• Tazmamart : découverte de 32 tombes

    Maroc: découverte de 32 tombes dans le célèbre bagne de Tazmamart

    Trente deux tombes portant des épitaphes ont été découvertes à l'intérieur du célèbre bagne de Tazmamart (sud-ouest) où avaient été internés de 1973 à 1991 des opposants au régime du roi Hassan II, a déclaré à l'AFP vendredi une source proche de l'Instance équité et justice (IER).
    La découverte a été faite par l'IER, instance créée en 2003 par le roi Mohammed VI pour régler les dossiers des graves atteintes aux des droits de l'Homme entre 1960 et 1999, a-t-on indiqué. Elle est dirigée par Driss Benzekri, lui-même un ancien détenu politique sous le règne de feu Hassan II.

    "Les 32 tombes ont été identifiées grâce à un archivage obtenu de l'armée. Le contrôle total de cette caserne, vidée de ces militaires, a été confié à l'IER", a indiqué la même source ajoutant qu'il s'agit de 30 militaires et de deux civils, sans publier les noms des victimes.

    L'Instance a remis le 30 novembre au roi Mohammed VI son rapport final sur les violations des droits de l'homme lors des "années de plomb" au Maroc. La teneur du rapport doit être rendue publiquement après que le roi en aura pris conaissance.

    "L'indentification des tombes et des noms a été facilitée grâce aux témoignages des gardiens de ce bagne", selon la même source.

    Cinquante huit militaires impliqués dans les coups d'Etat manqués en 1971 et 1972 ont été incacérés à Tazmamart dans des conditions effroyables, selon les témoignages de 28 rescapés de ce bagne.

    Parmi ces derniers figurent Ahmed Marzouki auteur de "Tazmamart, cellule 10", Abdellah Agaou, ainsi que trois civils français, les frères Bourequat René-Midhat, Bajazet-Jacques et Ali-Auguste.

    Ahmed El Ouafi, un autre survivant auteur d'un livre-témoignage "Opération Boraq F5, l'attaque du Boeing royal le 16 août 1972", avait estimé qu'"on n'écrira jamais assez sur ces deux décennies qui vont de 1971 à 1991 et qu'on appelle toujours années de plomb".

    "Si j'ai pris la décision d'écrire ce livre, c'est d'abord et avant tout en souvenir de tous mes compagnons du bagne infernal de Tazmamart qui, dans des conditions atroces, y ont perdu la vie", avait-il assuré lors de la parution de son livre en 2004.

    Par ailleurs, la source proche de l'IER a déclaré à l'AFP qu'un cimetière où avaient été inhumés des victimes des émeutes sociales de 1981 a été découvert près de celui des martyrs de Casablanca.

    Lors de ces émeutes à la suite de hausse des prix des principales denrées alimentaires, soixante-six personnes avaient été tuées par les forces de l'ordre, avait-on reconnu officiellement alors que les syndicats à l'époque chiffraient le nombre des victimes à des "centaines".

    Le cimetière découvert par l'IER abiterait 77 tombes individuelles, a indiqué à l'AFP la même source.

    "La tâche de l'IER a été falicitée par le témoignage de voisins du cimetière", a-t-on ajouté.

    Source : AFP