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Poésie libre

Le poème en vers libres

Un poème en vers libres est un poème qui ne présente aucune structure formelle régulière : ni vers mesurés, ni rimes, ni strophes. Cependant, et là se trouve sa principale différence avec le poème en prose, le poème en vers libres respecte certaines règles de disposition : une mise en page dégagée laissant plusieurs zones blanches, la présence (habituellement) de majuscules en début de ligne, des échos sonores (qui ne sont pas uniquement des finales rimées), des longueurs métriques variables, des séquences de vers à dimension variable séparées par un saut de ligne (simili-strophes), etc.

Le poème en vers libres n'obéit pas à une structure régulière. Toutefois, au premier coup d'oeil, le lecteur sait très bien qu'il est en présence d'un poème en raison de la disposition du texte sur la page.

Marine

Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume, - 
Soulèvent les souches des ronces. 
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt, -
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière.

Arthur Rimbaud

Au Québec, Gaston Miron est l'auteur de plusieurs poèmes écrits en vers libres.

La route que nous suivons

À la criée du salut nous voici
armés de désespoir

au nord du monde nous pensions être à l’abri
loin des carnages de peuples
de ces malheurs de partout qui font la chronique
de ces choses ailleurs qui n’arrivent qu’aux autres
incrédules là même de notre perte
et tenant pour une grâce notre condition

soudain contre l’air égratigné de mouches à feu
je fus debout dans le noir du Bouclier
droit à l’écoute comme fil à plomb à la ronde
nous ne serons jamais plus des hommes
si nos yeux se vident de leur mémoire

beau désaccord ma vie qui fonde la controverse
je ne récite plus mes leçons de deux mille ans
je me promène je hèle et je cours
cloche-alerte mêlée au paradis obsessionnel
tous les liserons des désirs fleurissent
dans mon sang tourne-vents
venez tous ceux qui oscillent à l’ancre des soirs
levons nos visages de terre cuite et nos mains
de cuir repoussé frappées de sol et de travaux

nous avançons nous avançons le front comme un delta
« Good-bye farewell ! »
nous reviendrons nous aurons à dos le passé
et à force d’avoir pris en haine toutes les servitudes
nous serons devenus des bêtes féroces de l’espoir.

- Gaston Miron

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