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Destinataires de la lettre ouverte

Connaître les principes et le contenu d'un genre épistolaire particulier, la lettre ouverte.

 
1. Les destinataires
a. Un destinataire particulier
La lettre ouverte est le plus souvent adressée à un individu unique, clairement désigné et revendiqué comme tel. Ainsi, dans sa lettre ouverte à Paul Faber, Boris Vian désigne clairement le conseiller municipal d'un « Cher Monsieur » ironique. La situation d'énonciation est d'ailleurs tout à fait respectée : Boris Vian, l'épistolier, interpelle son destinataire par le « vous » réglementaire.

Ce destinataire peut n'être qu'un individu plus privilégié dont l'identité sert de prétexte pourinterpeller un plus large public. Zola recourt à ce subterfuge bien transparent, notamment dans son célèbre « J'accuse » puisqu'il précise en titre qu'il s'agit d'une lettre à M. Félix Faure, président de la République. Il implique alors un destinataire précis pour mieux mettre en cause ceux qui sont accusé à tort :

« Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. »
(Emile Zola, « J'accuse », L'Aurore, 13 janvier 1898.)

Le statut du destinataire est donc fondamentalement ambigu et fait toute la particularité de la lettre ouverte.

b. Un destinataire pluriel
Il arrive également que la lettre ouverte soit adressée à un public plus large, le plus large possible. Ainsi Emile Zola n'hésite-t-il pas à interpeller la jeunesse dans son ensemble dans une lettre ouverte demeurée célèbre :
« Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, étudiants, qui courez en bandes par les rues [...]. »
(Emile Zola, Humanité, vérité, justice. L'Affaire Dreyfus. Lettre à la jeunesse, 1897.)

La lettre ouverte prend alors sa pleine ampleur. Un genre littéraire qui relève au départ de l'écrit intime atteint le public le plus large.

2. Les intermédiaires
a. La presse
Par définition, la lettre ouverte nécessite un support particulier : la presse. Ce relais est nécessaire pour que les destinataires en prennent connaissance. Cet intermédiaire constitue bien entendu un indice de sens puissant.

La plus célèbre des lettres ouvertes, celle de Zola au président Félix Faure publiée dans le quotidien L'Aurore n'est assurément pas le fruit du hasard étant donné l'obédience politique du journal.
De nos jours, ce support est encore très utilisé et se révèle être l'un des meilleurs garants de la liberté de la presse.

b. Les œuvres littéraires
Des œuvres complètes n'appartenant pas au genre épistolaire peuvent être utilisées pour diffuser une lettre ouverte. Au XVIIe siècle par exemple, il était d'usage de dédier son œuvre à une personnalité éminente, notamment afin d'en obtenir une gratification financière. Ainsi Corneille dédicace-t-il sa tragédie Cinna à M. de Montoron, un financier célèbre de l'époque :
« Vous avez des richesses, mais vous savez en jouir, et vous en jouissez d'une façon si noble, si relevée, et tellement illustre, que vous forcez la voix publique d'avouer que la fortune a consulté la raison quand elle a répandu ses faveurs sur vous, et qu'on a plus de sujet de vous en souhaiter le redoublement, que de vous envier l'abondance. »
(Pierre Corneille, Epître de Corneille à M. de Montoron, 1643.)
3. Les intentions polémiques
Dans une lettre ouverte, l'épistolier utilise la presse pour atteindre l'opinion publique mais pour toucher cette immense masse de lecteurs anonymes, il lui faut déployer des moyens de persuasion particuliers, notamment l'ironie.

Dans ses Lettres à un Provincial, Blaise Pascal accuse d'immoralité les jésuites et valorise alors, par opposition, les jansénistes. La lettre ouverte devient un moyen pour le philosophe de prendre position dans le débat religieux de l'époque par le biais d'une comparaison à peine voilée :

« Vous savez, me dit-il, que la passion dominante des personnes de cette condition est ce point d'honneur qui les engage à toute heure à des violences qui paraissent bien contraires à la piété chrétienne ; de sorte qu'il faudrait les exclure presque tous de nos confessionnaux, si nos Pères n'eussent un peu relâché de la sévérité de la religion pour s'accommoder à la faiblesse des hommes. »
(Blaise Pascal, Lettre écrite à un Provincial, 25 avril 1656.)

Tous les thèmes, y compris les plus audacieux, peuvent donc être abordés par les auteurs dans les lettres ouvertes qui deviennent ainsi un moyen d'argumenter et de persuader particulièrement efficace.

L'essentiel

La lettre ouverte vise à toucher le plus de lecteurs possible, le plus souvent par le biais de la presse quotidienne. Cependant, si celle-ci est un support privilégié, on peut aussi trouver des lettres ouvertes en exergue de certaines œuvres. Ce genre épistolaire quitte alors la sphère de la communication privée pour accéder au statut de texte argumentatif libre d'aborder tous les thèmes.

 
 
 
Structure de la lettre ouverte

Lettre ouverte :structure (texte argumentatif)

La lettre ouverte comporte les éléments suivants : une introduction, un développement et une conclusion.

L’introduction : elle compte généralement 3 parties :

° le sujet amené : à partir d’une anecdote, d’un cas personnel…on décrit le sujet sans le nommer, on tourne autour du pot, mais attention! vous devez être en lien avec le sujet…

°le sujet posé : énonciation de la thèse, du point de vue, interpellation du destinataire…

°le sujet divisé :  Il annonce les grandes idées du contenu, mais pas la conclusion.  On ne mentionne pas les mots thèse, antithèse, synthèse…

Le développement : il doit comporter des arguments solides et bien documentés. 

Le développement se présente en 2 paragraphes.

La conclusion : Une bonne conclusion est constituée de 3 parties :

° la réponse, doit être conforme au point de vue;

°  la synthèse ou le bilan, qui rappelle par quel chemin on est parvenu à la réponse;

° l’ouverture, qui mentionne une ou des pistes de réflexion en lien avec la question.

Une bonne conclusion:

–  énonce une réponse claire en n’hésitant pas à reprendre la question;

– répète la réponse, même si elle a déjà été énoncée.

–  est conforme au point de vue.

° L’ouverture :

– doit être en lien avec la problématique traitée.

  • Avant de rédiger la conclusion, se demander si des raisons qu’on n’a pas eu le temps d’examiner auraient pu mener à la même réponse…

La semaine dernière, j’ai été témoin d’un incident qui m’a fait réfléchir.  La violence dans les sports, Monsieur le Ministre, est-elle vraiment nécessaire?  Je crois que non.  L’esprit sportif et la saine compétition devraient plutôt dominer.

D’abord, il est évident que la pratique d’un sport tel que le hockey peut amener certains débordements, on l’a vu la semaine dernière dans un match opposant le Canadien de Montréal et les Flyers de Philadelphie.  Il est dommage que l’esprit sportif, dans des cas semblables, soit relayé au second plan.  Il est inadmissible, selon moi, que des athlètes professionnels servent de modèle à la jeunesse, avec des agissements pareils.

Ensuite,

 

 

En conclusion, l’esprit sportif et la saine compétition feraient en sorte que le sport redorerait son blason et que les athlètes, quel que soit le sport, deviendraient de véritables modèles pour les jeunes…et les moins jeunes.  Est-ce possible?

 

 

Citations :

 

 

Selon madame Madeleine Hallé de l’institut national des entraineurs, la performance est une partie centrale de leur vie, mais aussi une partie d’eux-mêmes.

 

OU

 

Comme le mentionne Madame Hallé, de l’institut national des entraineurs : « La performance est une partie centrale de leur vie, mais aussi une partie d’eux-mêmes.»

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