Eklablog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Cours et exercices de français,examens normalisés niveau collégial,révisions,exercices corrigés

Publicité

Pourquoi le temps passe-t-il si vite ?

Pourquoi le temps passe-t-il si vite ?
La réponse philosophique

« Le temps file si l’on ne s’en occupe pas »
Cynthia Fleury, philosophe, auteure notamment de La Fin du courage (Fayard, 2010)

« Nous savons que le temps s’accélère avec le vieillissement. Mais, alors que cette période de la vie devrait nous rapprocher de la sagesse, c’est-à- dire de l’instant présent en toute conscience, nous sommes perpétuellement déportés vers le passé et ses traumatismes, vers le futur et ses projections. La modernité, avec sa culture de la vitesse, accentue cette sensation. Or, paradoxalement, le temps file et disparaît si l’on ne s’en occupe pas. Si l’on demeure dans le temps de la performance – faire plus, plus vite –, on a le sentiment d’avoir été vivant, pas celui d’avoir vécu. La relation au temps demande un travail. Le temps existentiel est un temps de la réflexion, un temps de regard “sur”. La vérité de l’instant présent est à la fois fugacité et éternité, parce qu’elle agit comme une dilatation de l’être, donc du temps. Ainsi, lorsqu’en analyse on arrive à l’instant où le sens apparaît, où l’on “comprend”, on bascule de la finitude à la plénitude. De l’aliénation à la liberté. Il en est de même du temps de la création : absorbé dans l’instant, le temps ne compte plus, il est en “suspens”, un instant d’éternité. Réfléchir, s’observer permet de prendre du recul sur soi-même et d’instaurer une autre relation avec le temps. »

La réponse anthropologique

« Notre être se fragmente et cela accélère la vitesse des choses »
David Le Breton, anthropologue et sociologue, auteur notamment de La Saveur du monde, une anthropologie des sens (Métaillé, 2006)

« Les outils nouveaux de communication ont radicalement changé notre relation au temps. Les e-mails, le téléphone, le déversement des informations en continu et accessibles à chaque instant ont modifié le rapport plus pacifié que nous avions avec le temps. Les intrusions permanentes du monde extérieur dans notre monde intérieur nous bousculent. On nous sonne et cela nous sonne… Notre être s’en trouve modifié : on peut dire que chacun d’entre nous possède différents aspects de personnalité, le moi familial, social, amical, amoureux, professionnel… Notre ancienne temporalité nous permettait de passer successivement d’un registre à l’autre. Aujourd’hui, nous les endossons parfois simultanément. Tous les registres se mêlent. Au milieu d’une réunion de travail, voici un appel de ma fille ou de mon vieil ami. Cette fragmentation accélère notre perception du temps. Paradoxalement, nous faisons beaucoup de choses, mais nous avons le sentiment de ne pas parvenir à faire grand-chose, de ne rien maîtriser, nous sommes dans un flux permanent. C’est un changement anthropologique irréversible. Le silence, la marche, la flânerie sont des mesures de sauvegardes pour se retrouver. »

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cette page
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :