Cours et exercices de français,examens normalisés niveau collégial,révisions,exercices corrigés
Tout enseignant peut être confronté à un moment ou à un autre à des élèves " difficiles " ou à des classes "difficiles ".
D’abord, se poser les bonnes questions:
1 - Qu'est-ce qu'un élève difficile? Pour l'enseignant, un élève " difficile " c'est en général soit un élève qui perturbe (agitation, contestation, provocation, agressivité) soit un élève qui refuse de travailler. Classement des difficultés comportementales observées en classe Les problèmes liés au travail scolaire : - l'élève présentant un syndrome d'échec scolaire: se croit incapable de réussir l'activité, abandonne facilement, anticipe l'échec; stigmatise "Je suis nul" ; - l'élève sous-performant et peu motivé: indifférent au travail, fait le minimum; - l'élève faible: bonne volonté mais les résultats ne suivent pas; - l'élève perfectionniste: anxieux par rapport aux résultats et aux erreurs, ne participe que s'il est certain de la réponse, insatisfait de ses productions. Les problèmes liés à l'agressivité : - l'élève hostile et agressif: coléreux, difficile à contrôler, il peut présenter une menace pour les autres et pour l'enseignant - l'élève passif et agressif: plus dérangeant que dangereux, il s'oppose aux règles et aux consignes de travail ; - l'élève provocateur: il mène une lutte permanente contre le pouvoir de l'enseignant en cherchant à le dévaloriser aux yeux des autres élèves. Les problèmes liés aux rôles attendus par le système scolaire : - l'élève hyperactif: il reste difficilement en place, dérange les autres par des bruits, fait des commentaires sur tout ; - l'élève distrait et manquant de concentration: il a de la difficulté à maintenir son attention sur une tâche scolaire et se laisse distraire par la moindre perturbation ; - l'élève immature: il ne manifeste pas le même contrôle de soi que ses camarades, est plus émotif et souvent en dépendance par rapport à l'enseignant. Les problèmes liés aux interactions sociales : - l'élève rejeté par les autres: il manque de "compétences sociales" pour s'intégrer aux autres, se retrouve souvent seul et peut devenir le "bouc émissaire" de la classe ; - l'élève timide: il évite d'attirer l'attention, prend peu d'initiatives ou de responsabilités, est rarement sollicité en classe. 2 - Qu'est-ce qu'une classe difficile? Une classe " difficile " c'est en général soit une classe bavarde, qui refuse de travailler.
soit une classe passive, apathique. Comment se caractérisent les dérégulations scolaires: Essai de classification des principales dérégulations et violences scolaires (référence : « Classes difficiles » - Blin, Deufoleu) La violence scolaire dans les classes (décrite par les profs) Violences symboliques absentéisme occasionnel, sélectif ou régulier ; arriver en retard, sortir avant la sonnerie ; passivité, indifférence à l'enseignement ; manque d'attention, difficulté de concentration ; dormir en classe, bâillements, soupirs... bruits, bavardages, agitation, chahut ; faire autre chose que le travail demandé ; refuser de faire un travail ; quitter la classe sans demander l'autorisation ; copier, tricher ; consumérisme scolaire (exigence sur les contenus) ; mise en cause de la compétence des enseignants. Incivilités, violences verbales et délits interrompre l'intervention du prof ou d'un élève ; contestation des notes, du travail, des contenus; moquerie, insolence, attitude de défi ; baladeur, fumer, boire, manger en classe ; indécence; vol. grossièreté, injure spécifique, agressivité ; chantage, menace verbale ; propos sexiste à l'encontre de l'enseignant(e) ; racisme ou chantage au racisme ; harcèlement sexuel ; trafic de stupéfiants ; port d'arme ; intrusion d'une personne étrangère dans la classe. Violences physiques dégradation des locaux, détérioration du matériel ; détérioration de biens du personnel; bagarre entre élèves ; bizutage ; racket sur les devoirs, sur les biens ; caïdat dans la classe, l'établissement ; violence sexuelle entre élèves ; violence physique sur un membre du personnel ; violences intériorisées : conduites addictives (alcool, tabac, stupéfiants), automutilation, anorexie, suicide. La violence scolaire perçue par les élèves ... du côté des