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Cours et exercices de français,examens normalisés niveau collégial,révisions,exercices corrigés

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Comment corriger les erreurs phonétiques des apprenants arabophones ?

Comment corriger les erreurs phonétiques des apprenants arabophones ?

  1. Introduction :

La prononciation n’est jamais la même d’un étudiant à l’autre. Les apprenants ne sont guère égaux face à ce qu’ils considèrent souvent comme un véritable problème. Certains en effet parviendront très rapidement à parler pratiquement sans accent, alors que d’autres n’y arriveront jamais. Il est important de corriger dès le départ certaines erreurs gênantes, avant qu’elles ne se fixent définitivement. Après un certain niveau, on peut malgré tout atténuer certaines erreurs de prononciation, mais très rarement les faire disparaître. Les recueils d’exercice ne sont pas véritablement d’une très grande aide, quand on est face à un public avec des problèmes spécifiques au contexte, comme c’est le cas au Maroc. En effet, un apprenant aura à l’oral son propre système de référence qui se fonde sur les repères de sa propre langue maternelle.

Il est important de proposer une autre démarche que celle qui est proposée dans les manuels et qui se borne souvent à proposer des exercices de discrimination auditive. Ces exercices sont en effet utiles pour distinguer les sons, mais ils ne servent pas vraiment à les produire.

Nous proposons ici une démarche adaptée aux apprenants arabophones, puisque nous tentons de répondre à leurs erreurs phonétiques.

Les apprenants marocains débutants commettent des erreurs de prononciation de sons (=phonèmes), mais aussi des fautes de rythme et d’intonation, que le professeur de langue corrigera progressivement au fil des activités orales.

Il est primordial de déterminer avant tout ce qu’est la phonétique : elle se définit comme l’ensemble des sons d’une langue. Le français comprend 37 phonèmes au total (19 voyelles et 18 consonnes). Chaque son correspond à une ou plusieurs graphies différentes :

  • Ex : le son [] peut être écrit de différentes façons → en, an, em, am.

Nous proposons d’abord de nous familiariser avec l’orthographe phonétique que nous allons utiliser ici.

En français, il y a 26 lettres, 37 phonèmes et plus de 130 graphèmes différents. Un phonème correspond à une unité de son et un graphème est une occurrence graphique de ce son.

L’Alphabet phonétique international est le code utilisé dans la plupart des dictionnaires pour différentes langues dont le français.

La correction phonétique suppose quelques principes de base qu’il faut respecter  :

  1. Utilisez toujours la langue cible
  2. Ne séparez surtout pas les activités de correction phonétique des autres activités orales
  3. Essayez de mettre en œuvre une pratique pédagogique qui permette aux apprenants de corriger aussi bien les erreurs de rythme et d’intonation que les erreurs phonétiques
  4. Donnez la priorité au travail portant sur le rythme et l’intonation.

    2. L’intonation et le rythme  :

    2.1. Qu’est-ce que l’intonation ?

    Il s’agit de la mélodie que produit un énoncé significatif, c’est-à-dire, qui est porteur de sens.

    Nous distinguons trois fonctions différentes pour l’intonation :

    1. fonction distinctive
    2. fonction démarcative
    3. fonction expressive

    La fonction distinctive permet, en l'absence de marques syntaxiques, de distinguer par exemple  une phrase déclarative, d'une phrase interrogative ou impérative

    Ex  : - Il est là. (affirmatif)

    - Il est là ? (interrogatif)

    - Il est là ! (exclamatif)

    La fonction démarcative consiste quant à elle à marquer une frontière entre des groupes rythmiques (sachant qu’un groupe rythmique est la plus petite unité de sens servant à communiquer, étant entendu qu’il peut s’agit également d’un simple mot, comme : « viens ! »ex de groupe rythmique : « Il va à Lattaquié »  ou « un homme ! »)

    La phrase se divise donc en GR repérables à l'oreille par les mouvements mélodiques montants et descendants portés par les syllabes accentuées à la finale de chaque groupe. Ces unités intonatives ou "prosodiques"  structurent  la phrase et aide l'auditeur à construire du sens.

