Cours et exercices de français,examens normalisés niveau collégial,révisions,exercices corrigés
L'orthographe du français est complexe : on le voit dès le premier mot de ce texte. Pourquoi th et ph dans le mot orthographe ? Dans le premier cas, th, la lettre h ne se prononce pas. Elle a pour fonction de rappeler que, dans la racine grecque ortho, le t prononcé n'est pas un t (tau) mais un q (têta). Dans le second cas, le h modifie la prononciation du p qu'il suit et le modifie phonétiquement en /f/. Comme dans le premier cas cependant, ce /f/ écrit phest là pour rappeler que la racine graphe vient du grec et que, comme dans beaucoup de mots scientifiques, on a voulu rappeler l'origine grecque de la racine en transcrivant le j (fi) grec en ph, tout en oubliant de le faire dans de nombreux autres cas où ce même (fi) a été transcrit par un banal f... Dès le début, on constate donc que le système orthographique du français n'est pas cohérent.... L'orthographe du français comporte deux parties : celle qui concerne l'orthographe dite lexicale c'est-à-dire la façon dont on écrit les mots et conjugue les verbes et l'autre qui concerne la façon dont on agence les mots à l'intérieur de la phrase pour aboutir à un sens : l'orthographe syntaxique. Dans ce petit opuscule, nous ne traiterons que de la première, l'orthographe lexicale. Ne nous désespérons cependant pas. Si le système orthographique n'est pas cohérent, il ne l'est pas autant qu'on croit et il est possible de s'y repérer à l'aide d'explications simples que nous nous proposons de donner dans les pages qui suivent. Que nos lecteurs se rassurent : nous n'emploierons jamais de termes compliqués de linguistique et nous n'utiliserons pas non plus la notation phonétique internationale, bien commode certes, mais qui n'est pas connue de nos lecteurs. Dans notre pensée, ce petit livret est destiné à l'instituteur de village qui manque de documentation savante et à l'étudiant sérieux du secondaire ou du supérieur qui veut comprendre le pourquoi des choses afin de mieux maitriser l'écriture du français.
Les difficultés de l'orthographe française sont avant tout le produit de l'histoire compliquée de la langue française qu'il nous faudra donc survoler rapidement, faute de quoi nous ne comprendrions rien à une histoire où il aura fallu
1) écrire une nouvelle langue (le français) avec un alphabet ancien légèrement adapté peu adapté (l'alphabet latin)
2) tenir compte de ce que l'orthographe des mots français s'est formée, selon les mots, à des époques différentes et selon des solutions différentes (cas du redoublement du l derrière e prononcé e ouvert, ou bien utilisation de l'accent grave sans redoublement de la consonne) qui se superposent et se concurrence dans le français d'aujourd'hui.
3) prendre en compte le souci des rédacteurs des premiers dictionnaires de la Renaissance, mais aussi de l'Académie (1636-1694) de rappeler la filiation des mots français par rapport au grec et au latin.4) incorporer dans le français des mots d'origine étrangère appartenant à des systèmes phonétiques et graphiques différents du nôtre (cake, week-end, etc.).
UN PEU D'HISTOIRE EST NECESSAIRE
La langue française, en tant que telle, n'est pas très ancienne : elle n'a même pas 1000 ans. De façon simplifiée, on peut dire que son essor est lié à la puissance croissante de la dynastie des rois de France qu'on appelle les Capétiens (987-1328), dynastie dont les origines sont situées dans cette partie de la Gaule occupée à partir du Ve siècle par les Francs Saliens, région essentiellement située au nord de Paris entre les vallées de l'Oise et de la Seine et parlant une langue qui est devenue la langue d'oil. On dispose de peu d'informations sur les langues celtes que parlaient les Gaulois. Beaucoup de noms de lieux et d'outils ou pièces de vêtements mais assez peu d'inscriptions qui soient parvenues jusqu'à nous. Au total, guère plus de 50 mots. Malheureusement, les tribus celtes n'utilisaient pas beaucoup l'écriture et ce handicap culturel a certainement joué un rôle dans l'effondrement de la civilisation gauloise pendant et après la conquête se la Gaule par Jules César de 58 à 52 av. JC. Il faut ajouter à cela qu'une partie du littoral méditerranéen fut occupée à partir de 650 av. JC par des colons grecs, notamment ceux de la ville de Phocée (en Turquie aujourd'hui). Nice, Antibes, Marseille, Agde sont des villes grecques et les tribus gauloises qui ont établi des échanges commerciaux, culturels ou autres avec les Grecs ont tout naturellement utilisé d'abord l'alphabet grec. Ce n'est qu'à partir de la conquête par Rome de la Provence et de la Narbonnaise que le latin a commencé à s'imposer avant de se répandre dans toute la Gaule après la célèbre bataille d'Alésia (en Bourgogne) en 52 av. JC. La conquête de Jules César avait été brutale et sanglante puisque certains historiens estiment à 10 millions le nombre de morts parmi les soldats gaulois tués et les victimes civiles de ce qu'on appellerait aujourd'hui pudiquement des « dommages collatéraux » sur une population totale estimée à 20 millions, soit la moitié de la population... Il y a des colonisations plus brutales que d'autres.
