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Difficultés d’Elocution

Difficultés d’Elocution

Caractéristiques des difficultés d'élocution qui influent sur l’enseignement et l’apprentissage

Beaucoup de compétences sont exigées pour un développement efficient de la parole et du langage et il existe beaucoup de raisons pour que ce développement se passe mal. Certains peuvent avoir des difficultés à déplacer les muscles qui commandent la parole ; d'autres ne peuvent pas comprendre comment une conversation fonctionne ou la signification d'une phrase. Certains ne peuvent pas comprendre ou employer le langage. Il y a différents termes pour décrire différents types de difficulté - comprenant des difficultés phonologiques ou d’articulation, la dyspraxie verbale, la dysarthrie, le désordre pragmatique sémantique, le syndrome d'Asperger et le mutisme sélectif. La plupart des personnes surmonteront leurs difficultés avec une aide adaptée, mais 1 personne sur 500 aura des difficultés graves ou à long terme.

Articulation

L'articulation se rapporte à des mouvements des articulateurs - langue, palais mou, mâchoires, dents, lèvres. Les problèmes avec n'importe lequel de ces mouvements conduisent à un désordre articulaire pouvant affecter l'intelligibilité à différents degrés.

  Les problèmes peuvent être d’ordre :

  • structurel  - par exemple fissure de la lèvre et du et palais.
  • orthodontique - par exemple dents supérieures saillantes, micrognathie (mâchoire inférieure très petite), palais mou court.
  • neurologique - par exemple, dysarthrie, où la mobilité dans la langue et des lèvres est restreinte. Ceci peut être spécifique aux articulateurs ou plus habituellement être associé à un état de santé tels que la paralysie cérébrale ou une congestion. Les difficultés peuvent également être dues à des dommages à la tête ou au visage ou à une dyspraxie où les mouvements ne peuvent pas être organisés.

Dans tout problème d'articulation il est important d’avoir un diagnostic complet effectué par un thérapeute de la parole et du langage qui peut également se référer soit à un chirurgien, soit à un orthodontiste qui préconisera une alternative appropriée ou une communication intensifiée.

Mutisme sélectif

Le mutisme sélectif est un terme utilisé quand les enfants qui peuvent parler tout à fait librement dans quelques situations, habituellement avec leurs familles à la maison sont constamment silencieux dans d'autres situations, habituellement en dehors de la maison et avec des personnes moins familières. Ce n'est pas de la  simple timidité ou du simple entêtement ; cela relève de problèmes psychologiques quand les enfants semblent pétrifiés et sont incapables de parler, une sorte de peur et d’inquiétude sociale, ainsi qu'une sensibilité excessive aux réactions des autres. Le mutisme sélectif est un terme plus récent pour ‘mutisme électif’ ; les deux termes peuvent être employés, mais le terme mutisme sélectif est aujourd’hui le terme retenu par la plupart des professionnels.

  • Le mutisme sélectif est un état relativement rare. L’estimation la plus probable suggère qu’un enfant sur mille est affecté.
  • Le mutisme sélectif apparaît habituellement entre trios et cinq ans.
  • Les filles sont sensiblement plus affectées que les garçons.
  • Les enfants qui proviennent d’un milieu bilingue sont les plus à même de développer un mutisme sélectif.
  • Les enfants à mutisme sélectif ont plus de problèmes d’élocution et des difficultés de  langage que les autres enfants.
  • La majorité des enfants à mutisme sélectif ont une intelligence dans ou au dessus de la moyenne, mais certains peuvent avoir quelques difficultés d’apprentissage légères ou plus importantes.

Bégaiement

Environ cinq pour cent de la population ont pu éprouver le bégaiement au cours des différentes étapes de développement du langage, et environ 80 pour cent d’entre eux ont pu surmonter ce problème pour reparler normalement, avec ou sans aide.

Le bégaiement peut se produire à tout moment au cours de l'enfance mais il commence habituellement entre les âges de deux et cinq ans. (Andrews, 1983). Il est plus fréquent chez les garçons que chez les filles et se développe  généralement au sein des familles.

Le bégaiement a été défini comme 'une fréquence ou une durée des interruptions anormalement élevée du débit de la parole ' (Guitar, 1998).

Une des caractéristiques la plus frustrante du bégaiement est sa variabilité. Le problème peut être léger ou plus grave selon les situations, le moment de la journée ou pour d’autres raisons non identifiées. Cela est différent pour chacune des personnes.

Il y a quelques éléments typiquement caractéristiques du bégaiement:

  • La répétition du mot entier; comme « et, et, et..je suis parti”.
  • La répétition simplement d’un son, comme."c-c-c’est i-i-ici".
  • Le prolongement de sons, comme. "ddddddes fois je sors".
  • Le blocage des sons : malgré la bonne position de la bouche aucun son ne sort.
  • La tension faciale – sur les muscles autour des yeux, du nez, des lèvres ou du cou.
  • Des mouvements du corps pour essayer d’ ‘expulser’ le mot, comme taper du pied, changer de position du corps ou faire claquer ses doigts.
  • Le souffle peut être interrompu, comme retenir son souffle pendant que l’on parle, ou prendre énormément de souffle avant de parler.
  • Généralement le débit de la parole s’interrompt et cela peut provoquer du stress à celui qui parle mais également à celui qui écoute.