profs et de l'institution Violences symboliques absence de prise en compte de la parole des élèves par le prof ou un personnel de l'administration; diffusion d'informations personnelles ; méfiance, doute, indifférence, déni; attitude de rejet de la part des adultes (regard) ; appréciation dévalorisante ; chantage à l'examen ou au conseil de classe; sanctions répétitives (colles, lignes...)non justifiées; renvoi de la classe, convocation chez le CPE ou le proviseur ; convocation des parents ; exclusion temporaire. Incivilités, violences verbales et délits autoritarisme dans la relation pédagogique ; ignorance volontaire (élève "transparent"); attitude irrespectueuse de l'adulte; moquerie, surnom humiliant ; stigmatisation (fainéant, nul, voleur, tricheur...); propos méprisants ; humiliation ; injure spécifique concernant un trait physique ou moral ; insultes, grossièretés ; propos racistes à l'encontre d'élèves; sexisme ; incivilités à l'égard de parents. Violences physiques violence institutionnelle (emploi du temps déséquilibré, classe surchargée, programme inadapté); lycée « boîte à sardines » et locaux vétustes ;
hurlements ; envoi de craie, gifle, coup de pied... ; atteinte à l'intimité (visite des chambres sans frapper, fouille des casiers...); conduites addictives des personnels: alcool, tabac, ,anxiolytique, antidépresseur. .. S’interroger L'élève difficile, la classe difficile : Pourquoi ? (Les trois sphères - Référence : « Ma classe est agitée. Pourquoi? » (Bruno Rabiller – Angers 7) I - Sphère extérieure à la classe : Problèmes sur lesquels je n'ai pas directement prise: fin de trimestre, familles monoparentales, le temps qu'il fait, des enfants suivis en pédo-psy, une majorité de garçons, des activités (piscine, sorties) qui génèrent le désordre, enfants du voyage non sédentarisés, absence de sommeil, télé trop présente chez certaines familles, un événement dans l'école, l'après cantine, une classe à cours double, ... Sans la nier, toute cette sphère n'est pas de ma compétence. - Un contexte économique et social instable et en perpétuelle évolution. Beaucoup de jeunes sont confrontés aujourd'hui à un environnement social en crise : ¨ Crise ou évolution " moderniste" de l'emploi qui s'accompagne d'un doute sur l'efficacité de l'école. ¨ Crise de la famille : instabilité des liens familiaux, relâchement du rôle éducatif des parents qui ont tendance aujourd'hui à s'identifier aux jeunes. ¨ Crise des valeurs : les valeurs traditionnelles (travail, effort) ne font plus leurs preuves car elles ne sont plus reconnues à l'extérieur de l'école. - Vécu scolaire antérieur et souffrance Le vécu scolaire est source de frustrations pour beaucoup d'élèves : - Enseignement inadapté, pas assez ouvert sur le monde extérieur - Sélection permanente où l'on est amené à renoncer plus qu'à choisir - Parole non prise en compte - Sentiment de mépris intériorisé Pour les élèves en situation d'échec installé, le sentiment d'humiliation, la honte, l'angoisse vont entraîner des séquelles psychologiques durables, c'est le syndrome d'échec scolaire. - En collège, la crise de l'adolescence L'adolescence se traduit par des transformations profondes sur les plans physique, psychique et social. Pendant cette période, la relation avec les parents se modifie; deux besoins contradictoires coexistent chez le jeune: ¨ Le besoin de dépendance ¨ L e besoin de séparation, s'accompagnant de contestation des valeurs parentales. La relation aux enseignants est alors caractérisée par ¨ L'identification : Les adolescents vont s'identifier à d'autres modèles que les parents, notamment à certains enseignants : C'est une étape nécessaire et constructive de la formation de la personnalité. ¨ La projection : Il est courant que les élèves projettent sur leurs professeurs les conflits qu'ils vivent avec leurs parents ou leurs propres conflits intérieurs. On dit que l'enseignant sert de surface de projection Un exemple d'escalade émotionnelle en collège, dont l’enseignant ne pouvait maîtriser tous les tenants et les aboutissants (... à méditer!) L'Histoire de Mickaël (élève de 3ème SEGPA ) 1ère tension: Mickaël part en cours après une dispute avec son père concernant sa moto; 2ème tension: Il arrive au collège et sa copine lui