Néanmoins l'efficacité de l'administration romaine et la puissance de l'empire romain amenèrent la paix et un essor économique qui se traduisit rapidement par le développement des villes gallo-romaines et la pratique du latin chez tous ceux qui recevaient une éducation « moderne ». Très vite, les Gaulois comprirent l'intérêt qu'il y avait à coopérer avec Rome et lorsqu'en 71 après JC, une première grave invasion germanique menaça la Gaule, c'est sans hésitation que les tribus gauloises se rangèrent à côté de l'armée romaine pour combattre l'envahisseur. Malheureusement, au cinquième siècle après JC, l'affaiblissement de l'empire ne permit plus à la Gaule romaine de résister à la pression des peuples barbares venus de l'Europe centrale. D'abord infiltrés pacifiquement, c'est bientôt en hordes militaires qu'ils déferlèrent sur l'Europe occidentale : Huns, Goths, Ostrogots et Wisigoths, Francs, Burgondes, Alamans et même Vandales dont on sait que l'invasion ne s'acheva qu'au bout de l'Afrique du Nord. Malgré les victoires des Francs conduits par Clovis, notamment sur les Alamans, et leur domination progressive sur la Gaule, les troubles ne cessèrent pas et pendant près d'un siècle et demi, le savant édifice administratif et économique mis en place par Rome fut ruiné. Certaines villes de Gaule brulèrent deux fois pendant la période. Les Barbares, bien sur, amenaient avec eux leurs langues, purement orales. Les bouleversements furent tels que le latin régressa brutalement au point que des villes romaines comme Lutèce perdirent leur nom latin et reprirent le nom de la tribu dont elles étaient la capitale : c'est ainsi que Lutèce, capitale des Parisii reprit le nom de sa tribu et devint Paris et que Duracortorum, capitale de la tribu des Rèmes devint Reims. On imagine le tort que ces troubles causèrent au latin qui s'était étendu sur toute la Gaule. Véhiculé à l'origine par les militaires et des fonctionnaires qui venaient de tous les coins de l'empire, aussi bien d'Espagne que de Maurétanie, mais aussi bien de Syrie, de Grèce, d'Egypte ou d'Arménie, ils étaient loin de parler le latin classique de César ou de Cicéron. Sur place, ils assimilèrent plus ou moins le vocabulaire des Gaulois et, à partir des grandes invasions, les dialectes germaniques à leur tour, vinrent imposer leurs vocabulaires, leurs accents, avec des coutumes et des concepts différents. Le plus important d'entre eux pour notre étude, le francique, qui est aussi l'ancêtre du néerlandais, a cependant laissé peu de traces directes.
N'oublions pas non plus l'invasion arabe des côtes méditerranéennes de la Gaule qui, malgré la reprise de Narbonne en 751 par Pépin-le-Bref, établit l'insécurité dans la vallée du Rhône pour deux bons siècles. L'arrivée au pouvoir de Charlemagne, couronné empereur d'Occident à Rome le jour de Noël 800 par le pape, 324 ans après la déposition du dernier empereur d'Occident Romulus Augustule, rétablit un ordre qui profita à l'administration et à l'enseignement. Mais la coutume de partager également les héritages entre les enfants aboutit en 842 au traité de Verdun par lequel les trois petits-fils de Charlemagne se partagèrent l'empire du grand-père. La brouille ne tarda pas entre les héritiers et dès l'année suivante, à Strasbourg, en 843, Charles le Chauve et Louis le Germanique s'allient contre Lothaire et prêtent serment de s'entraider. Pour être compris des troupes de Louis le Germanique, Charles le Chauve prête son serment en dialecte alémanique tandis que, pour être compris des troupes de Charles le Chauve, Louis le Germanique prête sont serment en roman. Ce n'est pas encore du français mais c'est déjà assez loin du latin. On appelle cette langue le roman. (À ne pas confondre avec le style d'architecture qui apparaît dès la construction de la chapelle octogonale de Charlemagne à Aix-La-Chapelle et connaîtra à son apogée à Cluny au XIe siècle). En revanche, La Chanson de Roland, épopée écrite entre 1100 et 1125 est déjà du français, dont elle a pratiquement toutes les structures, mais cette langue encore très éloignée de la nôtre, beaucoup plus phonétique et écrite beaucoup plus simplement et moins codifiée.