    Ne peuvent pas être des groupes rythmiques :

    • les noms communs, employés sans article
    • l’emploi absolu des verbes : il a, il est, il fait, il doit, il va

    Cette fonction aide à corriger ensuite les apprenants, en les faisant répéter groupe rythmique par groupe rythmique.

    La fonction expressive appartient au niveau du subjectif et traduit les émotions, les intentions, les attitudes du locuteur, et se réalise de multiple façons selon le degré d'expressivité, la personnalité et les intentions de communication de chacun Un énoncé peut exprimer des sens différents, qui dépendent ainsi de l’intention du locuteur.

    Ex : « Tu viens samedi ? » Cette interrogation peut être une demande de confirmation, un reproche, l’expression de l’incrédulité…

    Cela signifie que le sens ne dépend pas uniquement du sens des mots, mais aussi de l’intonation et du contexte communicatif, de la situation dans laquelle se trouvent les locuteurs.

    Il est impossible d’étudier la fonction expressive d’un énoncé qui est en dehors de toute situation de communication.

    La ponctuation ne suffit pas à donner l’intention de communication. C’est une aide non négligeable, mais le contexte seul détermine si il s’agit d’un reproche, d’une inquiétude, d’une envie…

    Nous avons par conséquent trois fautes d’intonation possibles :

    • faute d’intonation par rapport à la fonction distinctive : un énoncé interrogatif à la place d’un énoncé exclamatif par exemple
    • l’apprenant ne marque pas les frontières des groupes rythmiques : « Tu vas/ bien / Rami ? » au lieu de : «Tu vas bien / Rami ? »
    • Il donne une autre fonction expressive : la jalousie au lieu du reproche par exemple

    Toutes ces fautes peuvent se produire ensemble.

    2. L’intonation et le rythme  :(suite)

    2.2. Qu’est ce que le rythme ?

    Le rythme dépend beaucoup de la syllabe, qui est l’unité rythmique de base à l’oral.

    Mais attention, il s’agit de la syllabe à l’oral et non à l’écrit, comme en prosodie.

    Ex : « Ils arrivent avec du retard » 8 syllabes

    NB : on ne prononce pas le « e » en position finale en général, sauf dans des mots courts : je, de, ce, me … et sauf quand on veut éviter une suite de trois consonnes orales dans un groupe rythmique

    Ex : « Ils ne sortent jamais », pour éviter le « rtj »

    Les fautes de rythme  :

    - oubli d’une syllabe ex : « il va Damas demain », au lieu de « il va à Damas demain »

    - Ajout d’une syllabe ou syllabe accentuée  ex : « Ils ado rent la vie ! »

    - Ajout d’un phonème, y compris les liaisons ex : il est trop peti t (prononciation du « t » final)

    Conseils  :

    • Ne syllabez pas : ne ralentissez pas de façon exagérée, n’accentuez pas les syllabes, ne déformez pas l’intonation
    • ne parlez jamais trop lentement, car on risque d’habituer les apprenants à un rythme qui n’existe pas en réalité.
    • Faites toujours bien sentir aux apprenants quelle est votre intention de communication.

    3/ Les phonèmes en français

    Les fautes phonétiques des arabophones sont les suivantes :

    3.1 Sons vocaliques  :

    • [ i ] ou [ u ] au lieu de [ y ]
    • [ ] au lieu de [œ] ou [ø]
    • [ i ] au lieu de [ ε ] ou [ ε ] au lieu de [ i ]
    • Dénasalisation : [ in ] au lieu de []

    [ an ] au lieu de []

    [ on ] au lieu de []

    • confusion entre les voyelles nasales

    3.2 Sons consonantiques  :

    • [ b ] au lieu de [ p ]
    • [ f ] au lieu de [ v ]

    Il existe d’autres fautes phonétiques, mais il s’agit ici de celles qui sont les plus fréquentes à l’oral, et qu’il nous appartient de corriger impérativement.

