Cours et exercices de français,examens normalisés niveau collégial,révisions,exercices corrigés
La pragmatique
Parler, c’est agir ! C’est faire aboutir une intention.
La pragmatique vient du grec, pragma qui signifie l’action. Issue de la linguistique de l’énonciation de Bemeniste.
Pour les pragmaticiens :
- parler signifie agir, faire aboutir une intention,
- communiquer signifie faire aboutir des intentions.
- Exemple 1 : je viendrai demain
On comprend chaque mot mais on ne peut pourtant pas comprendre la phrase. En effet, on ne sait pas quand cette phrase à été écrite, on ne sait pas par qui, ni avec quelle intention…
Une même structure grammaticale véhicule plusieurs énoncés, la promesse, la menace…selon l’intention de communication qui est manifestée.
- Exemple 2 : le roi est mort, vive le roi.
Niveau linguistique : un roi ou deux rois ?
Niveau sémantique : sens, contexte. On sait que Louis XIV vient de mourir et que Louis XV est proclamé roi.
Niveau sens complet : intention de la communication, la royauté continue, l’intention de communication est compressé : il s’agit de proclamer la continuité du régime monarchique. Le sens complet est au-delà de la phrase, dans l’énoncé, qui implique, encore une fois, de connaître l’intention de communication.
Un énoncé est un acte unique posé par un individu lorsqu’il veut faire passer, aboutir une intention de communication. Parler, c’est agir, faire aboutir des intentions.
Les conditions d’énonciation :
- l’intention du sujet parlant
- l’histoire du sujet parlant
- le contexte (situation de communication)
- le cotexte (contexte linguistique)
La pragmatique s’oppose donc aux structuralistes aux générativistes en ce qu’elle se centre sur le SP.
La langue n’est pas transparente. Chaque énoncé prend son sens suivant les conditions d’énonciation. On construit le sens en interaction (locuteur – interlocuteur).
On pratique l’inférence, on fait des hypothèses.
Ex : Tu as de l’argent ?
Cette phrase n’a pas le même sens si c’est le fils ou le père qui la prononce.
Le code n’est donc pas transparent,
Le message n’est pas linéaire,
La phrase : c’est un cadre étroit, une structure grammaticale peut rendre compte d’énoncés différents,
L’énoncé : cadre plus vaste, il demande les conditions d’énonciation, il est porteur du sens.
Attention, il ne faut pas confondre phrase et énoncé.
Les ruptures dans la manière d’envisager l’enseignement de la langue
Les pragmaticiens opèrent six ruptures principales avec les autres tendances.
1 – introduction du sujet parlant
Avant : abstrait, référent théorique (Saussure, structuralistes, Chomsky).
Ici : tout est centré sur le sujet parlant (point de vue personnel, de son histoire, de ses intentions). Faire aboutir une communication, la langue est l’outil de la communication.
2 – La langue n’est plus étudiée pour elle-même, mais comme outil de communication (principe d’immanence)
Faire de la grammaire, c’est comprendre comment l’enfant construit son moi. La construction du moi se traduit par la langue. Comment l’enfant entre en relation avec le monde. La façon dont on découvre le monde a un rapport avec la langue.
Apprendre une langue, c’est apprendre à parler , apprendre une culture, des expressions…
Avant, c’était apprendre des structures, des règles grammaticales.
3 – La grammaire = Un moyen de communication
On étudie plus la grammaire pour la grammaire mais bien pour comprendre et pour être capable de communiquer.
4 – Faire de la grammaire = Faire du sens
Le grammairien c’est celui qui comprend comment l’enfant entre en relation avec le monde.
Il faut construire les étiquettes avec les enfants. Aller du concret vers l’abstrait. Le professeur doit avoir une formation pointue en grammaire pour être tout le temps opérationnel et ne plus donner des « leçons de grammaires » dont l’objectif est la grammaire et non la communication.
5 – Introduction du contexte et du cotexte
Pour faire du sens, il faut travailler sur des textes, pas sur des phrases (cotexte) et dans des situations de vie (contexte)
6 – L’apprentissage ne peut être un conditionnement mais bien une socialisation
On apprend ensemble et chacun tire le meilleur de l’autre.