ATTAQUONS NOTRE SUJET
Une partie de la complexité de l'orthographe du français résulte de cette histoire où, pendant un millénaire, les peuples et leurs langues se sont enchevêtrés dans des combats inégaux. Mais avant d'aller plus loin, il est important de comprendre que l'orthographe sert à deux opérations de l'esprit qui sont complémentaires : l'écriture et la lecture. On écrit pour pouvoir être lu.... à un autre moment que celui de l'écriture. Écrire c'est en quelque sorte transporter de la parole (et donc de la pensée) dans le futur à l'aide de signes conventionnels tracés ou gravés sur un support matériel. La première trace de cette invention semble remonter aux Egyptiens vers l'année 3150 avant JC, à moins qu'on ne retrouve un jour des documents plus anciens. L'écriture (ou encodage) consiste à traduire des sons ou des notions en signes graphiques pour les conserver au-delà du moment de leur prononciation orale. L'écriture alphabétique réussit cette opération à l'aide de lettres isolées ou combinées qui représentent des sons simples ou phonèmes propres à la langue concernée.
La lecture en revanche consiste à déchiffrer ce qui est écrit pour le restituer sous forme de sons prononcés mais aussi d'idées comprises silencieusement représentées par les groupes de lettres correspondant à ces mêmes sons. On l'appelle décodage. Chaque langue possède son code orthographique qui permet de passer, avec le maximum de sécurité et de conservation du sens de l'oral à l'écrit et, symétriquement, de l'écrit à l'oral. Dans une langue idéale qui serait purement phonétique, il existerait une correspondance absolue entre les sons et les caractères utilisés pour les transcrire. Quand chaque son est transcrit par un seul caractère et quand chaque caractère est transcrit par un seul son, le système est théoriquement parfait : on dit que la correspondance entre les sons et les signes est biunivoque. En fait aucune langue n'a jamais été purement phonétique (même pas l'égyptien des années 3150 avant JC) depuis l'invention de l'écriture et le français ne l'est pas non plus. Mais parce que le système graphique du français est complexe, il ne transcrit pas que des sons : beaucoup de mots de la langue française portent, cachée dans la forme de leur écriture, une partie de l'histoire de la langue française que l'enseignement de l'orthographe nous aide à découvrir. En particulier, l'écriture porte de nombreuses traces des origines latines et grecque du français (réelles ou supposées) mais aussi du sens quand elle permet de distinguer entre des homonymes comme les mots sot, seau, sceau et saut par exemple. On a pu dire en plaisantant, que la difficulté de l'orthographe du français était dans ce qui ne se prononce pas, c'est-à-dire dans ce que les linguistes appellent les lettres quiescentes, mais à dire vrai, elle est surtout dans la superposition et la concurrence entre plusieurs types de notation hérités de l'histoire à des périodes différentes pour traduire le même son. Semblablement, à la lecture, on observe que des mots de même forme écrite se prononcent différemment parce qu'ils n'ont pas la même nature grammaticale et ne jouent pas le même rôle dans leur environnement ou contexte.En fait, pour surmonter les difficultés de l'orthographe du français, nous disposons d'une ressource considérable qui est la mémoire visuelle : ce n'est pas en général sur les mots les plus compliqués qu'on fait le plus de fautes parce que leur complication graphique les fait reconnaître et mémoriser assez aisément. On fait beaucoup de fautes d'inattention (lettres oubliées, pluriels erronés, etc.) dont le système graphique n'est nullement responsable.