    La correction de ces erreurs phonétiques devra tenir compte de la hauteur, de la tension et de l’ouverture, ainsi que de la labialisation pour les voyelles

    Nous tiendrons compte de la hauteur et de la tension pour la correction des consonnes.

    4/ La correction des fautes d’intonation, de rythme, et de phonèmes

    Quelques conseils avant de commencer !!!

    Il ne suffit pas en tant qu’enseignant de répéter à l’apprenant la forme correcte, car il n’est pas habitué à ces phonèmes et ne les entend pas de la même façon.

    Il faut qu’il répète, qu’il se corrige.

    Mais Il est impératif de faire répéter des énoncés communicatifs. Reprenez éventuellement le mot mal prononcé dans un énoncé court, qui ait du sens. On ne travaille jamais sur des sons isolés, ni sur des syllabes.

    Les enseignants pensent souvent que les exercices reposant sur les oppositions binaires (dans les méthodes de FLE) suffisent à travailler tel ou tel phonème. Or, c’est uniquement un moyen de vérifier un acquis et non un exercice d’apprentissage en soi. Il faut donc trouver d’autres manières de les initier aux particularités mélodiques et phonétiques de la langue française.

    4.1. Correction du rythme et de l’intonation

    Découpez l’énoncé en groupes rythmiques et procédez à des répétitions régressives et progressives.

    Le découpage en groupes rythmiques n’est pas le même dans les deux formes de répétition, car l’accentuation est à la fin du groupe rythmique en répétition régressive et au début en répétition progressive. Si on veut aussi mettre l’accent sur un son jusqu’ici mal prononcé, on mettra le phonème mal prononcé en position initiale dans la phrase afin qu’il soit répété plusieurs fois, grâce à la répétition progressive. Grâce à ces deux formes de répétition, on peut corriger le rythme, l’intonation mais aussi des phonèmes mal prononcés.

    Ex de répétition progressive  : Tu pars à Damas, Jeudi soir?

    Découpage en groupes rythmiques et répétition :

      • Tu pars ?
      • Tu pars à Damas ?
      • Tu pars à Damas jeudi ?
      • Tu pars à Damas jeudi soir ?

    Ex de répétition régressive  : Tu pars à Damas, jeudi soir ?

    Découpage en groupes rythmiques et répétition :

      • Jeudi soir ?
      • Damas, jeudi soir ?
      • A Damas, jeudi soir ?
      • Pars à Damas jeudi soir ?
      • Tu pars à Damas jeudi soir ?

    Il y a souvent plus de formes à répéter dans la répétition régressive.

    Il est possible aussi de reproduire la mélodie avec des dadada avant defaire répéter la phrase.

    Tu vas bien ? = da da da ?

    La correction du rythme et de l’intonation peut intervenir dans toutes les activités d’oral quelles qu’elles soient (lecture, jeu de rôle, chant, expression orale…)

     

    4/ La correction des fautes d’intonation, de rythme, et de phonèmes(suite)

    4.2. Etude des sons en français :

    Le système vocalique est très différent de celui qui existe en arabe, et nous dénombrons d’ailleurs plus de sons vocaliques en français qu’en arabe. C’est la raison pour laquelle les arabophones font beaucoup de fautes sur les sons vocaliques, et qu’elles doivent être corrigées dès le début avant d’être fixées.

    Le son [ i ] est le plus aigu et le son [ u ] est le plus grave.

    Les sons les plus fermés et les plus tendus sont : [ i ] , [ y ] et [ u ]

    Le son le plus ouvert et le plus relâché : [ a ]

    En ce qui concerne les voyelles nasales, nous remarquons que :

    • [] est la voyelle la plus aiguë
    • [] est la voyelle la plus grave
    • [] et [] sont les voyelles les plus tendues
    • [] est la plus ouverte et la plus relâchée

     

    Tableau articulatoire et acoustique des voyelles

     

    Le système consonantique est plus simple pour les arabophones … seules quelques sons sont difficiles à prononcés car ils n’existent pas en arabe : [ p ] et le [ v ] notamment.

