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    AVC : agir pour prévenir

    Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, un accident vasculaire cérébral se produit toutes les 5 secondes dans le monde. Mais une meilleure connaissance des éléments favorisant la survenue de cette maladie permettrait d’en réduire considérablement le retentissement. Au-delà des idées reçues et des fausses vérités, Doctissimo passe en revue les principaux facteurs de risque et de prévention.

    En France, plus de 120 000 personnes par an sont victimes d’un AVC et la moitié en gardera de graves séquelles. Les accidents vasculaires cérébraux peuvent résulter :

    AVC : agir pour prévenir

    •  De l’obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot, réduisant l’irrigation sanguine dans une zone cérébrale. On parle alors d’AVC ischémique ;
    • De la rupture d’un vaisseau, entraînant une hémorragie cérébrale. On parle dans ce cas d’AVC hémorragique, d’hémorragie cérébrale ou d’hématome cérébral.

    Découvrez les facteurs de risque et les moyens de prévention :

    L’âge, le sexe et l’origine ethnique

    Parallèlement au vieillissement de la population, le nombre d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) augmente et représente dès aujourd’hui un grave problème de santé publique.

    Le risque d'attaque cérébrale augmente avec l’âge. Ainsi, près des trois quarts des malades ont plus de 65 ans. Et après 50 ans, l’incidence double tous les 10 ans. Selon l’association France AVC, le nombre d’AVC par an est estimé en fonction de l’âge :

    Age

    Estimation du nombre d’AVC par an
     pour 100 000 habitants

    15 à 45 ans

    10 à 30

    55 à 64 ans

    170 à 360

    65 à 74 ans

    490 à 890

    A partir de 75 ans

    1 350 à 1 790


    Source : France AVC

    Chez les personnes jeunes, les AVC bien que peu nombreux touchent indifféremment hommes et femmes.

    Néanmoins, les hommes sont plus menacés que les femmes, ceci à des âges moins avancés. Mais la gent féminine meurt plus fréquemment de ce type de maladies. Le risque pour les femmes augmente à l’approche de la ménopause et continue ensuite de croître. La baisse des hormones sexuelles (estrogènes) pourrait jouer un rôle aggravant. Néanmoins, le bénéfice lié au traitement hormonal substitutif de la ménopause sur la prévention des maladies cardiovasculaires et des attaques cérébrales est toujours l’objet de débat.

    Selon différentes études américaines1,2, il apparaît que les Afro-américains et les hispaniques ont plus de risques d’ictus cérébraux que les personnes d’origine caucasienne.

    1 - Stroke. 2001 Aug;32(8):1725-31.
    2 - BMJ 1999; 318: 967-971.

    L'hypertension artérielle

    L’hypertension1,2 est connue depuis longtemps comme le plus important facteur de risque pour les accidents vasculaires ischémiques ou hémorragiques. Les résultats varient selon les études, mais il semblerait que ce risque est multiplié par deux à quatre chez un patient hypertendu, bien que cette aggravation diminue avec l’âge.

    Cependant, la moitié des patients hypertendus ne sont pas conscients leur état et parmi les autres, la moitié ne se soigne pas… Equilibrer la tension artérielle constitue ainsi une priorité en matière de prévention des accidents vasculaires cérébraux. Cet objectif passe par des traitements médicamenteux mais également par une alimentation saine, la surveillance de son poids, et la pratique régulière d’exercice physique.

    1 - Neurology 2001;57(5 Suppl 2):S31-4
    2 - Stroke 2001;32:1926

    Le tabagisme

    Le risque lié au tabagisme est proportionnel à la consommation de cigarettes. La cigarette multiplie le risque normal par près de deux1,2. Néanmoins, le sevrage tabagique est rapidement suivi d’un retour à la normale. Le tabagisme passif pourrait également figurer au rang des coupables.

    1 - Neurology 2001;57(5 Suppl 2):S31-4
    2 - Stroke 2001;32:1926

    L’alcool, le café et les drogues

    Contrairement au tabagisme, l’influence de la consommation d’alcool n’est pas évidente. Il semblerait que son effet soit lié à la dose. Une faible consommation (entre un et deux verres de vin par jour) pourrait avoir un effet protecteur. Une étude ciblant l’action d’une consommation modérée d’alcool chez les jeunes femmes a récemment conclut à une réduction du risque d’accident vasculaire ischémique1.

