les morceaux d’un parti qui commence sérieusement à se diviser, mais il est marginalisé, même si le patron du PS, Lionel Jospin, le nomme porte-parole de sa campagne présidentielle, puis du parti en octobre 1995. Son mentor reste Jacques Delors, pour lequel il anime le club « Témoins ». Il regrette beaucoup que le président de la Commission Européenne renonce à se présenter à la présidentielle de 1995, remportée par Jacques Chirac.
    Lionel Jospin, qui le considère comme « le meilleur, le plus brillant et le plus politique » de tous les responsables socialistes, le remet en selle en 1997 en le nommant, à sa grande surprise, porte-parole de son gouvernement de cohabitation. Excellent orateur, blagueur et convivial, il mutiplie les bons mots et sait se faire apprécier des journalistes. Il met en musique la politique du Premier ministre et orchestre la gauche plurielle de l’époque, en prenant bien soin de ne pas menacer les éléphants du PS. Il refuse d’être parachuté dans une circonscription facile et parvient à reconquérir son siège de député de Corrèze en juin 1997 avec 54% des suffrages exprimés. Le 27 novembre de la même année, il succède à Lionel Jospin au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste. De 1998 à 2001, il occupe parallèlement la fonction de Vice-président du Conseil régional du Limousin.
    En 1999, après quelques hésitations, François Hollande se lance comme tête de liste dans la bataille des élections européennes. Il est élu député européen mais démissionne six mois après, préférant se consacrer à son mandat de député de Tulle. La même année, il devient vice-président de l’Internationale Socialiste.
    En mars 2001, il est élu avec 53% des voix Maire de Tulle, fonction qu’il exercera jusqu’en mars 2008. Il abandonne son poste de Vice-Président du Conseil régional.
    Lors de l’élection présidentielle d’avril 2002, qui voit un duel entre Jean-Marie Le Pen (Front National) et Jacques Chirac (RPR), Lionel Jospin ayant été éliminé dès le premier tour, François Hollande appelle immédiatement à voter pour Jacques Chirac. Il reste aux commandes du Parti Socialiste, mène la campagne des législatives et, malgré la défaite de la gauche, sauve son siège de député de Corrèze en juin 2002 avec 53% des suffrages exprimés. Au Congrès de Dijon, l’année suivante, il est confortablement réélu Premier Secrétaire du PS. À la suite des larges victoires socialistes aux élections régionales — le PS remporte 20 des 22 régions de métropole plus la Guadeloupe — et européennes de 2004, il parvient à s’imposer à la tête de l’opposition, même si sa figure peine à s’imposer dans l’opinion.
    En 2005, après avoir organisé un référendum interne au PS, il prend position pour le « Oui » au traité de Constitution européenne et s’oppose à plusieurs leaders du parti, dont notamment Laurent Fabius. Il se trouve toutefois sérieusement affaibli le soir du référendum du 29 mai 2005 avec le rejet de la Constitution européenne par les Français, en particulier de gauche. Le 24 novembre suivant, lors du Congrès du Mans, François Hollande, candidat unique, est cependant réélu Premier Secrétaire du PS avec près de 77% des voix sur une motion soutenue entre autres par Martine Aubry, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal, Julien Dray et Bertrand Delanoë.
    Il parvient à obtenir une synthèse de la majorité des courants, mais cette unité de façade ne parvient pas à masquer les profondes divisions du parti. En juillet 2006, il fait approuver le programme officiel du PS pour les élections présidentielle de 2007 mais les candidatures socialistes se multiplient, dont celles d’appétits voraces comme Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Arbitre de la compétion interne, il n’est pas en bonne posture pour obtenir l’investiture du parti. Ce d’autant plus que sa compagne, Ségolène Royal, qui a entre temps déroulé sa propre carrière politique et a même été Ministre de François Mitterrand, monte en puissance. Très médiatisée, c’est elle qui remporte la primaire socialiste, avant de perdre finalement l’élection présidentielle de mai 2007 face à Nicolas Sarkozy.
    Le 17 juin 2007, jour du second tour des élections législatives où il est réélu député de la circonscription de Tulle avec 60% des voix, une dépêche AFP annonce la séparation du couple Hollande / Royal, après vingt huit ans de vie commune et quatre enfants (Thomas, né en1984, Clémence, née en 1986, Julien, né en 1987, et Flora, née en 1992). Valérie Trierweiler, journaliste politique à Paris-Match et à Direct8, est présentée dans la presse people comme sa nouvelle amie et maîtresse.
