Cours et exercices de français,examens normalisés niveau collégial,révisions,exercices corrigés
L'allophone(au Canada, se dit de quelqu'un qui a une autre langue maternelle que l'anglais ou le français) qui entreprend l'étude du français nous rappelle, par l'usage qu'il en fait, que le genre, en français, est purement conventionnel. Autant, pour lui, la distinction en genre paraît arbitraire et farfelue, autant, pour nous, la chose semble naturelle et aller de soi. Pourtant...
Pourtant, la plupart d'entre nous commettons souvent des erreurs dans ce domaine et, lorsque la faute nous est signalée, nous avons tendance à nous braquer, à rester incrédules ; c'est que nous subissons l'illusion de ce que nous croyons être le « naturel ». Nous présentons ci-contre une liste de mots, parmi lesquels on pourra déterminer son lot d'erreurs, et, ci-après, le genre -- dans certains cas les genres -- à associer à chacun.
Qui de nous n'entend pas dire régulièrement *une avion, *une habit, *une escompte, *une autobus alors que tous ces mots sont masculins ? Le fait est que nous avons tendance à féminiser les noms qui commencent par une voyelle ou par un h muet. Dans cette catégorie, nous pouvons relever notamment abri, abcès, accident, adjectif, agenda, air, alvéole, amiante, anévrisme, antipode, apogée, aqueduc, argent, armistice, arôme, arpège, article, asile, asphalte, astérisque, automne, emblème, épisode, escabeau, escalier, escompte, été, harmonica, hémisphère, hospice, hiver, incendie, indice, intervalle, ouvrage, ovule, ozone.Tous ces mots sont masculins.
Quelques noms masculins commençant par une consonne sont aussi féminisés par erreur, notamment basilic, chrysanthème, globule, granule, jute, lignite, pétale, planisphère, tentacule, termite, tubercule. Même s'ils se terminent par un e muet, tous ces mots sont masculins.
À l'inverse, un certain nombre de noms féminins sont, à tort, perçus comme masculins, notamment acné, acoustique, dinde, école, écritoire, équivoque, interview, moustiquaire, nacre, oasis, omoplate, optique, orbite, orthographe et victime. Tous ces mots sont féminins.
Un certain nombre de noms, en français, sont soit masculins, soit féminins selon le sens qu'ils ont. En voici quelques-uns qui n'ont pas besoin de définition : couple, crêpe, manche, mémoire, mode, parallèle, physique, poste et voile. En voici quelques autres que nous distinguerons :
Certains noms appartiennent à la catégorie des animés et ont la propriété d'avoir un double genre grammatical correspondant à chacun des termes de l'opposition de sexe : on les appelle « noms épicènes ». Ainsi en est-il des noms enfant, journaliste, guide, architecte et dentiste.
Certains noms masculins n'ont pas d'équivalents au féminin. Ce sont, entre autres, ange, antagoniste, apôtre, assassin, bourreau, disciple, fat, médecin, monstre, témoin, voyou. Avec la montée du féminisme moderne, cette situation linguistique est fortement remise en question, notamment lorsqu'il s'agit de noms comme auteur, censeur, écrivain, professeur.
Cela dit, imaginons un peu la difficulté d'une langue comme le grec, alors que, en plus du féminin et du masculin, le neutre intervient !![]()
Choix/alternative
Les mots option ou choix n'ont pas été proposés comme des synonymes du mot alternative mais comme des mots qui correspondent au sens recherché, alors que alternative a une signification différente. Le choix, selon Le petit Robert, c'est l'action de choisir, la décisionque l'on prend en préférant telle chose plutôt qu'une autre. L'alternative, rappelons-le, c'est la « situation dans laquelle il n'est que deux partis possibles » ; ce sont ces deux possibilités qui constituent l'alternative. Il n'y a donc pas de deuxième alternative mais un deuxième choix. Ainsi, l'expression trouver une autre alternative est fautive parce qu'on veut signifier non pas « trouver une autre situation comportant deux choix ou deux possibilités » mais simplement « trouver une autre solution », « choisir autre chose ».
Le retour que nous venons de faire sur le sens du mot alternative nous amène à préciser le sens du mot dilemme, que plusieurs confondent avec le premier. Pour plus de clarté, nous comparons ces deux mots.
Dans l'alternative, on a deux idées différentes -- parfois contraires -- et avec un résultat différent, selon le choix que l'on fait. Rappelons l'exemple cité dans la capsule : L'alpiniste faisait face à une terrible alternative : ou bien il coupait la corde qui le reliait à son compagnon, et celui-ci était précipité dans l'abîme ; ou bien il n'en faisait rien et il était lui aussi entraîné avec son compagnon qui avait, sous lui, perdu tout appui.
Dans le dilemme, on a deux idées contraires mais « conduisant à un même résultat toujours regrettable », écrit Marie-Éva de Villers dans son Multidictionnaire des difficultés de la langue française. « C'est pourquoi, rappelle A.V. Thomas dans son Dictionnaire des difficultés de la langue française, on dit enfermer dans un dilemme. » Voici un exemple de dilemme : Quel drame pour ce pauvre homme : ou bien il restait dans la chambre d'hôtel, et le feu, qui progressait rapidement, ne tarderait pas à le dévorer ; ou bien il sautait par la fenêtre, et sa chute, du haut du vingtième étage, l'entraînerait alors à une mort certaine.
Souhaitons que le sens de chacun de ces termes soit maintenant un peu plus clair ! ![]()