     

    Tableau sur le classement auditif : Grave / aigu

    Les consones les plus aiguës sont : [ s ] , [ t ] et [ z ]

    Les consonnes aiguës sont : [ d ] et [ n ]

    Les consonnes neutres sont [] [] [ k ] [ g ] et  []

    Les consonnes graves sont : [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ]

     

    Les consonnes les plus tendues sont [ s ] [ p ] [ t ] [ k ]

    Celles qui sont moyennement tendues sont : [ z ] [ b ] [ d ] [ g ] [ ] [ v ]

    Les plus relâchées sont les semi-consonnes [ j ] [ w ]

     

    4/ La correction des fautes d’intonation, de rythme, et de phonèmes, (suite)

    4.3. Correction des phonèmes :

    On doit corriger souvent les élèves mais en tant qu’enseignant de FLE, on ne doit pas intervenir plus de 10 à 20 secondes par étudiant pour le corriger lors d’une activité orale.

    On corrige un seul élève à la fois.

    Lors des répétitions, on ne fait jamais répéter tous les apprenants ensemble, mais élève par élève.

    Faites intervenir l’écoute active : les autres apprenants écoutent et mémorisent le son répété par un autre (l’audition dans ce processus est aussi important que la répétition d’autant qu’une mauvaise prononciation est souvent due à une mauvaise audition.

    De même, on ne corrige qu’un seul problème phonétique à la fois.

    Il est logique que les élèves commettent des fautes de prononciation et les résultats du correction phonétique ne sont jamais immédiats car l’apprenant doit se libérer des habitudes d’écoute et de prononciation de sa propre langue maternelle pour pouvoir acquérir progressivement la maîtrise du système phonologique de la langue cible.

    Le système de correction phonétique préconisé ici est le verbo-tonal :  

    • → Nous travaillerons toujours dans un contexte, jamais sur des mots ou sons isolés
    • → Le principe de base est de mettre le phonème mal entendu, ou mal prononcé dans un entourage le plus favorable possible phonème et intonation) puis d’aller progressivement vers un entourage de plus en plus défavorable.

    Les étapes consistent à  :

    1. analysez le phonème fautif (trop grave, trop aigu, trop tendu, trop relâché, trop ouvert, trop fermé…)
    2. Trouvez des mots ou l’entourage sera favorable, moins favorable, défavorable
    3. Créez des micro-conversations où l’intonation des énoncés complètera la même progression de l’entourage choisi du plus favorable au très défavorable. Ces micro-dialogues devront bien sûr mettre en œuvre des structures et du lexique correspondant au niveau des apprenants. Il faut donc en créer pour tous les sons problématiques pour les arabophones.

    5. L’exemple des phonèmes [ y ] / [ u ] en décrivant toutes les phases

    Ex du phonème fautif :

    • Où est Joumana ?
      • Elle est dans la roue

    L’apprenant prononce mal le son [ y ] . Il prononce trop grave, et il faut l’amener à prononcer aigu. C’est une faute typique des arabophones.

    A/ Première étape :

    Utilisez un autre exemple où le son [ y ] se trouve à la fin du groupe rythmique. Mettez avant le son [ y ] des consonnes aiguës comme le [ s ] ou le [ t ] . Utilisez une intonation favorable, c'est-à-dire montante, qui accentue le caractère aigu du phonème (interrogation ou exclamation)

     

    • C’est dessus ?
    • Il est têtu ?

    NB: Vous pouvez lors de cette phase labialiser, c’est-à-dire montrer la projection des lèvres en avant aux apprenants, qui vont reproduire ce mouvement, et réussir très facilement dès cette phase à reproduire le son [ y ] désiré.

    B/ Deuxième étape

    Utilisez le même exemple avec une intonation défavorable, c’est-à-dire descendante. Nous conservons l’entourage favorable et le son [y ] en fin de groupe rythmique .

     

    • C’est dessus.
    • Il est têtu.

     

    C/ Troisième étape

    Utilisez une intonation favorable (montante), un entourage neutre et mettez le son en fin de groupe rythmique.

     

    • Il boit du jus.
    • Chut.

    D/ Quatrième étape

    Utilisez une intonation défavorable (descendante), un entourage neutre à la fin du groupe rythmique.

