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On donne le nom d’attribut à une fonction syntaxique assumée par un mot ou un groupe de mots, par l’intermédiaire d’un verbe attributif (ou « verbe d’état » : être, demeurer, devenir, paraître, rester, sembler, etc.). Le mot attribut exprime une qualité ou une propriété que l’on « attribue », ou encore une identité que l’on pose, à propos d’un autre terme de la phrase. L’attribut relève du prédicat dans la logique classique de la phrase : l’attribut est un commentaire du sujet. Il existe des attributs du sujet et des attributs de l’objet : ils ne partagent pas les mêmes propriétés, aussi vaut-il mieux les distinguer lors d’une étude des occurrences dans un texte.
La construction généralement directe de l’attribut du sujet en fait le deuxième constituant du groupe verbal, où il occupe la même position structurale qu’un complément d’objet direct.
La forme prototypique de l’attribut du sujet est l’adjectif, catégorie inapte à la fonction de complément d’objet : La terre est ronde. Les équivalents de l’adjectif peuvent être attributs du sujet :
D’autres catégories peuvent également jouer le rôle d’attribut du sujet :
Les verbes essentiellement attributifs : le verbe être, les verbes d’état devenir, rester, sembler, etc. Ces derniers se construisent obligatoirement avec un attribut du sujet : l’effacement de l’attribut du sujet rend la phrase agrammaticale ou entraîne une interprétation différente du verbe : *Il devient. Elle reste (= Elle ne part pas.).
Les verbes attributifs occasionnels : il s’agit de verbes transitifs ou intransitifs qui figurent occasionnellement dans des constructions où ils sont suivis d’un élément qui appartient aux classes grammaticales susceptibles d’avoir la fonction d’attribut du sujet, qui s’accorde avec le sujet et le caractérise à la manière d’un attribut du sujet : Il est rentré ivre à la maison (= Il était ivre), etc.
L’attribut indique la manière d’être, une propriété inhérente, l’état du sujet. Si l’attribut est un adjectif (ou un nom sans déterminant), la relation sémantique instaurée entre l’attribut et le sujet est dite de caractérisation. Si le verbe n’est pas être, la caractérisation est modalisée (Elles semblent désespérées.) Si l’attribut est un nom, la relation sémantique entre l’attribut et le sujet est dite d’égalité (Mon voisin est un magicien) : il y a équivalence référentielle.
Le complément d’objet (surtout direct), nom ou pronom, peut être accompagné d’un attribut. On parle d’attribut du complément d’objet lorsque la relation ne s’établit plus entre l’attribut et le sujet, mais entre l’attribut et l’objet.
On peut distinguer quatre grands types d’attributs du complément d’objet :
Il peut s’agir de verbes de jugement et d’appréciation (juger, trouver, estimer, considérer comme, regarder comme, etc.), de verbes indiquant un changement d’état (laisser, rendre, faire, etc.) ou de verbes conférant un titre ou une dénomination (proclamer, nommer, élire, traiter de, appeler, etc.).
Les classes de mots qui peuvent assumer la fonction d’attribut du complément d’objet sont :