Mais il est probable qu'un élève moyen ferait peu de fautes sur une phrase du type :« J'aide mon père à retirer le fer de la terre » parce qu'il a un usage courant de ces mots et qu'il a enregistré leurs particularités graphiques. Il en est de même pour environ 5 000 mots qu'il n'utilise pas forcément souvent (vocabulaire actif) mais qu'il a souvent l'occasion d'entendre ou de voir écrits (vocabulaire passif) et qu'il comprend parfaitement. Une expérience amusante montre qu'on est capable de lire assez facilement un texte dont tous les mots sont écrits avec leurs lettres assemblées dans le désordre pourvu d'une part que les mots soient séparés et d'autre part que la première et la dernière lettre de chaque mot soient conservées intactes. Autrement dit, le contexte aide beaucoup à déchiffrer une graphie brouillée : « Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas un mot n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la peeirère et la drenèire soeint à la bnnoe pclae. Le rsete puet êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puovez tujoruos lrie snas porlbème. C'est prace que le creaveau hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot. La peruve...Arlos ne veenz puls m'ememdrer avec les corerticons otrahhgropquies. » Ce texte montre bien, d'une part, la place importance que tiennent dans l'écrit les mots outils (articles, conjonctions, prépositions) qui sont courts et contribuent à le structurer et, d'autre part, le volume global du mot et la place qu'il occupe dans la phrase, ainsi que son contexte, qui le font assez facilement identifier malgré le brouillage des lettres. Cela dit, les difficultés de l'orthographe du français sont réelles. Elles ont deux causes principales qui sont toutes deux historiques :
1) un alphabet inadapté
2) l'histoire du grec du latin ou d'autre langues sont à chaque instant rappelées dans les mots écrits de la langue française.
UN ALPHABET INADAPTE
Les gaulois et futurs Français ont hérité d'un alphabet latin qui est incapable de traduire tous les sons ou phonèmes de la langue française. Du fait de l'influence des langues germaniques et de leur adaptation aux façons de parler des futurs Français, beaucoup de sons nouveaux se sont introduits dans la langue et ne peuvent être rendus par une seule lettre. En effet, nous n'avons que 26 lettres à notre disposition alors qu'il existe au moins 38 sons ou phonèmes en français. Il faut donc faire appel à de très nombreuses combinaisons de lettres pour rendre les voyelles nasales /en/, /an/, /on/, /un/, /in/, mais aussi /eu/, /oi/, /ou/, /ai/, /ei/, /au/, et encore/ch/ ou /ph/, sans parler du cas des consonnes doubles dont certaines se prononcent toutes les deux et d'autres comme une consonne unique (ville prononcé comme vile). Notons que le latin n'a qu'une seule lettre v pour correspondre à notre /v/ et à notre /ou/, alors que notre son /u/ n'existe pas en latin. En revanche, nous utilisons le w pour rendre le son /v/ comme dans wagon. Quand il se prononce /ou/, c'est uniquement dans des mots empruntés plus ou moins durablement à l'anglais comme week-end ouweb.
Dans le système orthographique du français, c'est une consonne dont on aurait très bien pu faire l'économie. On pourrait en dire autant du k de képi (origine allemande) ou kiosque (origine turque) et bien qu'il vienne aussi en droite ligne du grec pour la transcription de kilo et de bien d'autres racines grecques. Cette transcription pourrait à la limite se justifier si l'on veut maintenir le son c dur devant i, kinétoscope), e (kératine) et y comme dans kyste. Mais on constate qu'une prononciation concurrente s'est établie avec c doux comme dans cinéma, céphalée pour des mots dont la racine grecque était aussi porteuse d'un kappa, kiné ou kephalos. La fonction de k prononcé dur est le plus souvent remplie en français devant a, o, u par un c comme dans cascade, colon, cure-dent, cuisine,mais aussi par qu dans qui, que, quoi, par q en finale dans l'unique mot coq et par cq dans l'adjectif féminin grecque. On trouve même pour rendre le c dur la combinaison ch pour des mots venus du grec comme chiromancie ouchiasme... Reconnaissons humblement que même pour les mots venus du grec, l'incohérence est totale.
