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Pour démarrer en BD (et en beauté !), rien de tel que d’en revenir aux bases du neuvième art…
1 - Un point d'histoire
2 - Anatomie d'une BD
3 - Lire de la BD
4 - Et pour aller plus loin
La bande dessinée, contrairement à la peinture ou à la musique, est née assez tardivement. On en attribue la paternité au Suisse Rodolphe Töpffer (site en anglais), avec L’Histoire de M. Jabot, datant des années 1830.
La BD se popularise au cours du XIXe siècle dans les journaux satiriques européens, mais surtout aux États-Unis où elle se développera grâce aux histoires de “super héros”, les comics. En Europe, ce sont principalement les illustrés pour enfants (comme La semaine de Suzette avec Bécassine, ou Le Petit Vingtième avec Tintin) qui publient de la BD.
Après la Seconde Guerre mondiale, la bande dessinée n’est plus réservée aux enfants et s’ouvre à un public d’adultes. Grâce à des journaux spécialisés comme Hara Kiri ou Fluide Glacial, elle commence à acquérir la reconnaissance qui jusque-là lui faisait défaut.
Aujourd’hui, la BD s’adresse à tous, petits et grands, et aborde tous les thèmes (humour, drame, histoire, policier, fantastique, etc.) dans des styles variés.
Du manga au roman graphique, il y en a pour tous les goûts et tous les âges !
Le langage et les techniques propres au neuvième art ne sont pas toujours faciles à apprivoiser. Pour y voir plus clair, l’idéal reste donc d’analyser les “codes” de la BD :



Une bande dessinée est faite d’un ensemble de planches.
La planche, qui s’apparente à une page de la BD, regroupe plusieurs cases, souvent disposées sur plusieurs lignes.
La case, quant à elle, contient le dessin. Ses limites peuvent être définies par uncadre, souvent tracé au trait noir. Aujourd’hui, de plus en plus d’auteurs de BD suppriment ce cadre pour donner plus de liberté à leur dessin (par exemple, Delphine Bournay dans les aventures de Grignotin et Mentalo ou encore dans Au château !).
Les cases, lorsqu’elles sont disposées sur une même ligne, forment un strip (mot anglais pour bande, ou bandeau). Le strip est une petite BD à lui seul, puisqu’il constitue une brève histoire en quelques cases (souvent un gag en trois cases). C’est surtout dans la presse qu’il est utilisé.
Élément caractéristique de la bande dessinée, la bulle (ou phylactère) est en quelque sorte la bande son de l’histoire. Elle rapporte les propos des personnages dans un espace intégré à la vignette. La forme de la bulle peut changer selon le ton adopté par les personnages (ronde ou rectangulaire pour une parole “normale”, en pointillés lorsqu’elle transcrit des mots chuchotés, en forme de nuage lorsqu’elle traduit une pensée, en éclats pour exprimer la colère, etc.). La “queue” de la bulle désigne le personnage qui parle.


Les cases d’une BD peuvent contenir des cartouches (ici, au masculin) : il s’agit d’espaces réservés au récitatif, comme une sorte de “voix off” qui viendrait commenter la scène.
La BD, c’est aussi des idéogrammes, c’est-à-dire des représentations graphiques traduisant certains sentiments (un cœur pour l’amour, un nuage noir et un éclair pour la colère, etc.). Les onomatopées, quant à elles, ont pour rôle de restituer les bruits.
Mis à part les mangas, toutes les BD suivent un sens de lecture classique (de gauche à droite). Parfois, ce rythme peut être un peu bouleversé, lorsque des cases se chevauchent, par exemple. Dans ce cas, des flèches indiquent le sens de lecture à suivre. La lecture des bulles suit la même logique : dans une case, la bulle la plus à gauche est la première parole prononcée par le personnage.


La lecture d’une BD a la particularité de mêler dans un même espace du texte et de l’image.
C’est grâce à la bulle que la BD intègre le texte au cœur de l’image.
Mais alors, que faut-il regarder en premier dans une BD ? Le texte ou le dessin ?
En fait, il n’y a pas d’ordre de lecture imposé : certains lisent d’abord la bulle pour regarder ensuite le dessin, tandis que d’autres préfèrent la méthode inverse. Comme dans l’album pour enfants (l’ancien “livre d’images”), cette relation étroite entre texte et image peut prendre différentes formes (redondance, complémentarité, opposition, etc.) et rend la lecture plus riche.
Ici, par exemple, le texte contredit l’image et vice versa.
Lire une bande dessinée, c’est suivre un enchaînement de cases et lui attribuer du sens. Les images d’une BD existent pour être lues dans un ensemble, et c’est leur succession, la “séquence”, qui crée la narration.
La narration est fragmentée par les espaces blancs qui séparent chaque case. C’est ce qu’on appelle en BD le mécanisme de l’« ellipse ». Les cases sont en quelque sorte des “morceaux” de narration, et c’est au lecteur de (re)créer leur lien logique. Le lecteur doit donc reconstituer ce qui a pu se passer entre deux cases (laps de temps qui s’est écoulé, action qui a eu lieu, etc.) pour comprendre l’histoire.


Les bandes dessinées actuelles regorgent de créativité, s'affranchissent des contraintes et leur lecture peut parfois surprendre. Qu'il s'agisse de la composition des planches, de l’agencement des cases, du nombre de pages ou des techniques de dessin, les auteurs prennent de plus en plus de liberté. Noir et blanc, couleur, romans graphiques, BD muettes… tout est possible !
En résumé, il n’y a pas de “modèles”, mais différents types de BD : à vous de les découvrir !