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La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction
LA LIAISON unit deux mots qui se suivent, la dernière lettre du premier se prononce comme si elle commençait le second. Il n'y a pas d'arrêt de la voix entre les deux mots.
Exemples : les arcs (les-z-arcs), je veux une explication (veux-z-une), encore que, dans ce cas la liaison soit facultative, il est trois heures (trois-z-heures), un grand hommage (grand-t-hommage), il a beaucoup à faire (beaucoup-p-à faire) ou trop à dire (trop-p-à-dire), un long épisode (un long-k-épisode), un sang impur (un sang-k-impur, mais l'usage veut que l'on ne prononce plus le (k) dans ce cas).
L'ÉLISION. On a une élision lorsqu'une lettre disparaît (amuïssement* de la voyelle finale) pour unir deux mots et cela par euphonie, pour éviter l'hiatus :
On élide la voyelle finale E : l'état au lieu de le état, jusqu'à au lieu de jusque à, quelqu'un au lieu de quelque un...
On élide la voyelle finale I : s'il au lieu de si il.On élide la voyelle finale A : l'amie au lieu de la amie, l'arrivée au lieu de la arrivée, etc.
L'ENCHAÎNEMENT veut que la dernière syllabe d'un mot, qui se prononce, se lie avec la syllabe du mot suivant si celui-ci commence par une voyelle. Une épouse admirable. (uné-pou-zadmirable)
Il est différent de la liaison en ceci qu'un mot ne se lie pas avec sa lettre finale au mot qui le suit mais avec la syllabe finale.
On notera que certains dictionnaires emploient le mot liaison pour enchaînement.
Cas particuliers :
Il n'y a pas de liaison avec le S qui se trouve à l'intérieur des locutions nominales au pluriel ; exemples dans arcs-en-ciel (arkanciel), chars à banc (charàbanc), vers à soie (veràsoie), armoires à glace (armoiràglace), guets-apens (guetapens), crocs-en-jambe (crokenjambe), fers à repasser (fer à repasser), des pots à eau (potàeau ou pots/à/eau avec disjonction) etc.
Quand un verbe à la 2e personne du singulier, TU, du présent de l'indicatif et du subjonctif se termine par ES, on a un enchaînement avec le mot qui suit, sans liaison avec le S.
Tu me donnes une rose. (donnune). Il faut que tu me parles ainsi (parlainsi).
Mais quand on dit un vers, on fait la liaison et on compte la syllabe.
Tu me donnes une rose (tu me donnes-zune rose = 7 syllabes, rose ne comptant que pour une syllabe en fin de vers)
LA DISJONCTION, au contraire de la liaison, implique comme un arrêt de la voix entre deux mots. Un mot qui commence phonétiquement par une voyelle se comporte par rapport au mot qui le précède comme s'il commençait par une consonne. Ainsi ni l'élision, ni la liaison ne sont possibles.
Exemple h aspiré : le haricot, le handicap...
On a l'élision et la liaison devant un h muet.
Exemples : L'horreur, ils sont horribles, l'homme, l'humanité, les caractères humains...
On a une disjonction devant le u de uhlan et de ululement (=hululement). On trouve le ululment et l'ululement.
LE Y EN DEBUT DE MOT.
Dans la plupart des cas, il y a disjonction (pas d'élision, pas de liaison)
la yole, le yacht, les vénéneux yuccas (et pas z-yuccas)
Exceptions :
les yeux (liaison z-yeux, d'où zyeuter ou zieuter), l'yeuse (chêne vert), l'ypérite (gaz moutarde qui servit d'arme de guerre).
Pour l’adverbe hier, on préférera l'élision (le journal d'hier). On rencontre la disjonction dans la langue parlée (parfois écrite) : Je ne l'ai su que hier.
Disjonction après la conjonction de coordination ET. Une femme belle et/élégante passa.
Les mots commençant par ou : pas de disjonction sauf devant certains noms propres : les habitants de Ouagadougou, mais La République d'Ouganda.
On peut dire l’ouate ou la ouate, le ouistiti, on rencontre l'ouistiti.
Il n’y a pas de disjonction devant :
► les noms propres français commençant par y, ainsi que devant York (le jambon d'York),
► devant les mots commençant par i, sauf iodler et Ionesco,
► devant les mots commençant par hi ou hy (l'hymen, l'hiéroglyphe),sauf hiérarchie et hyène.
Il y a disjonction devant :
► hiérarchie et ses dérivés et les noms propres étrangers (sauf York) commençant par y, ainsi que Yourcenar,
► les noms étrangers commençant par j prononcé [j] Jahvé qu'on écrit aussi Yahvé, Jung, Jungfrau, ainsi que dans le verbe jodler
On a le huis-clos mais l'huis et l'huissier.
Disjonction dans le huit (le nom du chiffre), même chose pour le onze, le un, les un. Exemple : le onze s'écrit avec deux un.
Rien à voir avec les Huns, ni les uns... ni les autres d'ailleurs !