    En mars 2008, il gagne le Canton de Vigeois, est élu Conseiller général de Corrèze avec près de 55% des suffrages exprimés et devient Président de cette administration. Sa liste remporte également les élections municipales avec un score de 72% des suffrages exprimés, mais il laisse son fauteuil de Maire de Tulle à l’un de ses proches, Bernard Combes.
    En novembre 2008, à la suite du congrès de Reims et après onze années passées à la tête du Parti Socialiste, François Hollande, qui soutenait la candidature de Bertrand Delanoë, doit cèder la place de Premier Secrétaire à Martine Aubry.
    En 2009, il lance l’association « Répondre à gauche », un groupe de travail qui cogite sur les questions de production économique, de redistribution sociale et d’éducation, en vue de l’élection présidentielle de 2012. Lui-même prépare également son propre programme de campagne… tout en maigrissant de dix kilos afin d’effacer son image de rondouillard un peu mou.
    Le 31 mars 2011, après avoir patiemment attendu les cantonales et sa réélection à la tête du Conseil général de Corrèze, il se déclare officiellement candidat aux primaires socialistes qui auront lieu en octobre prochain, première étape avant une éventuelle investiture du PS pour la présidentielle de 2012. Un mois plus tard, le 27 avril, il lance sa campagne lors d’un premier meeting offensif qui réunit quelque 900 miltants socialistes à Clichy-La-Garenne (Hauts-de-Seine), à l’endroit même où François Mitterrand s’était exprimé peu avant sa victoire du 10 mai 1981. Sur le thème d’un « rêve français », il y avance ses propositions sur la fiscalité, le pouvoir d’achat, le logement, l’éducation, la décentralisation et surtout la jeunesse, qu’il place au coeur de son projet présidentiel, avant de déclarer que « Rien ne me fera renoncer ».
    Longtemps accusé de manquer de charisme et d’idées, affligé de surcroît par Les Guignols de l’Info d’une image de Schtroumpf « Lou Ravi » qui lui colle encore à la peau, François Hollande entend bien en effet faire entendre sa voix de social-démocrate de gauche dans la course à l’Elysée. Sa montée en puissance dans les sondages, les soutiens de son réseau de la rue de Solférino (Bruno Le Roux, Stéphane Le Foll, Faouzi Lamdaoui, Kader Arif,…) même s’il n’appartient pas vraiment à un courant précis du PS, et les vives critiques émises par les partisans du candidat non-déclaré Dominique Strauss-Kahn agacés par sa percée montrent qu’il commence à être pris au sérieux.

    À partir du 15 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn étant mis hors jeu suite à son affaire de viol, François Hollande s’impose comme le nouveau favori dans la course à la primaire du Parti Socialiste. Tous les sondages le donnent loin devant Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et les autres. Une enquête d’opinion IFOP en date du 25 mai indique que 41% des sympathisants de gauche souhaitent le voir désigné comme candidat à la présidentielle, contre 28% pour Martine Aubry et 10% pour Ségolène Royal. Pour les Français, il est le candidat socialiste qui incarne le mieux l’héritage de François Mitterrand et de la gauche. L’ancien Président de la République Jacques Chirac lui-même confie à la presse qu’il « votera François Hollande » en 2012.
    François Hollande est l’auteur ou co-auteur de plusieurs livres politiques, dont notamment La Gauche bouge (ouvrage collectif écrit sous le pseudonyme de Jean-François Trans, Éditions Jean-Claude Lattès, 1985); L’Heure des choix: Pour une économique politique (écrit avec Pierre Moscovici, Éditions Odile Jacob, 1991); L’Idée socialiste aujourd’hui (Ouvrage collectif, Éditions Omnibus, 2001); Devoirs de vérité (entretiens avec Edwy Plenel, Éditions Stock, 2006); Quelle VIe République ? (avec Jean-Luc Mélenchon, Christian Picquet et Arlette Laguiller, Éditions Le Temps des Cerises, 2007); Droit d’inventaires (entretiens avec Pierre Favier, Éditions du Seuil, 2009). Il a également rédigé les préfaces de Les Grands Discours Socialistes Français du XXe siècle de Mehdi Ouraoui (Éditions Complexe, 2007), Pourquoi pas le socialisme ? de Gerald Cohen (Éditions de L’Herne, 2010) et Le dernier Chirac de Bruno Dive (Éditions Jacob-Duvernet, 2011). Son livre de campagne, Un destin pour la France, doit paraître aux Éditions Fayard en août 2011.

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