fait la tête sans explication ; 3ème tension: En cours de français, le professeur rend les contrôles et Mickaël qui pensait avoir la moyenne obtient un 9/20 ; 4ème tension: Cours de maths en 2ème heure, contrôle surprise et Mickaël comme la plupart des autres élèves n'a pas révisé ; 5ème tension: Dernière heure de la matinée en VSP, Mickaël qui est très tendu, prend son temps pour sortir son classeur. L'enseignant, fatigué, intervient avec agacement «Mickaël, dépêche-toi s'il te plaît! ». ... Mickaël prend son cartable et le jette violemment sur l'enseignant. Conséquence: conseil de discipline et une semaine d'exclusion. L'accumulation de tensions non régulées (escalade émotionnelle ) conduit, sous l'effet d'un événement anodin (« la goutte d'eau qui fait déborder le vase ») à une manifestation comportementale excessive. Plusieurs réactions sont possibles chez les élèves, face à une situation vécue comme violente : · La fuite : passivité, apathie, mutisme, absentéisme, abandon d'études · L'agressivité : contestation, provocation, menace allant jusqu'à l'agression · La soumission au système au détriment de l'épanouissement personnel. II -Sphère du « Moi » : c'est mon domaine personnel Je ne vais pas bien: problèmes de santé importants, financiers, personnels, familiaux (au sens large). C'est mon problème à moi, pas aux élèves... Quelle attitude adopter vis-à-vis des élèves ? Quelle répercutions sur le climat de la classe ? Exemple : Je débute dans le métier · J'éprouve de la fatigue professionnelle à cause de l’accumulation et de la surcharge de travail pour la mise en place des activités, la préparation des programmations, les corrections... · Plus envie de travailler, peur de d’assumer la responsabilité d’être « l’enseignant de la classe » aux yeux des collègues, des parents. · Les gosses me fatiguent, j’ai l’impression de me disperser, de dépenser trop d’énergie pour peu de résultats. · J’ en ai marre ... III -Sphère de la classe : La sphère de la classe, elle, est de mon domaine professionnel. Et là je peux AGIR Comment fonctionne un groupe classe et pourquoi peut-il dysfonctionner?
Pour que la classe fonctionne en tant que groupe, il est important que l'enseignant prenne en compte un certain nombre de besoins collectifs : ¨ besoin de sécurité: le sentiment de sécurité dans la classe est lié à l'existence de règles de fonctionnement clairement explicitées. ¨ besoin de cohésion : la cohésion se traduit par le partage des mêmes normes, des mêmes valeurs. Une cohésion faible va se traduire dans la classe par des conflits. ¨ besoin de reconnaissance: la classe en tant que groupe a besoin d'être considérée de façon positive par l'enseignant. ¨ besoin de communication et d'expression collective c'est un besoin fondamental mais la communication entre élèves, souvent qualifiée de bavardage, est n général réprimée. La parole collective des élèves n'est que rarement prise en compte dans le système scolaire. Si les besoins du groupe classe ne sont pas pris suffisamment en compte, il y a frustration. Celle - ci peut alors s'exprimer de façon spécifique, créant des phénomènes de groupe qu'il est utile de savoir décoder, par exemple comportements collectifs de violence ou anorexie scolaire. Ce sur quoi je dois réfléchir : ¨ –Les rythmes? ¨ - La préparation ? ¨ - La mise en place des contenus d’apprentissages ? ¨ - Mes consignes ? ¨ - L'organisation concrète des activités ? ¨ - Le local et l’aménagement de l’espace ? Pourquoi des problèmes de comportements dans la classe? Quelques explications possibles : - L'élève ne sait pas quoi faire ; - L'élève ne sait pas comment faire; - L'élève ne sait pas pourquoi il doit faire ce qu'on lui propose ; - L'élève n'a rien à faire ; - L'activité d'apprentissage est trop difficile; - L'activité d'apprentissage est trop facile; - Il ne comprend pas et est dépassé par la matière ; - L'activité ne l'intéresse pas et n'est pas signifiante pour lui ; - L'enseignant est trop réactif à son égard ; - En perturbant la classe, il reçoit l'attention de ses pairs et y prend du plaisir; - Les interventions visant à faire cesser ces comportements sont des punitions (le visant lui comme individu) et non des sanctions (qui condamnent plutôt l'acte déviant). Des pistes