La surabondance de moyens pour traduire le son c dur ou k n'est donc pas justifiée autrement que par l'inertie de l'usage... On comprendra un peu mieux l'orthographe du français si l'on sait que toutes les voyelles se prononcent même si elles donnent naissance à des prononciations supplémentaires lorsqu'elles sont groupées par deux. Une seule exception oignon où i ne se prononce pas. Même, le /e/ non accentué qu'on dit muet à la fin d'un mot (flamme, joie, taie, poire, mère, etc) et sourd quand il est à l'intérieur du mot (batterie) n'est pourtant pas totalement muet. Selon les régions et particulièrement dans le sud de la France, il est prononcé plus ou moins nettement selon les personnes et constitue un élément reconnaissable de l'accent du Midi. En outre, dans des mots qui sont des féminins de mots masculins se terminant par une voyelle nasale, le e du féminin provoque ce qu'on appelle la dénasalisation et sépare phonétiquement le a, le e, le i, le o, leu, et même le y, du n ou du m auxquels ils étaient liés (ex. moyen, moyenne). Dans les autres cas, il rend au féminin sa valeur phonétique à la lettre finale non prononcée au masculin (muet, muette, lapin, lapine, humain, humaine, etc).
Pour être plus complet, il faudrait aussi dire que le e se prononce parfois acomme dans femme, ou comme dans les adverbes dérivés d'adjectifs en ent du type ardemment, prudemment, alors que, au contraire, la voyelle nasale on se prononce /e/ comme dans la première syllabe de monsieur tandis que le groupeai se prononce également /e/ dans la première syllabe de faisais, faisait, faisions, faisiez, faisaient ou de faisan... Si toutes les voyelles se prononcent (c'est leur fonction de donner une réalisation aux consonnes), il est de nombreux cas en français où des consonnes écrites ne se prononcent pas et ont donc une valeur zéro, comme on le voit dans les exemples suivants : b dansplomb,c dans accroc, respect, suspect...d dans pied, chaud, froid, grand-mère...fdans œufs, bœufs ou même clefg dans poing, coing, amygdaleh dans ahuri, bahut, chahut, tohu-bohu, huit, huissieri ne se prononce pas dans oignon... et, bien sur, se prononce différemment de sa valeur de base dans les combinaisons oi, ai, eijk dans crack (rare)...l dans aulx (pluriel de ail) rare..., mais aussi fusil, persil, fils (contraire de père), soûlmnp dans temps, camp, champ, compter, comptable, sculpter qr dans soulier, terrier, panier...s dans sous, dessous, dessus et tous les pluriels, prononcé ou non selon les cas dans tous, os, par exemple, tous les hommes, les os du visage...t dans doigt, sot, cabinet, serpent, droit ...vwx danschevaux, cheveux, heureux .et la fameuse série des bijoux, cailloux, choux, etc.....y dans soyez, noyerz dans savez, soyez, nez.et toutes les deuxièmes personnes du pluriel. Puisque le w ne joue pas le rôle de semiconsonne en français, le y est la seule semiconsonne. Comme semiconsonne il sert à trascrire un son /ill / comme on vient de le voir dans le tableau avec soyez et noyer, son qu'on retrouve par ailleurs autrement transcrit dans famille. Quand il est voyelle, il transcrit un son /i/ et, le plus souvent rappelle un upsilon venu du grec comme celui de j u s i V qui a donné notre physique. Il ne suffit pas qu'une même lettre puisse adopter selon les mots diverses prononciations. On constate aussi, symétriquement, que plusieurs lettres peuvent servir à représenter le même son.Si les sons /a/ et /u/ ne sont jamais transcrits autrement que par les lettres a et u, le son /o/ peut être rendu par un grand nombre de combinaisons graphiques comme /au/ et / aus/ dans gruau et dans les pluriels des mots en au, /ot/ comme dans sot, idiot, petiot, /eau/ comme dansruisseau, chapeau, /aut/ comme dans saut, bien entendu /aux/ comme dans de nombreux pluriels du type chevaux, vitraux. En dépit de toutes ces complications, reconnaissons qu'il y a tout de même des constantes. Les lettresa et u ont toujours leur valeur /a/ et /u/ sauf quand elles sont combinées avec nou m pour donner une voyelle nasale comme dans palan ou sombre, un, chacun, et quand elles sont suivies d'un n ou d'un m réalisé en fin de mot comme dansGram, (rare car venant d'un nom propre étranger) summum, maximum, optimum, décorum, d'origine latine, mais aussi rhum. Il y a tant de variétés de prononciation et d'usage des différentes lettres que seule une sorte de tableau sommaire peut essayer d'en rendre compte :
PARTICULARITES DES DIFFERENTES LETTRES
a
b
c
d
e
