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Règles d'orthographe

RÈGLES D'ORTHOGRAPHE

Quand 2 verbes se suivent, le 2ème se met à l'infinitif :

Une succession de 2 verbes (ou davantage) signifie que seul le 1er possède un sujet, et que le 2ème est complément du 1er (le 3ème est complément du 2ème, etc.) :

ex : Il préférait se dépêcher pour éviter d'arriver en retard.

  • Il préférait quoi faire ? se dépêcher
  • se dépêcher pour quoi faire ? pour éviter...
  • éviter de quoi faire ? d'arriver en retard.

L'infinitif correspond à une action, un événement, à quelque chose qui se fait :

ex : J'ai vu la maison brûler = je l'ai vue en train de brûler (j'ai vu les flammes), j'ai vu la chose se faire.

Au contraire, le participe passé correspond à un état, ou un résultat, il s'utilise comme adjectif :

ex : J'ai vu la maison brûlée = j'ai vu la maison qui a brûlé, qui est brûlée (j'ai vu les cendres), j'ai vu le résultat de l'incendie.

Derrière une préposition, le verbe se met à l'infinitif :

En fait, c'est la même situation, le 2ème verbe est complément du 1er, et la préposition a justement pour rôle d'en faire un complément : COI souvent par exemple quand il est introduit par à ou de, complément circonstanciel de but derrière pour, etc.

Pourtant, dans les exemples suivants, on ne met pas un infinitif, mais un participe passé :

Il y a quelque chose de changé / Il y a une tasse de cassée (= quelque chose est changé / une tasse est cassée)

Il s'agit en fait d'un participe passé utilisé comme adjectif, et se rapportant au pronom indéfini quelque chose, ou au nom une tasse, par l'intermédiaire d'une sorte de particule, due simplement à un usage, et qu'il serait abusif d'analyser comme une préposition. Cette particule n'a pas toujours été utilisée, comme le montre l'exemple suivant datant du XVIIème siècle :

A qui venge son père il n'est rien impossible. (Corneille, Le Cid)

 

L'accord du participe passé

Participe utilisé sans auxiliaire :

Il est en situation d'adjectif, et s'accorde naturellement avec le nom.

ex : une fleur fanée

Avec l'auxiliaire être (seul) :

Il s'agit soit d'un verbe se conjuguant naturellement avec être aux temps composés, comme aller, venir, entrer, partir, etc., soit d'un verbe utilisé à la voix passive, donc avec l'auxiliaire être à tous les temps. Le participe passé s'accorde avec le sujet.

ex : elle est allée à Paris / ils sont venus / nous sommes parti(e)s [passé composé actif]

elle est portée par la foule [présent passif] / Ils ont été enthousiasmés par le spectacle [passé composé passif]

Avec l'auxiliaire avoir :

Le participe ne s'accorde que dans un cas : quand il existe un COD, et que celui-ci est placé devant le verbe, le participe s'accorde alors avec ce COD. Dans les autres cas, il ne s'accorde pas. Ex :

  • Nous avons mangé [pas de COD, aucun accord]
  • Nous avons mangé une pizza [COD derrière le verbe, aucun accord]
  • La pizza que nous avons mangée... / Cette pizza, nous l'avons mangée... [le COD est un pronom relatif ou personnel placé devant le verbe, on accorde le participe avec ce COD]

Les verbes pronominaux (+ se à l'infinitif) :

Ils se conjuguent aux temps composés avec l'auxiliaire être, mais ils suivent les règles d'accord de l'auxiliaire avoir. On cherchera donc s'il y a un COD. Celui-ci pourra être un groupe nominal ou un pronom aisément reconnaissable comme COD, ou bien le pronom réfléchi lui-même. Ex :