pour agir : Changer de regard... Il était d'abord nécessaire d'essayer de "comprendre" pour prendre conscience que: · Les comportements difficiles des élèves ne sont pas forcément dirigés contre la personne de l'enseignant et ne concernent que partiellement la relation sur le moment ; · Le comportement inadapté, agressif est généralement un message (besoin d'aide, de relation, d'écoute...) formulé de manière inadéquate; · Le comportement de l'enseignant (en tant que message) peut être, tout en refusant sa forme, une invitation à accepter la relation que l'élève tente d'établir mais en proposant des modalités plutôt centrées sur la raison que sur l'affectivité. L'enseignant n'a pas à aimer ou détester l'élève mais à s'intéresser, de manière professionnelle, à l'enfant ou au jeune qui cherche à comprendre le monde. Témoignages: Les enseignants qui réussissent avec les élèves " difficiles " : - voient ces élèves comme fragiles et ont un regard positif et optimiste sur eux. - accueillent et respectent l'élève, tout en se situant face à lui en tant que personne adulte référente posent un cadre, établissent des règles dans la classe - pratiquent une pédagogie de la réussite - favorisent l'expression individualisée des élèves en dehors de la classe et leur expression collective en classe - travaillent en partenariat avec l’équipe pédagogique et avec d'autres adultes professionnels, de l'établissement ou de l'extérieur. Il était également nécessaire de lister et de classer les difficultés ... Pour rechercher des propositions et moyens d'actions les plus adaptées à chaque situation: · dans la prévention · dans la gestion des "crises" Des pistes et références pour aller plus loin : · « Métier d’élève et sens du travail scolaire », Philippe Perrenoud - Collection pédagogies · « Le développement de la personne », Carl Rogers – Dunod · « Violences scolaires », Bernard Defrance et Pascal Vivet – Ecole et société · « Le lien éducatif : contre – jour psychanalytique », Mireille Cifali - PUF Des moyens pour agir La sphère extérieure : Travailler en équipe au sein de l’établissement Travailler en équipe permet de sortir de sa solitude et de trouver, avec d'autres, des solutions aux difficultés rencontrées avec les élèves. Cela suppose l'existence d'une équipe volontaire et motivée, qui élabore un projet pédagogique et qui se donne du temps de concertation. Pour les élèves " difficiles ", il peut être bénéfique de faire appel à d'autres professionnels Travailler avec l’équipe de circonscription, notamment les conseillers pédagogiques et les secrétaires des commissions spécialisées. Engager des partenariats :médical, social, psychologique, pédo-psychiatrique ... La sphère du moi : Je dois me questionner sur mon attitude vis-à-vis des élèves :
Moi-même ? (l’enseignant, une personne face à un groupe d’élèves) Suis-je juste ? Suis-je cohérent dans mes attitudes vis-à-vis des élèves (avec des interdits clairs et expliqués) ? Ma voix (mal placée, trop présente) et donc « énervante » pour les élèves ? Mes colères sont-elles justifiées ? courtes ? expliquées ? Suis je capable d’exprimer mon mécontentement de manière maîtrisée (« colère feinte ») ? Vais – je pratiquer des punitions collectives (idéales pour souder un groupe contre un adulte). Deux exemples: Je ne sais pas leur dire non : Mes consignes sont vite détournées et je l'accepte. Je me laisse faire peu à peu, ... Je suis trop laxiste. Les élèves prennent cela pour de la faiblesse. Je suis trop dans le rapport de force : Les élèves perçoivent cela comme du mépris. « Il va bien falloir qu'ils apprennent! » « On va voir qui c'est le chef! » Des pistes pour agir : Porter un regard positif sur l'élève " difficile " L'élève " difficile " a besoin d'adultes qui portent sur lui un regard positif et confiant. Cela peut lui permettre de restaurer la manière dont il se perçoit, ce qui peut enclencher un processus de changement. Accueillir et constituer le groupe classe En début d'année, il est souhaitable de prévoir un temps suffisant pour faire connaissance et se mettre en projet en créant des situations favorisant la communication entre élèves. D'une relation de pouvoir à une relation d'autorité Avoir de l'autorité, c'est exercer une relation d'influence visant