Parfois, les personnes peuvent adopter des stratégies pour essayer de minimiser le problème ou le cacher, par exemple:

  • Evitant ou changeant certains mots- préférant dire ‘ j’ai oublié ce que je voulais dire’, ou changer de mot quand ils commencent à bégayer, par ex ‘samedi j’ai vu ma ssoeu….ma mère’.
  • Evitant certaines situations – par exemple, prendre la parole dans un groupe, ou faire un exposé.

La cause du bégaiement reste encore inconnue. Jusqu’à présent, la recherche sur le sujet indique que les enfants naissent avec des prédispositions au bégaiement, peut-être d’origine familiale ; ensuite d’autres facteurs vont être influents lors de l’émergence et du développement du bégaiement. Ces facteurs se divisent principalement en 4 catégories: Physiologique, Linguistique, Environnemental et Emotionnel (Rustin, Botterill et Kelman 1996).

Les facteurs physiologiques peuvent résulter soit de l’histoire familiale, du genre ou du taux de parole. Les facteurs linguistiques peuvent inclure: le développement du langage, la compréhension, l’usage du langage et les capacités à produire des sons pour parler. Les facteurs émotionnels peuvent relever de : une sensibilité, une propension à l’inquiétude, à se fixer de grands objectifs. Les facteurs environnementaux peuvent inclure : de la compétition à vouloir parler, les taquineries à l’école, les périodes difficiles ou de changement.

Il y a un grand nombre d’approches thérapeutiques selon la nature des difficultés et l’âge des personnes. Pour les jeunes enfants, la thérapie peut être indirecte (travailler avec les parents) ou directe (encourager l’enfant à changer sa façon de parler). Pour les enfants plus âgés et les adolescents la thérapie peut inclure le développement de compétences sociales (contact du regard, écoute), le développement de capacités de résolution de problèmes et de négociation, une meilleure confiance et estime de soi. La thérapie peut également impliquer le développement de stratégies pour améliorer le débit de la parole, diminuer la peur due bégayer et trouver des solutions pour appréhender positivement les situations de prise de parole.

Participation aux cours et aux TD

Les étudiants ayant des difficultés d’élocution ne sont pas nécessairement parmi ceux qui pourraient éprouver un stress anormal pendant les cours ou les TD. Là où un étudiant a une difficulté grave de communication verbale, il serait préférable de discuter à l'avance avec lui pour savoir la meilleure manière pour lui de contribuer aux discussions. Ils peuvent souhaiter que le tuteur dise à leur place ce qu’il souhaite dire aux autres. Si le tuteur constate qu’il ou elle ne suit pas toujours ce que l'étudiant dit, alors il doit se mettre à côté de l'étudiant et écrire sur un bloc-notes pour clarifier tous les malentendus. Les étudiants qui utilisent un synthétiseur de parole pourraient bénéficier d’une notification préalable des sujets à préparer.

Stratégies d'enseignement associées aux Difficultés d'Elocution

Ces stratégies sont des suggestions pour un enseignement global. Ceci n’est pas une liste exhaustive et il est important de garder en mémoire que les étudiants sont des individus et qu’une démarche adaptée à un étudiant n’est pas nécessairement adaptée à un autre. Vous pouvez aussi contacter le Responsable Handicap de votre institution pour de plus amples informations. Si vous souhaitez partager une approche pédagogique et la faire figurer dans cette liste, veuillez envoyer vos suggestions  par courriel à elio.lumbroso@ort.asso.fr

Vérifier si l’étudiant l’étudiant ayant des difficultés d’élocution a déjà un système de communication alternatif qui lui réussit, par ex. il est aidé par un tuteur qui parle à sa place.

  • L’étudiant peut utiliser une ardoise pour écrire ce qu’il veut dire, ou un synthétiseur vocal connecté à un ordinateur.
  • Au départ lui poser des questions qui nécessitent des réponses courtes ; cependant éviter les questions fermées, qui peuvent apparaître suffisantes.
  • Etre attentif à ne pas exclure les étudiants ayant des difficultés d’élocution des activités de groupe, et mener les débats de façon à ce qu’ils ne soient pas interrompus inopportunément.
  • Ecouter attentivement ce qu’ils disent; toujours leur répondre sans s’arrêter à leur façon de dire.
  • Quand c’est difficile de les comprendre, gardez votre calme, essayez de lire sur leurs lèvres, et prenez en compte leurs expressions du visage et leur langage corporel. Evitez de finir leurs phrases à leur place, à moins qu’ils ne le souhaitent pour accélérer la communication. Toujours s’assurer auprès d’eux d’avoir compris leur message.
  • Demander aux étudiants de répéter ce qu’ils ont dit si vous n’avez pas tout compris. Le répéter à votre tour pour avoir confirmation de la teneur du message.
  • Si l’étudiant trouve particulièrement difficile de prendre la parole en public et que cela ne fait qu’exacerber ses problèmes, il peut être préférable de lui permettre d’enregistrer à l’avance sur magnétophone la présentation qu’il souhaite faire pendant le cours.  
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