    A l’inverse, une consommation excessive d’alcool pourrait multiplier le risque d’AVC par près de trois.

    De la même manière, une consommation excessive de café (plus de trois tasses par jour) pourrait contribuer à augmenter le risque d’AVC chez les hommes âgés souffrant d’hypertension2. Les auteurs suggèrent qu’il serait prudent de conseiller aux sujets hypertendus de réduire leur consommation de café.

    Enfin, la cocaïne3 et les stéroïdes3 augmenteraient le risque d’AVC, en particulier chez les hommes jeunes.

    1 - Stroke 2001;32:77
    2 - J Clin Epidemiol 1998 Jun;51(6):487-94
    3 - Arch Phys Med Rehabil. 1988 Aug;69(8):632-3.

    Les maladies vasculaires et les opérations de chirurgie cardiovasculaires

    Le risque d’attaque cérébrale est augmenté lors d’opérations chirurgicales pratiquées sur les artères coronaires, pontages1ou angioplastie. Ce risque est d’autant plus important que les patients présentent d’autres facteurs de risques : hypertension, diabète, etc.

    Un infarctus augmente également le risque d’attaque cérébrale dans un futur proche.

    Portant sur plus de 18 000 patients, une récente étude américaine2 a permis de mettre en évidence une aggravation du risque d’AVC suite à un pontage coronarien (implantation d’une veine ou une artère servant de pont entre l’aorte et la partie du vaisseau coronaire située en aval de l’obstruction). Les personnes ayant subi un pontage coronarien dans les deux semaines suivant leur infarctus ont deux fois plus de risques d’AVC que ceux chez qui l’opération n’est pas pratiquée ou après un délai plus important.

    Le fait d’avoir été victime d’une attaque cérébrale prédispose à une récidive. Mais la minimisation des facteurs de risques environnementaux et une prise en charge adaptée permettent de réduire ce risque.

    1 - Stroke 2001;32:1508
    2 - Circulation 2001 Jul 17;104(3):269-74

    L’excès de poids, l’obésité et la sédentarité

    L’obésité est un facteur de risque important dans la survenue de maladies cardiovasculaires et d’attaques cérébrales. Un excès de poids entraîne une sollicitation plus importante du coeur, une augmentation de la tension artérielle, du taux de cholestérol et des triglycérides et favorise la survenue de diabète.

    Tout comme pour les maladies cardiovasculaires, il semblerait que l’obésité abdominale constitue un facteur de risque1.

    La pratique régulière d’une activité physique2 possède un effet protecteur vis-à-vis des attaques cérébrales. Chez les jeunes femmes, l’activité physique8 même modérée comme la marche est associée à une réduction du risque d’accident ischémique. La réduction du risque est proportionnelle à l’activité physique. Une demi-heure de marche par jour diminue les risques d’AVC de près de 30 %.

    1 - Eur Neurol 1999;42(3):150-6
    2 - JAMA. 2000;283:2961-2967

    Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes

    Le cholestérol est un facteur de risque important de maladie cardiovasculaire et d’attaque cérébrale. En excès, il se dépose sur la paroi des artères et réduit leur calibre en formant des plaques, favorisant par la même occasion l’apparition de caillot (thrombose). Ce caillot peut migrer vers le cerveau et être à l’origine d’un accident vasculaire cérébral ischémique. Quand le sang ne passe plus, les cellules, privées d’oxygène, meurent. Pour réduire son taux de mauvais cholestérol (LDL cholestérol), une alimentation riche en légumes verts et en fruits et pauvre en graisse est conseillée.

    A l’inverse, le bon cholestérol (HDL-Cholestérol) semblerait posséder un effet protecteur1. Pour en savoir plus sur le bon et le mauvais cholestérol, reportez-vous à notredossier sur les maladies cardiovasculaires.                   