à obtenir l'adhésion sans faire appel à la force, c'est acquérir des compétences, " faire autorité ", c'est permettre aux élèves de devenir " auteurs " d'eux - mêmes, c'est - à dire d'acquérir eux - mêmes de l'autorité. Pratiquer une pédagogie de la motivation Aider un élève à se motiver c'est être soi - même motivé, croire au postulat d'éducabilité, rendre l'élève acteur, mettre l'élève en situation de réussir. Etre à l'écoute, dans une relation individualisée Etre à l'écoute de l'autre, c'est d'abord être à l'écoute de soi, c'est-à-dire attentif à reconnaître ses sentiments, face aux élèves " difficiles ". Les obstacles à l'écoute sont la directivité, le désir d'obtenir des résultats immédiats, la réactivité et la non-authenticité. L'entretien dans une relation d'aide suppose la mise en oeuvre d'un cadre et d'attitudes facilitantes qui vont permettre à l'élève de donner un nouvel éclairage à ce qu'il vit et de prendre de la distance par rapport à son problème. Susciter l'expression collective des élèves sur leur vécu scolaire L'expression collective des élèves sur leur vécu scolaire peut prendre différents aspects : séances de régulation, bilan/évaluation... L'expression collective des élèves redonne un certain pouvoir au groupe classe et favorise l'apprentissage de la socialisation .
Pour une meilleure communication relationnelle, il faudrait essayer de ... Émettre des messages positifs : - renvoyer régulièrement des messages positifs, d'encouragements à la classe pour conforter son image et la rassurer. (Faire attention à la démobilisation collective par répétition de messages négatifs et comparaisons avec d'autres classes) - informer les parents d'une amélioration du comportement ou du travail de leur enfant. Éviter la communication réactionnelle : - ne pas se sentir systématiquement visé par un comportement perturbateur ; - ne pas accorder une importance excessive à certaines manifestations d'agressivité ; - être à l'écoute des besoins ou des angoisses manifestés par un comportement hostile; - exprimer de manière assertive (affirmation de soi) ses exigences. Il paraît donc souhaitable de travailler les registres relationnels - Donner du sens aux exigences de langage et d'attitudes en classe ( c.a.d. justifier les par rapport aux différents contextes de communication) - Réagir systématiquement et sans agressivité aux propos ou attitudes inacceptables ; - Faire répéter les expressions inadaptées, vérifier l'intention (agression) et reformuler la pensée (est-ce que tu veux dire que ... ?); - Resituer les codes comportementaux des élèves par rapport à leur milieu d'origine. Inciter à les diversifier selon les contextes et les situations sociales (jeux de rôles, textes à trous de communication en fonction du contexte d'interlocution, bulles de BD...); - Sanctionner, parfois, par des travaux écrits pour aider à réfléchir sur les attitudes déplacées en classe, leurs conséquences et l'évaluation des risques encourus ; - Dans le cadre des heures « vie de classe », discuter des représentations divergentes concernant les comportements et les attitudes langagières inadaptées à la classe. La sphère de la classe 1 – L’organisation Les rythmes? Y a-t-il des rituels ? de début et de fin d'activité ? de fin de journée ? Rythme de travail : trop lent (ennui) ou bien trop élevé ( angoisse ) ? Une synthèse trop longue ( en élémentaire) ? Y a-t-il un projet ce mois-ci, ce trimestre, ou bien les élèves sont-i1s dans la routine du quotidien ? La préparation ? Trop floue (pas assez pensée, pas assez consistante) ou trop rigide (Je termine coûte que coûte quelque chose de trop dur pour les élèves). Je ne sais pas m'arrêter ou à l'inverse je ne sais pas improviser. Je m'épuise dans la préparation et je manque de force en classe. L'organisation matérielle ? le nombre de feuilles, le matériel, le placement des élèves (par 2, par 4, seuls ...) Les enfants peuvent-ils s'isoler. ..et coopérer (équilibre important ) ? Les élèves savent-ils ce qu'ils vont faire ? Je ne peux pas être disponible pour 20 ou 28. Qu'est-ce que je prévois pour me démultiplier ? · l'ATSEM, l'emploi jeune ... · des activités, des jeux (si l'élève a terminé) · des coins et aménagements de l’espace (lecture, travail autonome, jeux...)