Il existe une règle assez rigoureuse de distribution ou d'absence des accents grave et aigu en français. On l'énoncera plus tard. Malheureusement, elle souffre de trois types d'exception :elle ne concerne pas l'accent circonflexe qui concurrence l'accent grave en syllabe ouverte ou l'absence d'accent en syllabe finale fermée comme c'est le cas de forêt, alors qu'il est conservé dans les mots comme forestier, foresterie.à l'initiale, le é qui devrait devant une syllabe muette ou sourde se transformer en è demeure comme dans édredon, échelon, épeler, et aussi dans médecin.en finale des syllabes fermées par une consonne comme dans accès, excès, procès qui ne devraient pas porter d'accent le maintiennent pourtant. Dans ces trois mots le s final appartient au radical du mot. Dans les pluriels des mots en é du type côté, facilité, hanté, la formation du pluriel encôtés, facilités, hantés ne modifie pas l'accent aigu du é f
g
h
En outre, il a deux autres fonctions :
i
j
k
l
m
n
Toutefois les mots masculins se terminant par on ont généralement un féminin en onne. De même, devant le suffixe el on écrit traditionnel, rationnel, notionnel, additionnel,...n'est généralement pas redoublé devant des mots d'origine italienne comme cicerone, mascarpone...prononcé sonore en finale comme danséden, amen, Une des rares « règles » d'orthographe facile à retenir :
Derrière i et u, n et m ne se redoublent pas sauf dans les compositions préfixales en in ou im du type innommable ou immangeable et dans le mottunnel.
L'exception du mot tunnel provient de son origine française tonnelle déformée par les Anglais. o
œ
p
q
r
s
t
u
v
w
x
z
Avant le XVIIIe siècle et la mise en œuvre de l'accent grave, le redoublement de la consonne était le moyen graphique utilisé pour transcrire le son /e ouvert/ devant une consonne. Depuis que l'usage de l'accent grave a été introduit dans nos habitudes d'écriture (1740), il y a concurrence entre le système ancien et le système récent, d'où des graphies comme violet > violette (ancien système) et discret > discrète (nouveau système). La question des consonnes doubles est difficile à résoudre. Toutefois, en cas de difficultés, on pourra chercher dans les pistes suivantes :prononciation de deux consonnes successives donc pas de problème (irréel, suggestion, illisible, transsaharien, transsexuel), existence d'un mot de la même famille dans lequel on connait la présence de la consonne double (pelle, pelletée) présence d'un e prononcé e ouvert devant la consonne présumée double,présence d'un préfixe comme a(d), in ( im, ir), mais il ne s'agit que de pistes, seule la mémoire visuelle pouvant véritablement trancher la question tellement il y a de cas de figure variés.
Quelques autres cas compliqués :les finales en ciel, tiel, tendanciel, maisdifférentiel, interstitiel, prudentiel, En première approche, l'existence d'un mot de base en c comme tendance ou différence et prudence peut faire penser à une dérivation en ciel mais l'existence d'un adjectif en ant, -ent comme différent,prudent entraine la finale en tiel, alors qu'il n'existe pas d'adjectif tendant.On voit bien que cette recherche n'est pas absolue puisqu'il n'existe qu'une baseinterstice... et que préférentiel ne correspond pas à un adjectif préférent...les finales en elle, èle, -ette, -èteC'est notamment le cas des verbes en eler et en eter. Les deux plus fréquents appeler et jeter se conjuguent en j'appelle et jejette avec e non accentué et redoublement de la consonne.Ce sont les plus fréquents. Cinq verbes, acheter, empaqueter, étiqueter, geler et peler et qui sont d'un usage assez fréquent, surtout le premier, se conjuguent en j'achète,j'empaquète, je gêle, je pèle, et j'étiquète. Tous les autres sont des verbes assez rares (carreler, épousseter, écerveler...) que l'Académie demande de conjuguer sur le même modèle mais que l'on rencontre essentiellement dans leur forme à l'infinitif ou au participe ce qui ne pose, en fait, pas de problème. Mais on a vu que beaucoup de mots anciens comme violette, celle, cette, quelle, nette, muette), entrés dans le Dictionnaire avant 1740 et l'introduction de l'accent grave, redoublaient aussi leur consonne l ou t. Le cas est aussi celui des finales en esse (largesse, faiblesse, pauvresse) où le s est redoublé pour être prononcé dur.
Pour le reste, il faut se résigner à les apprendre (ou à les réapprendre) cas par cas. maitriser les accentsL'utilisation des accents en français n'a rien à voir avec la prononciation supposée des mots qui est d'ailleurs très variable dans les différentes régions de la francophonie.