    Un régime riche en potassium2 pourrait avoir un effet protecteur vis-à-vis des attaques cérébrales. Les personnes ayant un régime pauvre en potassium (moins de 1 500 mg/jour) ont 28 % de risque supplémentaires. Certains aliments sont particulièrement riches en potassium comme les bananes, le jus d’orange, les avocats ou les artichauts. Néanmoins, les scientifiques à l’origine de ces résultats précisent qu’une alimentation riche en potassium pourrait n’être que le reflet d’un mode de vie plus sain : régime équilibré et activité sportive, dont les effets protecteurs ne sont plus à démontrer.

    La concentration sanguine en vitamine C est inversement proportionnelle au risque d’attaque cérébrale3. Cette relation a été mise en évidence pour des accidents ischémiques ou hémorragiques.

    Une forte consommation de poisson et d’acides poly-insaturés Omega 3 est associée à une diminution du risque d’accident ischémique, particulièrement chez les femmes ne prenant pas régulièrement d’aspirine4. Aucune corrélation n’a cependant été notée vis-à-vis des accidents hémorragiques.

    Et que dire de l’effet du sel sur la tension ? Possède-t-il la même mauvaise réputation vis-à-vis des AVC ? Bien que le débat soit loin d’être clos, la nécessité de diminuer la consommation de sel semble incontournable. Des chiffres ont récemment défrayé la chronique. Selon Pierre Menneton5, chercheur à l’INSERM, le sel serait en effet, responsable de plus de 75 000 accidents cardiovasculaires et de 25 000 morts chaque année en France. L’hypertension étant l’un des facteurs de risque les plus importants, on peut suspecter les mêmes conséquences concernant les attaques cérébrales.

    1 - JAMA. 2001;285:2729-2735
    2 - Stroke 2001 Jul;32(7):1473-80
    3 - Stroke. 2000 Oct;31(10):2287-94
    4 - JAMA. 2001;285:304-312
    5 - L’excès de sel, rapport remis par Pierre Menneton (Inserm U 367) à l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) en février 2000 et repris par le magazine Le Point du 15 février 2001.

    La contraception orale

    La prise d’une contraception hormonale avec de fortes doses d’estrogènes est associée à une augmentation du risque d’attaque cérébrale. De faibles doses d’estrogènes (pilules micro dosées) semblent associées à une faible augmentation du risque. Concernant le risque propre des pilules de troisième génération, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS)1 déclare que "d’après 5 études épidémiologiques récentes2-6 et une méta-analyse de 16 études épidémiologiques, le risque d’accident vasculaire cérébral ischémique augmente légèrement en fonction de la dose d’oestrogène. Aucune différence nette n’a été mise en évidence en fonction du type de progestatif contenu dans la pilule".

    Cependant l’association d’une contraception orale chez une femme migraineuse et fumeuse représente un risque nettement plus important.

    1 - rapport public d’évaluation du comité des spécialités pharmaceutiques (CSP) - contraceptifs oestroprogestatifs et risque thromboembolique veineux - 28 septembre 2001
    2 - BMJ 6 Dec 1997; 315: 1502-1504.
    3 - Ann Intern Med 1997; 127: 596-603.
    4 - Contraception May 1998;57(5): 303-314.
    5 - Lancet. 1999; 354: 301-302.
    6 - Lancet 1999; 354:302-303.

    La migraine

    Différentes études ont établi qu’il y avait plus de migraineux chez les personnes ayant été victimes d’un AVC. Cependant, de telles observations permettent-elle pour autant de considérer la migraine comme un facteur de risque ?

    Conduite par l’Organisation Mondiale de la Santé1, une vaste étude réalisée auprès de cinq centres européens a permis d’établir le lien entre migraine et attaques cérébrales chez les femmes de 20 à 44 ans. Passant en revue les 291 cas d’attaques cérébrales, les chercheurs ont établi que les migraines augmentent les risques d’accidents vasculaires ischémiques mais pas d’accidents hémorragiques.

    La coexistence d’une contraception orale, d’une tension artérielle élevée et du tabagisme aurait un effet qui multiplierait le risque associé aux seules migraines. Schématiquement, on peut dire que migraine plus pilule multiplieraient le risque par 14, migraine plus tabac par 10, et l’association des trois par 35 !