Le local ? Est-il chaleureux, accueillant ? Affichage des travaux d'enfants ? (en maternelle, mais aussi en élémentaire). En quoi peut-il aider à fixer la mémoire ? Appartient-il à tous ? Pouvons-nous en être fiers ? Le local évolue-t-il en cours d'année ? Mes consignes ? Orales ? écrites ( en élémentaire) ? visuelles ? Trop longues ? trop compliquées ? Non validées à la fin (chacun a fait ce qu'il a voulu) ? Rythme de la séance : quelques conseils concrets... Pour commencer un cours ou une leçon, il est possible de ... - laisser aux élèves un temps d'installation (2 à 3 mn ) pour prendre les affaires ; - obtenir l'attention des élèves (exercice de concentration, activité d'amorçage ...) ; - annoncer le thème et écrire les objectifs spécifiques en terme de savoirs, savoir-faire et éventuellement d'attitudes visées par le nouvel apprentissage ; - situer le nouvel apprentissage par rapport aux précédents ; - montrer le sens et l'intérêt de ce qu'on va apprendre ( "à quoi ça sert ?"); - préciser comment les savoirs seront évalués (ce qu'on attend des élèves), Pour terminer un cours ou une leçon, il est possible de... Réserver 10 mn de temps dans sa planification pour: - avoir une marge de manœuvre par rapport aux imprévus (questions, problèmes. ..) ; - permettre tout simplement, pour les élèves, une petite "respiration" entre deux cours - récapituler de manière synthétique les points essentiels en rappelant l'objectif de départ ; - proposer une activité d'évocation mentale de l'exposé (de la fin au début) ; - anticiper sur les prolongements possibles ou sur les contenus des prochains cours 2- Sanctionner? Mettre en place un cadre, élaborer des règles est nécessaire pour sécuriser les élèves, leur permettre de se structurer et leur apprendre à vivre ensemble dans des relations de respect mutuel, excluant la violence. Ces règles seront mieux respectées si les élèves ont participé à leur élaboration. Si la sanction est parfois nécessaire, elle n'a un sens que lorsqu'elle aide le jeune à comprendre la portée de ses actes. La prévention : exemples de construction collective des règles - Exemple de travail de groupe "Selon vous, quelles sont les règles à respecter pour avoir une bonne ambiance de travail ? Imaginez des exemples de non-respect des règles et envisagez les conséquences" ; - Réflexion collective autour des productions des élèves. L'enseignant précise aussi ses règles en tant que garant des valeurs, de la sécurité et des apprentissages; - Construction par catégories (règles concernant le respect, le travail, la communication, l'entraide...) ; - Un exemplaire des règles est distribué à chaque élève (selon le contexte, signatures de l'élève, de l'enseignant, des parents); - En début d'année, les règles peuvent avoir un caractère provisoire et seront améliorées dans le cadre des heures "vie de classe".
