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Capitale et majuscule

Capitale et majuscule

 

La capitale (du latin capitalis, « qui concerne la tête ») est un terme de typographie qui indique la casse à utiliser pour composer en « grandes lettres » dans les écritures dites bicamérales – celles qui opposent les capitales aux minuscules. Les alphabets qui emploient ces deux formes de lettres pour les langues européennes sont :  le latin, le grec, le cyrillique. Ainsi, dans ces alphabets, B est la capitale de b, de β et de в.

On appelle ces caractères lettres capitales car ils se trouvent en haut de la casse, c'est-à-dire la tête. Leur abréviation est « cap. ». Les minuscules, situées dans le bas de la casse, sont appelées lettre en bas de casse ou tout simplement bas de casse, en abrégé bdc.

La majuscule (du latin majuscula, « un peu grande », diminutif de major, plus grand) est un caractère au début de certains mots, noms et au début des phrases, selon l'usage propre à chaque langue. En fait, la majuscule ne s'oppose pas à la minuscule, mais la capitale s'oppose au bas de casse. Au début du mot, la lettre est une capitale initiale ou majuscule. 

Chaque langue à écriture bicamérale possède ses propres règles concernant l'emploi des majuscules. En français, par exemple, on n'écrit pas les noms de langues, de mois, de jours avec une majuscule ; l'anglais le fait cependant. En allemand, tous les noms communs prennent une majuscule. Le français n'admet pas les capitales à l'intérieur des noms, sauf dans le cas de certaines abréviations particulières comme l'OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle). On mettra à part les noms français qui sont d'origine canadienne comme DeLaRoche, DeLaRue, LaBonté, et les noms passés en anglais comme DuMaurier ou DuPont.



Certains digrammes, quand ils doivent être avec une majuscule, nécessitent une réflexion. Le français possède en effet des ligatures æ et œ. Ces graphies d'origine médiévale se retrouvent dans des mots d'origine latine ou grecque. En français, les graphies Aetius et Oedipe sont incorrectes ; les digrammes s'écrivent en effet Æ et Œ : Ætius et Œdipe. Le digramme æ constitue aussi une lettre à part entière en danois, rangée différemment dans l'ordre alphabétique.  En néerlandais, le digramme ou la ligature ij (correspondant à la diphtongue « eil » ici) s'écrit IJ en majuscule : IJsselmeer et non Ijsselmeer.

Les capitales sont utilisées pour écrire les chiffres romains bien que ces chiffres ne soient pas les lettres en question. Mais il est certains cas où l'on doit distinguer entre petites et grandes capitales. Par exemple, on écrit les siècles en petites capitales qui sont réglées sur la ligne de tête des bas de casse : le Ier siècle et non le Ier siècle. Cette distinction est aussi valable dans les divisions de la Bible. Le numéro du livre prend la grande capitale, le numéro du chapitre la petite.

 

Pour aller plus loin :

Quelle est la différence entre une majuscule et une capitale ?
 

La capitale désigne une lettre en haut de la casse. B est une lettre capitale. La majuscule est un caractère placé en début d'un mot, selon des règles.

La majuscule est de l'orthographe, la capitale de la typographie.

 

La phrase LONGTEMPS MARCEL S’EST COUCHÉ DE BONNE HEURE est écrite en capitales, mais seule la première et la dixième lettres sont majuscules.

 

Faut-il accentuer les majuscules et les capitales ?

Pour répondre précisément à la question, il ne serait pas inutile de rappeler la différence entre majuscule et capitale, car la langue courante confond ces deux notions. Il est vrai qu'elles se chevauchent très souvent en pratique.

Les mots s'écrivent le plus souvent avec des lettres dites minuscules. La majuscule, plus haute que la minuscule, est utilisée comme lettre initiale de certains mots pour les démarquer ou les distinguer (premier mot de chaque phrase, nom propre). L'expression « majuscule initiale » est le plus souvent un pléonasme, car la majuscule est normalement une lettre initiale. Outre la différence de hauteur, la majuscule diffère le plus souvent de la minuscule équivalente par sa forme.

En typographie, les minuscules sont habituellement représentées par une forme dite bas-de-casse et les majuscules par des lettres de forme différente appelées capitales. Pour une taille de caractère donnée, les GRANDES CAPITALES sont plus hautes que les bas-de-casse et les PETITES CAPITALES ont la hauteur des bas-de-casse. Quand on dit simplement « capitale », on sous-entend habituellement « grande capitale ». À noter que, de nos jours, bien des gens ont une écriture manuscrite dont les lettres majuscules, voire minuscules, imitent plus ou moins la capitale des imprimeurs.