    1 - BMJ 1999 Jan 2 ;318(7175) :13-8

    Le diabète

    L'hyperglycémie chronique des diabétiques endommage progressivement les petits vaisseaux sanguins qui peuvent s’obstruer. Si certaines parties de notre corps ne sont plus assez irriguées, elles peuvent mourir. L’excès permanent de sucre dans le sang engendre donc des complications telles la cécité, les insuffisances rénales, les neuropathies (atteintes des nerfs) des membres inférieurs et peut favoriser la survenue d’accidents vasculaires cérébraux.

    Le diabète est ainsi un facteur de risque important pour les accidents vasculaires cérébraux ischémiques1,2. Les malades ont deux fois plus de risque d’en être victimes. Une raison de plus pour les personnes souffrant de diabète de contrôler avec attention leur maladie.

    1 - Neurology 2001;57(5 Suppl 2):S31-4
    2 - Eur Neurol 1999;42(3):150-6

    Le stress, l’optimisme et les symptômes dépressifs

    Depuis de nombreuses années, les patients et les scientifiques ont soupçonné un lien entre le stress et la survenue d’une attaque cérébrale. Le stress peut être à l’origine d’une augmentation de la tension artérielle, et l’on sait que l’hypertension est un des facteurs de risque les plus importants.

    Néanmoins, une étude finlandaise1 apporte un nouvel éclairage sur le lien entre stress et AVC. Les scientifiques ont suivi 238 personnes présentant une forte tension artérielle sur plus de 10 ans et leur ont donné un test visant à évaluer leur réaction en condition de stress. Résultats : ceux qui firent l’expérience du plus grand stress ont près de deux fois plus d’AVC que ceux réussissant à conserver leur calme durant le test.

    Mais d’autres conditions psychologiques semblent représenter un facteur de risque. Les symptômes dépressifs sont parmi celles-ci. Pour y voir plus clair, des chercheurs japonais2ont ainsi suivi pendant plus de 10 ans une population de 901 hommes et femmes âgés de 40 à 78 ans. Parmi eux, 69 AVC ont été dénombrés. En isolant l’influence d’autres variables tels que la consommation de cigarette, l’indice de masse corporelle, l’âge, le sexe, la tension artérielle le taux de cholestérol, le diabète, etc., les scientifiques ont établi que des symptômes dépressifs (évalués par un test spécifique) peuvent constituer des indicateurs de futures attaques cérébrales, en particulier des accidents vasculaires ischémiques.

    Selon une récente étude3, l'optimisme pourrait prévenir les AVC. Une enquête épidémiologique a été conduite sur 2 478 personnes âgées de plus de 65 ans initialement en parfaite santé. Lors d'un entretien individuel, les chercheurs ont soumis les personnes à un questionnaire visant à déterminer leur équilibre émotionnel à travers 16 questions pessimistes (comme "Je pense que toute ma vie est un échec") et quatre optimistes (comme "Je suis plein d'espérance pour le futur"). Sur six ans, les chercheurs ont ensuite étudié les problèmes de santé rencontrés par ces seniors. Durant cette période, 340 attaques se sont produites dont 75 ont été fatales. En corrélant les réponses des patients et la fréquence de ces AVC, les auteurs ont pu identifier un effet protecteur variant avec le sexe des participants :

    Conséquence sur le risque d'AVC

    Réponse positive à une question pessimiste

    Réponse positive à une question optimiste

    Hommes

    + 9 %

    - 41 %

    Femmes

    + 3 %

    - 18 %

    Global

    + 4 %

    -26 %

    pLes autres facteurs de risques tels que le tabagisme, la consommation d'alcool, l'obésité, le manque d'exercice, l'hypertension, le diabète ont été pris en compte. Ainsi, l'interprétation a été "ajustée" pour que la seule influence de l'humeur soit prise en compte. Le mécanisme en jeu n'est peut-être qu'indirect : les personnes optimistes pratiquent plus souvent un exercice physique, ont une hygiène de vie plus saine et suivent plus volontiers leur traitement en cas de problème médical. Les chercheurs estiment que leurs résultats coïncident avec une précédente étude attribuant à une consommation modérée d'alcool un effet protecteur contre les AVC. Plus les personnes sont optimistes, plus elles sont capables de se limiter à une consommation modérée d'alcool, qui peut agir positivement sur leur humeur. La boucle est bouclée, il reste seulement à ne pas dépasser la dose prescrite…