  • Elle s'est coupé une tartine [COD une tartine placé derrière le verbe, aucun accord, ni avec le COD ni avec le sujet]
  • La tartine qu'il s'est coupée... [COD que, représentant la tartine, féminin singulier, le participe s'accorde avec le COD placé devant le verbe]
  • Elle s'est coupée [le COD est en fait le pronom réfléchi se, qui représente le sujet, et c'est avec ce pronom que l'on accorde]
  • Les trois orateurs se sont succédé [on succède à quelqu'un : le pronom se est COI, et non COD, donc aucun accord]
  • Elle s'est évanouie [verbe essentiellement pronominal, où le pronom se ne représente plus rien, mais il est en situation de COD, et on applique un accord avec ce pronom qui est de la même personne que le sujet]
  • Les fleurs se sont bien vendues [verbe pronominal à sens passif, où on accorde avec le pronom se qui est en situation de COD, mais la phrase signifie en fait : "les fleurs ont été bien vendues"]
  • La robe qu'elle s'est fait faire [le pronom que, représentant la robe, est COD du 2ème verbe faire, qui signifie "fabriquer", et non du verbe pronominal "se faire..." qui a le sens de "demander, commander" ; on n'accorde donc pas le participe avec un COD qui n'est pas le sien]

Ces règles concernent la quasi-totalité des verbes pronominaux, même si on ne peut exclure un résidu infime de verbes qui suivent un accord (ou une absence d'accord) archaïque, que la réforme orthographique de 1990 a d'ailleurs corrigé.

 

Futur ou conditionnel ?

Le futur :

Si vous écrivez un courrier à un professeur ou à l'administration, évitez une faute fréquente du genre : Je viendrais au rendez-vous... Je ferais mon exposé..., car on se demande à quelle condition ou supposition vous subordonnez votre rendez-vous ou votre travail.

Vous devez utiliser le futur : Je viendrai... Je ferai...

La terminaison du futur, c'est ce qui ressemble tant au verbe avoir au présent (à moins que vous ne fassiez aussi des fautes au verbe avoir !). Regardez les 3 personnes du singulier, et la 3ème du pluriel : -ai / -as / -a // -ont : c'est le verbe avoir. Historiquement, le futur français s'est formé à l'aide du verbe avoir au présent, collé à la fin de l'infinitif (avec une contraction pour la 1ère et la 2ème personne du pluriel). Le tout en latin, of course ; ça donnait cantare habeo > cantareyo > chanterai. Pas l'ombre d'un -s dans tout cela.

Le conditionnel :

Il a de multiples utilisations, mais concernant son orthographe, c'est là que l'on trouve -ais à la 1ère personne, comme à l'imparfait. D'ailleurs, les terminaisons du conditionnel sont les terminaisons de l'imparfait, collées à la fin de l'infinitif, lequel sert de radical.

Ainsi, lorsque vous demandez un papier au secrétariat, écrivez Je voudrais... Je souhaiterais... Il me faudrait..., et non Je voudrai, ce qui signifierait « Demain, je vais vouloir, mais pour aujourd'hui, je ne veux pas encore »...

Si vous voulez approfondir les usages du conditionnel, reportez-vous aux pages de Grammaire Française, mais retenez au minimum que le conditionnel est utilisé dans l'expression de la politesse, et que la politesse est la bienvenue dans tout courrier administratif.

 

Quelques fautes courantes à éviter

Souvenez-vous qu'on écrit eh bien, et non *et bien (qu'est-ce que ça veut dire, "et puis bien" ?!) ; quelque chose, ou quelque part, sans coller les mots, parce que ces locutions sont faites sur une chose, une part ; être en train de, en trois mots, à distinguer de avoir de l'entrain (de la bonne humeur) ; j'en ai davantage que lui (= plus que lui), à distinguer de Il n'y a pas d'avantage à faire cela (contraire de : il n'y a pas d'inconvénient à...).

Distinguez quel que... de quelque(s) : Quelle que soit votre réponse... (= que votre réponse soit n'importe laquelle) ; quoi que ce soit (que cela soit n'importe quoi) ; mais quelques uns, quelques personnes, quelque temps (le temps ne se divise pas) ; quoique vous ne soyez pas d'accord (= bien que vous... ; évitez malgré que..., c'est du langage parlé, surtout si vous oubliez ensuite le subjonctif !).

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