     

    • Il boit du jus.
    • Chut.

    E/ Cinquième étape

    Utilisez une intonation favorable (montante) et un entourage défavorable, c’est-à-dire des consonnes graves comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ] , et mettez le son en fin ou au milieu du groupe rythmique .

     

    - Elle l’a bu ? ou : Elle l’a vu ?

    F/ Sixième étape

    Utilisez une intonation défavorable (descendante) et un entourage défavorable, c’est-à-dire des consonnes graves comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ] , et mettez le son en fin ou au milieu du groupe rythmique.

     

    - Elle l’a bu. ou : Elle l’a vu.

    G/ Septième étape

    Introduisez enfin les sons [ y ] / [ u ] dans le même énoncé avec une intonation favorable puis défavorable.

     

    • Elle est où ? Tu l’as vu ?
      • Elle joue dans la rue.

     

    6. L’exemple des phonèmes [ œ ] / [ ] en décrivant toutes les phases

    Ex du phonème fautif : Il est six hores ? Au lieu de « Il est six heures ? »

    L’apprenant prononce mal le son [ œ ] . Il prononce trop grave, comme pour le son [ y ] et il faut l’amener à prononcer plus aigu. Il s’agit également d’une erreur phonétique typique chez les arabophones.

    A/ Première étape :

    Utilisez un autre exemple où le son [ œ ] se trouve à la fin du groupe rythmique. Mettez avant le son [ œ ] des consonnes aiguës comme le [ s ] ou le [ t ] . Utilisez une intonation favorable, c'est-à-dire montante, qui accentue le caractère aigu du phonème (interrogation ou exclamation)

    • Il est directeur ?
    • C’est ton professeur ?

    B/ Deuxième étape

    Utilisez le même exemple avec une intonation défavorable, c’est-à-dire descendante. Nous conservons l’entourage favorable et le son [œ ] en fin de groupe rythmique

     

    • Il est directeur.
    • C’est ton professeur.

     

    C/ Troisième étape

    Utilisez une intonation favorable (montante), un entourage neutre et mettez le son [ œ ] en fin de groupe rythmique

     

    • C’est un gagneur ?
    • C’est l’heure ?

    D/ Quatrième étape

    Utilisez une intonation défavorable (descendante), un entourage neutre à la fin du groupe rythmique

     

    • C’est un gagneur.
    • C’est l’heure.

    E/ Cinquième étape

    Utilisez une intonation favorable (montante) et un entourage défavorable, c’est-à-dire des consonnes graves comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ] , et mettez le son [ œ ] en fin ou au milieu du groupe rythmique

    • Tu n’as pas peur ?
    • Il y a du beurre ?

    F/ Sixième étape

    Utilisez une intonation défavorable (descendante) et un entourage défavorable, c’est-à-dire des consonnes graves comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ] , et mettez le son en fin ou au milieu du groupe rythmique.

     

    • Tu n’as pas peur.
    • Il y a du beurre.

    G/ Septième étape

    Introduisez enfin les sons [ œ ] / [ ] dans le même énoncé avec une intonation favorable puis défavorable .

    • Il est fort, ce docteur ?
    • Quelle horreur, ce port !
    • Je sors à quatre heures.
    6. Exemples de correction des phonèmes nasalisés [] / [] / []
    La dénasalisation

    L’apprenant prononce une voyelle orale suivie d’une consonne au lieu d’une voyelle nasale. Nous devons l’amener à produire voyelle nasale (sans consonne finale). Il va falloir non pas tendre, mais faire relâcher.

    A/ Première étape :

    Nous devons donc utiliser un entourage relâché et grave, favorable à la production d’une voyelle nasale .

    Nous mettrons les voyelles nasales en position finale avec une intonation descendante, et nous allongerons la voyelle au maximum en decrescendo .

    Il produira une nasale dans un premier temps, même s’il différencie mal les nasales entre elles. On marquera la distinction entre les nasales dans l’étape suivante.