Il est préférable de sanctionner de manière éducative... - En début d'année, demander systématiquement à l'élève de prendre le règlement pour dire la transgression et prendre conscience que c'est le règlement qui sanctionne ; - Demander à l'élève de venir chercher sa sanction plutôt à la fin du cours ; - Choisir une sanction proportionnelle à la perturbation et identique aux cas semblables ; - Quand cela est possible, prévoir dans la sanction un travail de réflexion sur la transgression commise (ou tout au moins, alterner avec des sanctions moins "intelligentes"; - Être à l'écoute: Après le cours écouter les explications de l'élève, reconnaître les émotions et les sentiments qui peuvent se cacher derrière l'acte et rechercher avec lui des comportements alternatifs ; -Toujours vérifier la réalisation de la sanction par l'élève. 3 - Et les apprentissages dans tout cela? Une réflexion sur le sens des apprentissages à l'école et sur la manière dont les élèves apprennent est également indispensable pour parvenir à mieux gérer encore les groupes difficiles et les élèves perturbateurs. Qu'apprennent les élèves ? - des connaissances déclaratives: relatives aux faits, aux définitions de concepts ou de notions, à l'énoncé des lois - des connaissances procédurales: relatives aux processus et aux méthodes, et à leurs règles - des raisonnements: enchaînement de raisons propres à valider une assertion (démontrer, prouver, vérifier, argumenter) - des méthodes propres à chaque discipline: méthodes à mettre en perspective avec les champs de pratiques professionnelles et sociales - des technologies de travail intellectuel: outils de recherche et traitement de l'information; - des savoir-faire moteurs: taper au clavier, poser sa voix à l'oral... - des attitudes et des valeurs: rigueur, curiosité, coopération, solidarité, tolérance, citoyenneté. .. (Selon F. Clerc 1998) Techniques de recueil des conceptions - demander la définition de certains termes - faire représenter graphiquement (dessin, schéma) un aspect du phénomène étudié - faire commenter un schéma, une photo - partir d'une expérience qui étonne et demander d'émettre des hypothèses - proposer aux élèves de construire un modèle susceptible d'expliquer un phénomène - faire discuter les élèves à partir de faits ou d'affirmations contradictoires - confronter les élèves à une conception fausse ou en relation avec des croyances Il paraît essentiel que les élèves puissent garder une trace de ces différentes conceptions. (Selon G. de Vecchi et A. Giordan 1989) Pour travailler avec les conceptions et les erreurs - faire émerger les conceptions et en garder une trace - comparer les conceptions entre elles, les confronter avec des faits, des arguments, des expérimentations, des experts... - construire les situations d'apprentissage en privilégiant le dépassement, la rupture avec les conceptions erronées - à la suite d'un apprentissage, évaluer l'évolution des conceptions et permettre aux élèves de comprendre le processus de raisonnement initial - repérer et hiérarchiser les principales erreurs à partir d'évaluations formatives - analyser les raisons de ces erreurs (entretien d'explicitation) pour comprendre le type de difficultés rencontrées lors de l'apprentissage ; - proposer des situations de remédiation adaptées aux difficultés Pour donner du sens aux apprentissages Le sens d'un apprentissage peut s'élaborer en : - proposant une situation de mise en relation du nouveau savoir avec les préoccupations des élèves (les questions qu'ils se posent, les attentes, à quels besoins peut-il répondre, comment peut-il participer aux projets personnels ?) - resituant le savoir dans son contexte historique (à quelle période et pourquoi ?) - analysant sa dimension épistémologique (à quelle question, quel manque le savoir devait-il répondre, quelles oppositions, quelles transformations des visions du monde ?) - reliant le savoir aux pratiques professionnelles et sociales (en expliquant son utilité) - en inscrivant le nouvel apprentissage dans un projet collectif de classe (étude de milieu, journal, projet d'utilité sociale, réalisation d'un projet technique...) - mettant en place une expérimentation ou une situation-obstacle nécessitant le savoir pour la résoudre.