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Une cigarette = 8 minutes d'espérance de vie perdue Un paquet de cigarettes = 2h40 mn d'espérance de vie perdue |
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La consommation de tabac est responsable d'environ 60 000 morts par an en France, soit plus de 10 % de tous les décès. Il n'existe pas d'effet de seuil, c'est-à-dire que toute consommation de tabac est néfaste pour la santé. Les décès dus au tabac se répartissaient en 1995 de la manière suivante :
Les fumeurs comme les non-fumeurs croient pour la plupart être suffisamment informés sur le tabac et connaître ses risques pour la santé. Les dangers liés au tabac sont cependant mal connus par la plupart des fumeurs. Selon une étude réalisée par l'observatoire régional de santé d'Ile de France :
Le tabac est le seul produit autorisé qui, utilisé chaque jour, tue la moitié de ses consommateurs.
La consommation de tabac diminue l'espérance de la vie des fumeurs de 4 ans en moyenne. Un fumeur sur quatre décède d'une maladie causée par le tabac, mais à partir de 40 ans la mortalité des fumeurs est le double de celle des non fumeurs. Les personnes décédant suite à leur consommation de tabac perdent en moyenne 15 ans de vie.
Ces chiffres s'aggravent fortement avec la durée de consommation de tabac. Un fumeur régulier sur deux ayant commencé à fumer pendant l'adolescence décède à cause du tabac. En ce qui concerne le cancer du poumon, les modèles de risque montrent que l'excès de risque par rapport à un non-fumeur est proportionnel :
Pour ne pas mourir de cancer du poumon, il est donc essentiel de ne pas différer la décision d'arrêter de fumer. Une diminution de 19 % du nombre d'années pendant lesquelles la personne a fumé divise par deux le sur-risque de cancer du poumon.
La table qui suit donne des exemples de durée de consommation et la probabilité correspondante de décéder d'un cancer du poumon dû à la cigarette (moyenne en France : 15 cigarettes par jour pendant 46 ans, une chance sur deux de mourir de la cigarette, une sur quatre de cancer du poumon) :
| Probabilité de décès par cancer du poumon | ||||
| 10 % | 25 % | 50 % | ||
| 5 cigarettes par jour | pendant | 61 ans | ||
| 10 cigarettes par jour | pendant | 45 ans | 55 ans | |
| 15 cigarettes par jour | pendant | 38 ans | 46 ans | 54 ans |
| 1 paquet par jour | pendant | 33 ans | 40 ans | 47 ans |
| 2 paquets par jour | pendant | 24 ans | 30 ans | 35 ans |
La table qui suit donne l'âge auquel une personne ayant commencé de fumer à 16 ans a une probabilité donnée d'avoir décédé de cancer du poumon dû à la cigarette, pour divers niveaux de consommation journaliers :
| Probabilité de décès par cancer du poumon | ||||
| 10 % | 25 % | 50 % | ||
| 5 cigarettes par jour | jusqu'à | 77 ans | ||
| 10 cigarettes par jour | jusqu'à | 61 ans | 71 ans | |
| 15 cigarettes par jour | jusqu'à | 54 ans | 62 ans | 70 ans |
| 1 paquet par jour | jusqu'à | 49 ans | 56 ans | 63 ans |
| 2 paquets par jour | jusqu'à | 40 ans | 46 ans | 51 ans |
En France, 28 % des adultes de plus de 26 ans fument tous les jours (32 % des hommes, 24 % des femmes), avec une consommation moyenne de 15 cigarettes par jour (16 pour les hommes, 14 pour les femmes). De leur côté, 30 % des jeunes de 12 à 25 ans fument en moyenne 10 cigarettes par jour.
Dans l'ensemble, la consommation augmente régulièrement avec l'âge, au fur et à mesure que les fumeurs deviennent plus dépendants du tabac.
La table suivante donne par tranche d'âge le pourcentage des Français déclarant fumer au moins une cigarette par jour (baromètre santé 2000).
On y constate que les jeunes filles fument aujourd'hui plus que les garçons, un phénomène inquiétant qui fait craindre à l'avenir une baisse de l'espérance de vie des femmes en France (seulement 3 000 femmes meurent chaque année de la cigarette pour 57 000 hommes, mais ce bilan va probablement s'équilibrer dans les décennies à venir).
On estime que 1,1 million de personnes sont exposées passivement au tabac à leur lieu de travail 75 % du temps, et plusieurs millions en famille (par le conjoint ou les parents). L'académie nationale de médecine estimait en 1999 le nombre de morts annuels victimes de l'exposition passive au tabac à 2 800. Ce chiffre est probablement sous-estimé, si on le compare avec ceux obtenus par les études anglaises et américaines sur le même sujet, et le chiffre retenu ici est de 3 200.
Selon le rapport du groupe de travail « tabagisme passif » de la direction générale de la santé publié en 2001, l'exposition passive à la fumée du tabac provoque une augmentation des risques suivants :
On suspecte de nombreux autres effets sans avoir de preuves scientifiques définitives : maladies bénignes, aggravations de maladies ou de cancers. Les personnes suivantes sont particulièrement sensibles à l'exposition passive au tabac :
La France consacre des moyens ridiculement faible à la prévention de la consommation du tabac, comme le montre le tableau ci-joint, qui détaille pour 2002 les subventions et dépenses publiques (Etat et assurance maladie) de lutte contre le tabac :
| Organisme | Dépense (Euros) |
| Subventions aux associations de lutte contre le tabac (direction générale de la santé) | 417 855 |
| Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins | 2 130 000 |
| Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie |
Difficile à évaluer |
| Assurance maladie | 16 007 146 |
| Total des dépenses publiques : | 18 555 003 |
Dans l'ensemble, on peut identifier environ 18,5 Millions d'Euros pour la lutte contre le tabac en provenance de l'Etat et de l'Assurance maladie, soit 0,3 Euros par Français ou 0,21 % du total des recettes fiscales des ventes de tabac !
L'aspect dérisoire des moyens employés pour prévenir le tabac en France apparaît également quand on sait qu'en 2000, les Français ont dépensé plus de 140 milliards d'Euros pour leur santé, soit environ 10 % du produit intérieur brut !
La prévention du tabac ne représente donc que 0,013 % des dépenses de santé, alors qu'il s'agit de la première cause de mortalité évitable.
Répétons le encore : les Français et en particulier les fumeurs sont très mal informés sur les conséquences réelles de leur consommation, et l'impact d'une prévention bien organisée serait très fort, en particulier sur les jeunes.