    [] / [] / []

    • Ex du phonème [] : Il parle allemand « Il parle allemananananan »
    • Ex du phonème [] : Tu as raison «  tu as raisononononon »
    • Ex du phonème [] : C’est ton copain «  c’est ton copainainainainain »

     

    Opposition entre les nasales

    []  est très aigu, []  et [] sont plus graves

    Distinction [] et []

    []  est aigu et tendu et [] est assez grave et relâché.

    A/ Première étape  avec le son [] :

    Utilisez une intonation montante, et mettre le son []  en position finale et un entourage favorable c’est-à-dire aigu et tendu pour le son []  

     

    • C’est ton médecin ?
    • C’est un dessin ?

     

    B/ Deuxième étape avec le son []

    Utilisez une intonation défavorable (descendante) et un entourage favorable, c’est-à-dire des consonnes aiguës, comme [ s ]   [ t ]   [z]   [ d ]  ou [ n ]

     

    • C’est ton médecin. 
    • C’est un dessin.

    C/ Troisième étape avec le son [] :

    Utilisez une intonation favorable (descendante) et un entourage favorable grave pour le son [],   c’est-à-dire des consonnes comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ]

     

    • Il est sur le pont.
    • c’est très bon.

    D/ Quatrième étape avec le son []  

    Utilisez une intonation défavorable (montante) et un entourage favorable grave pour le son [] , c’est-à-dire des consonnes comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ]

     

    • Il est sur le pont?
    • c’est très bon?

     

    E/ Cinquième étape avec les deux sons [] et []

    Utilisez les deux sons [] et [] dans le même énoncé avec une intonation montante et descendante

     

    Ex : Tu veux un bonbon ? non , je ne veux rien.

     

    Distinction [] / []

    [] est aigu et tendu et [] est grave et relâché

    A/ Première étape avec le son []  

    Utilisez une intonation montante, et mettre le son []  en position finale et un entourage favorable c’est-à-dire aigu et tendu pour le son []  

    Ex : C’est ton médecin ?

    Ex : C’est un dessin ?

    B/ Deuxième étape avec le son []

    Utilisez une intonation défavorable (descendante) et un entourage favorable, c’est-à-dire des consonnes aiguës, comme [ s ]   [ t ]   [ z ]   [ d ]  ou [ n ]  

    Ex : C’est ton médecin.

    Ex : C’est un dessin.

     

    C/ Troisième étape avec le son []

    Utilisez une intonation favorable (descendante) et un entourage favorable grave pour le son

    [],  c’est-à-dire des consonnes comme [ f ] [ p ] [ v ] [ b ] [ m ] et [ R ]

     

    Ex : Va sur le banc.

    Ex : tu penses qu’elle ment.

     

    D/ Quatrième étape avec le son []

    Utilisez une intonation défavorable (montante) et un entourage défavorable aigu et tendu pour le son [] , c'est-à-dire [ s ]   [ t ]   [ z ]   [ d ]  ou [ n ]  

     

    Ex : Quel temps !!!!

    Ex : plus de cent !!!!

     

    E/ Cinquième étape avec les deux sons [] / []

     

    Introduisez les deux sons [] / [] dans le même énoncé avec intonation montante puis descendante ou l’inverse.

     

    Ex : Tu viens quand ? demain ?

    Ex : Tu viens quand ? demain 

     

    Distinction [] / []

     

    [] est grave, tendu et fermé alors que [] est assez grave mais relâché et plus ouvert.

    Nous allons donc opposer le caractère tendu de [] au caractère relâché ouvert de []

     

    A/ Première étape avec le son []

    Utilisez une intonation exclamative favorable (montante), et donc tendue, avec un entourage favorable (c’est-à-dire tendu/fermé) pour le son [] : [ s ]   [ t ]

     

    C’est bon le thon !

    Attention !

     

    B/ Deuxième étape avec le son []

    Utilisez une intonation défavorable (descendante) et un entourage favorable, c’est-à-dire tendu/fermé pour le son [] : [ s ]   [ t ]

     

    C’est bon, le thon

    Attention !