    1 - Stroke 2001 Sep;32(9):2036-41
    2 - Stroke 2001 ;32 :903
    3 - Psychosomatic Medecine, 23 mars 2001

    Les ronflements et l’apnée du sommeil

    Le lien entre les ronflements et la survenue d’attaques cérébrales semble désormais établi. En effet, les ronflements constitueraient plus qu’une simple nuisance sonore. Les personnes dormant plus de huit heures par jour, ceux qui somnolent durant la journée et les gros ronfleurs ont plus de risques de contracter un ictus cérébral. 40 % des AVC interviendraient alors que la personne dort ou dans l’heure qui suit son réveil. Une telle observation1 a conduit les chercheurs à suspecter l’existence d’un lien entre des ronflements sévères et la survenue d’une attaque cérébrale.

    Selon des chercheurs américains2, les épisodes d’apnée du sommeil seraient à l’origine d’hypertension nocturne favorisant la survenue d’attaques cérébrales. Compte tenu de la forte prévalence de ce type de problèmes respiratoires durant le sommeil, les patients victimes d’AVC devraient procéder à une évaluation de ce problème.

    1 - Communication du Dr Douglas Bradley lors de la conférence internationale sur les accidents vasculaires cérébraux.
    2 - Stroke 2001 ;32 :1271

    L’hérédité

    Différentes études1-3 semblent établir qu’une histoire familiale d’accidents vasculaires cérébraux (en particulier chez le père) constitue un facteur de risque important. Certaines affections telles que l’arythmie par fibrillation auriculaire (anarchie de l’activité des oreillettes du coeur conduisant à une réduction de l’efficacité de ses contractions) peuvent être héréditaires. Les femmes âgées souffrant de ce type de problème semblent particulièrement à risque.

    En cas de risques familiaux supposés, il convient de veiller à minimiser autant que possible les facteurs de risque influençables.

    1 - Neurology 2001;57(5 Suppl 2):S24-30
    2 - Rev Neurol 1999 Nov 1-15;29(9):836-47
    3 - Stroke 1990 Nov;21(11 Suppl):III127-30

    Les infections (en particulier pulmonaires)

    Certaines infections bactériennes ou virales pourraient jouer un rôle aggravant vis-à-vis de l’artériosclérose et des maladies cardiovasculaires. Des mécanismes comparables pourraient être à l’oeuvre concernant les accidents vasculaires cérébraux. Une étude datant de 1998 a établi que les personnes hospitalisées pour attaques cérébrales étaient trois fois plus nombreuses à avoir été récemment victimes d’infections, généralement modérées et concernant l’appareil respiratoire. Ce lien serait plus marqué parmi les plus jeunes victimes.

    Cependant, une récente étude1 menée sur près de 400 personnes ne permet pas d’établir d’association entre une réponse immunitaire à une infection par Chlamydia pneumoniae et un risque d’accident vasculaire ischémique. De la même manière, les auteurs déclarent ne pouvoir conclure à un lien établi entre Helicobacter pylori et la survenue d’un AVC. Quatre mois plus tôt, la même revue se faisait l’écho d’une autre recherche2 qui confirmait le lien entre Chlamydia pneumoniae et un risque accru d’AVC… Autant dire que le débat est loin d’être clos.

    1 - Stroke 2001 Oct;32(10):2253-8
    2 - Stroke 2000 Jul;31(7):1521-5

    Les autres facteurs de risques

    Des chercheurs indiens ont présenté cette année lors du Congrès mondial de neurologie à Londres un bien étrange facteur de risque. A la lumière d’une centaine de cas, les scientifiques ont découvert que plus de la moitié des cas survenaient entre 5 et 9 heures du matin : l’heure à laquelle les sujets étaient aux toilettes. Selon les chercheurs, la position accroupie lors de la défécation augmenterait de manière significative la tension artérielle. Cet accroissement chez des personnes déjà hypertendues pourrait conduire à une attaque cérébrale.

    La connaissance des facteurs de risque et de prévention sont autant d'éléments permettant une réduction de la mortalité due aux accidents vasculaires cérébraux. Mieux informé, le grand public possède les éléments lui permettant de véritablement prendre sa santé en main.

    David Bême - Mis à jour le 16 janvier 2009

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Image qui suit la souris