Bref, la distinction minuscule/majuscule relève de la langue, de la grammaire, alors que la distinction bas-de-casse/capitale relève de la typographie. Les capitales, grandes comme petites, peuvent représenter des minuscules. Comparons ces trois exemples :

Pour le grammairien, Érythrée est un nom propre et chacune de ses trois formes ci-dessus compte 1 majuscule et 7 minuscules, peu importe l'aspect typographique du mot. Pour le typographe, le premier exemple compte 1 (grande) capitale et 7 bas-de-casse; le deuxième exemple compte 1 grande capitale et 7 petites capitales. Le troisième exemple compte 8 grandes capitales.

Pour revenir à la question initiale, vous aurez remarqué que dans tous ces exemples, les accents aigus requis sont présents, aussi bien sur les capitales (grandes et petites) que sur les bas-de-casse, peu importe que ces lettres représentent des majuscules ou des minuscules. L'accent fait partie de l'orthographe du mot, car il donne des informations sur sa prononciation; l'omettre, c'est pratiquement commettre une faute d'orthographe. Sans parler des possibles ambiguïtés. Considérez cette manchette de journal à propos d'un fait divers survenu à l'asile psychiatrique :

UN INTERNE TUE

Qu'est-ce qu'il faut comprendre? Un interné tué? Un interne tué? Un interné tue? Un interne tue?

J'ai pourtant appris à l'école qu'il ne fallait pas accentuer les majuscules

Plusieurs personnes ont effectivement appris ou entendu dire qu'il ne fallait pas accentuer les majuscules ou les capitales. Il est vrai qu'en écriture manuscrite cursive on accentue rarement les majuscules. Il faut aussi reconnaitre que l'accentuation des capitales est loin d'avoir été pratiquée systématiquement par tous les typographes de toutes les époques. Des contraintes techniques pouvaient rendre la chose difficile, mais les typographes consciencieux ont habituellement accentué les capitales. Leur accentuation était aussi chose malaisée à la machine à écrire, mais les dactylographes ingénieux trouvaient le moyen de le faire.

Aujourd'hui, les systèmes informatiques bien configurés permettent d'utiliser sans problème les capitales accentuées. Il n'y a donc plus de raison de se priver de cette pratique recommandée par les bons dictionnaires, grammaires et codes typographiques, ainsi que par l'Académie française.

Est-ce vrai aussi pour les sigles et les acronymes?

Certains font une exception à cette règle d'accentuation systématique des capitales quand ces capitales sont des initiales intégrées dans un sigle (qui se prononce en épelant chacune des lettres, lettres qu'il est alors préférable de séparer par des points) ou dans un acronyme (qui se prononce syllabiquement, comme un mot). Ainsi, au lieu d'écrire O.C.D.É., H.É.C, REÉR et UQÀM, il faudrait préférer les graphies O.C.D.E., H.E.C., REER et UQAM*. C'est entre autres la position de l'Office de la langue française du Québec. La raison invoquée est l'autonomie du sigle ou de l'acronyme par rapport aux mots dont il reprend les initiales, notamment en ce qui concerne la prononciation (PEPS est plus fidèle à la prononciation que l'acronyme attendu PÉPS). En fait, l'argument de la prononciation est à double tranchant car il favoriserait parfois plutôt la conservation de l'accent (ALÉNA est plus fidèle à la prononciation que ALENA), voire l'ajout d'un accent qui n'existe pas sur le mot d'où est tirée l'initiale (CEGEP, lexicalisé en cégep, conformément à la prononciation). Quant à REÉR, si l'on veut se rapprocher de la prononciation la plus courante, il faudrait à la fois ajouter un accent sur le premier E et supprimer celui de deuxième E : RÉER.

Force est de constater que l'usage est hésitant et que les spécialistes ne sont pas unanimes sur cette question. Nous considérons que l'accentuation des majuscules dans les sigles et acronymes est facultative en général, mais qu'une des deux solutions possibles peut être préférable pour certains cas particuliers. Il faut aussi bien sûr tenir compte des usages bien ancrés pour tel ou tel cas.

Conclusion

L'accentuation des capitales est fortement recommandée dans tous les cas, mais elle est facultative pour certains sigles et acronymes qui s'y prêtent mal pour des raisons de prononciation.

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