     

    C/ Troisième étape avec le son []

    Utilisez une intonation favorable (descendante) et un entourage relâché et grave pour le son

    []  : c’est-à-dire des consonnes comme [ v ] ou [ ]

     

    Il y a du vent.

    ça c’est Jean !

     

    D/ Quatrième étape avec le son []

     

    Utilisez une intonation défavorable (montante) et un entourage tendu pour le son [], c’est-à-dire des consonnes comme : [ s ]   [ p ] [ t ] ou [ k ]  

     

    Tu viens quand ?

    Avec ou sans ?

    Tu as du temps ?

     

    E/ Cinquième étape avec les deux sons [] / []

    Introduisez les deux sons [] / [] dans le même énoncé avec intonation montante et descendante

    Léon, c’est son enfant ?

    C’est bon d’avoir du temps !

    7. Exemple de correction des phonèmes consonantiques [ p ] / [ b ] et [ f ] / [v ]

    Distinction [ p ] / [ b ]

    Il s’agit d’une erreur classique de notre publique arabophone marocain, qui a tendance à trop relâcher et à prononcer [ b ] au lieu de [ p ] . Il faut donc retendre.

     

    Ils disent par exemple : « C’est son abartement » ou au lieu de dire « c’est son appartement »

     

    A/ Première étape

    Nous devrons mettre le son [ p ] en position initiale, avec une intonation exclamative (interjection).

     

    Ex : Pierre !

    Ex : Patrick !

    Ex : Papa !

    Ex : pars !

     

    B/ Deuxième étape

    Nous mettons encore le son [ p ] en position initiale mais avec une intonation défavorable, c’est-à-dire descendante.

     

    Ex : Pierre vient

    Ex : Papa arrive

     

    C/ Troisième étape

    Nous mettons ensuite le son [ p ] au milieu du groupe rythmique et non plus en position initiale, avec une intonation favorable montante.

     

    Ex : Tu comprends ?

    Ex : Elle apprend !

    D/ Quatrième étape

    Nous mettons le son [ p ] au milieu du groupe rythmique, avec une intonation descendante

     

    Ex : non, il apprend !

    Ex : oui, elle le prend

     

    E/ Cinquième étape

    Il nous faut introduire les deux sons [ p ] / [ b ] à la fois dans le même énoncé avec une intonation favorable puis défavorable.

     

    Ex : Tu pars au Liban ?

    Ex : c’est bien Patrice !

    Ex : Il est beau son appart !

     

    Distinction [ f ] / [ v ]

     

    Ici, les apprenants arabophones ont l’habitude de prononcer le phonème [ f ] à la place du phonème [ v ] , qui n’existe pas en arabe. Il a tendance à prononcer trop tendu, et il faut qu’il relâche.

    L’apprenant va dire par exemple : « ils font » au lieu de dire « ils vont »

     

    A/ Première étape

    Mieux vaut mettre ici le phonème [ v ] en position finale ou intervocalique avec une intonation favorable descendante, car le son [ v ] est grave.

     

    Ex : Oui, ça va

    Ex : il revient !

     

    B/ Deuxième étape

    Le son [ v ] est toujours en position finale ou intervocalique mais cette fois-ci avec une intonation défavorable, c’est-à-dire montante.

     

    Ex : c’est toi, Sylvie ?

    Ex : ça va ?

    C/ Troisième étape

    L’intonation sera ici favorable, c’est-à-dire descendante et nous mettrons le son [ v ] dans un entourage défavorable, c’est-à-dire aigu et tendu [ i ] ou [ y ] .

     

    Ex : C’est la vie !

    Ex : Il l’a vu.

    D/ Quatrième étape

    On doit utiliser ici une intonation défavorable, c’est-à-dire exclamative et tendue et un entourage défavorable (aigu et tendu : [ i ] ou [ y ] ).

     

    Ex : Quelle vue !

    Ex : Voilà Nivine !

    E/ Cinquième étape

    Nous introduisons maintenant les deux sons [ f ] / [ v ] dans le même énoncé avec une intonation montante puis descendante.

    Ex : Tu veux du bœuf ?

    Ex : c’est la fête de la ville

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