Pour savoir si l'on doit mettre un accent, il faut d'abord procéder à un découpage des mots en syllabes graphiques. On obtient les syllabes graphiques en plaçant une barre après chaque voyelle (cé/lé/ri/) sauf quand cette voyelle est suivie de deux consonnes ou plus : dans ce cas, la barre est placée près la première consonne (res/pec/t , des/cen/dre, mon/ter. Cas particulier : les groupes bl, br, cl, dr, cr, gl, gr, pl, pr qui sont agglutinés sont comptés pour une seule consonne. x en revanche est compté pour deux. Les syllabes graphiques ouvertes sont celles qui se terminent par une voyelle, les syllabes graphiques fermées sont celles qui se terminent par une consonne.Dans les syllabes graphiques fermées, le e prononcé e ouvert ou e moyen ne prend pas d'accent. Lorsqu'une syllabe graphique ouverte se termine par un e qui n'est ni sourd ni muet, il n'y a toujours un accent aigu : té/lévi/sion/, cé/lé/ri/té/, cé/lé/bri/té/.Lorsqu'une syllabe graphique se termine par une consonne, il n'y a pas d'accent : té/les/co/pe, lex/i/que, mes/quin/, tes/sel/le, pel/le, ex/em/ple, ex/cep/tion.Lorsqu'une syllabe graphique ouverte est suivie d'une syllabe contenant un e sourd ou muet, on écrit un accent grave (ou circonflexe dans certains mots) cè/dre, fe/nê/tre, j'a/chè/ve, a/rê/te, ar/ba/lè/te. Exception à cette dernière proposition: lorsque le /e/ commence un mot, il porte quand même un accent aigu : é/dre/don, é/cre/vis/se, é/le/va/ge. Egalement médecin.En vertu de ces principes, il vaudrait mieux écrire té/les/ki plutôt que té/lé/ski, comme téles/co/pe/ . Mais dans té/lé/ski, l'élément de composition télé est encore senti comme indépendant alors que dans télescope il a perdu son autonomie.
Les oppositions de prononciation :Il en existe plusieurs cas :
DEPANNAGE En cas de difficultés, n'oubliez pas de consulter votre dictionnaire de langue habituel (Robert, Larousse, Hachette par exemple).
S'il ne vous permet pas de trouver la réponse, notre service de dépannage gratuit sur Internet : ORTHONET devrait vous aider à résoudre votre difficulté.
L'ALPHABET PHONETIQUE INTERNATIONAL
Un mot encore pour ceux qui ont fait de la phonétique et connaissent l'alphabet phonétique international. On a vu que le français disposait de 26 lettres mais que la langue française possédait au moins 38 phonèmes auxquels il faut encore en ajouter 2 pour rendre d'une part le /ing/ de dancing et la jota (j) espagnole qu'on trouve aussi en allemand avec ch comme dans Bach, Buche ou avec kh en arabe comme dans khamsin, khadija. Il peut donc être utile de connaitre le tableau des correspondances entre
L'alphabet phonétique international et les graphies françaises correspondantes.
1) les voyelles
On voit qu'il existe en français seize voyelles, entre les voyelles ouvertes et les voyelles fermées et en comptant les voyelles nasales, alors qu'il n'y a que cinq voyelles répertoriées dans l'alphabet, y étant une semiconsonne.Notons au passage les pièges :
2)les semiconsonnes
Là encore des pièges :
les consonnes
Là, il n'y a pas de piège, au moins quand on sait les formes multiples que peuvent prendre [k], [s], [g], et même [z].
Observer que le /r/ français, appelé r parisien ou r grasseyé et qui est transcrit par [ ] en alphabet phonétique n'est pas le /ra/ de l'arabe mais le /ghein/. En conclusion, les mots français sont porteurs de leur histoire qui est très variée de sorte que,,, selon les époques, des solutions différentes ont été adoptées pour leur graphie. Très peu de règles peuvent être mémorisées. Il ne faut toutefois pas se désespérer car la puissance de la mémoire visuelle permet de mémoriser avec succès beaucoup de particularités : la lecture fréquente est donc le moyen le plus sur d'enregistrer l'orthographe lexicale : on fait plus souvent des fautes dues à l'inattention que de fautes sur les mots à graphie complexe. Donc bon courage.